Le bur­ki­ni, su­jet

PO­LÉ­MIQUE. La te­nue is­la­mique n’en fi­nit plus d’en­flam­mer le pays. Jus­qu’au Conseil d’Etat qui exa­mine le dos­sier à 15 heures.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Jé­rôme Four­quet, po­li­to­logue FLORENCE MÉRÉO ET PHI­LIPPE MARTINAT

BUR­KI­NI, le­vez-vous ! Sur le banc des pré­ve­nus, cette te­nue de bain is­la­mique au coeur de la po­lé­mique sur les plages. Le Conseil d’Etat — plus haute ju­ri­dic­tion ad­mi­nis­tra­tive fran­çaise — exa­mine au­jourd’hui en au­dience pu­blique une re­quête de la Ligue des droits de l’homme (LDH) contre un ar­rê­té an­ti­bur­ki­ni pris par le maire de Ville­neuve-Loubet (Al­pesMar i t i mes) . Une tren­taine de villes ont aus­si dé­ci­dé de l’in­ter­dire sur leurs plages au nom du res­pect du prin­cipe de laï­ci­té et de sé­cu­ri­té des bai­gnades.

Nou­veau re­bon­dis­se­ment hier : une sé­rie de pho­tos mon­trant des po­li­ciers mu­ni­ci­paux en­joi­gnant une mu­sul­mane à en­le­ver son fou­lard et sa tu­nique sur une plage à Nice ont pro­vo­qué un vif dé­bat.

Dé­ra­page po­li­cier ou pro­vo­ca­tion de la bai­gneuse ? Le su­jet était l’un des plus com­men­tés hier sur les ré­seaux so­ciaux. Le pré­sident du Conseil fran­çais du culte mu­sul­man, Anouar Kbi­bech, a été re­çu à sa de­mande et en ur­gence hier après-mi­di par le mi­nistre de l’In­té­rieur. Ber­nard Ca­ze­neuve s’est em­pres­sé de mettre en garde contre la « stig­ma­ti­sa­tion des mu­sul­mans ».

Pour le po­li­to­logue Jé­rôme Four­quet, « le bur­ki­ni est le pro­lon­ge­ment des po­lé­miques qui ont mar­qué la France de­puis des mois, comme le me­nu ha­lal dans les can­tines. La cris­pa­tion est ac­cen­tuée par le contexte ter­ro­riste et l’im­mi­nence des élec­tions. On est dans la sur­en­chère ». Hier, sur TF 1, Ni­co­las Sar­ko­zy a es­ti­mé que « le bur­ki­ni est un acte po­li­tique, mi­li­tant, une pro­vo­ca­tion ». Tout en se dé­cla­rant hos­tile au bur­ki­ni, Ma­nuel Valls re­pousse l’idée de lé­gi­fé­rer. Fran­çois Hol­lande y se­rait, lui, hos­tile. Avec une ex­trême pru­dence, l’Ely­sée se re­fuse à tout com­men­taire avant la dé­ci­sion du Conseil d’Etat… mais qui ne se­ra pas connue tout de suite.

« La cris­pa­tion est ac­cen­tuée par le contexte ter­ro­riste et l’im­mi­nence des élec­tions »

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