Can­di­dat « de se­conde zone » et fier de l’être !

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - OLI­VIER BEAU­MONT

« ON M’AVAIT DIT que j’al­lais me faire écra­ser. Mais à ce point-là… » mar­monne Has­sen Ham­mou. Has­sen qui ? Son nom ne vous dit sans doute rien. Il fi­gure pour­tant par­mi les qua­torze can­di­dats of­fi­ciel­le­ment dé­cla­rés à la pri­maire de la droite. Et son vi­sage n’est pas non plus to­ta­le­ment in­con­nu puisque ce jeune Mar­seillais de 27 ans, is­su des quar­tiers Nord et du monde as­so­cia­tif, a connu son heure de gloire mé­dia­tique en no­vembre 2014, quand il avait in­ter­ro­gé Fran­çois Hol­lande sur TF 1 au cours de l’émis­sion « En di­rect avec les Fran­çais ».

Un bref pas­sage qui lui a don­né des ailes, au point d’avoir la folle idée de dé­fier les Sar­ko­zy, Jup­pé et autres Fillon sur le ter­rain de la pri­maire de no­vembre.

Au­tant dire que le com­bat est per­du d’avance. Ja­mais vic­to­rieux dans la moindre élec­tion, adhé­rent de l’UMP puis des Ré­pu­bli­cains de­puis seule­ment deux ans, Has­sen Ham­mou af­fiche un par­cours po­li­tique qua­si­ment vierge. « Et alors ? » lâ­chet-il avec la confiance des jeunes pre­miers. « On parle en per­ma­nence de re­nou­vel­le­ment de la classe po­li­tique, de di­ver­si­té, et on dit qu’il faut par­ler à la jeu­nesse. Mais quand on tente de se lan­cer pour dé­fendre ces idées, on se fait ra­mas­ser, cingle-t-il, très amer. Je suis un can­di­dat po­pu­laire, qui vient du bas. Au­cun autre concur­rent ne pré­sente cette ca­rac­té­ris­tique, alors que beau­coup d’élec­teurs peuvent se re­trou­ver dans mon pro­fil. »

Un bud­get de 20 000 €

De­puis jan­vier 2015, il fait donc cam­pagne, avec les moyens du bord : un bud­get mai­gre­let de 20 000 €, quand cer­tains de ses ad­ver­saires dé­passent al­lé­gre­ment les 2 M€. Cent fois plus ! « Du coup, je n’ai fait au­cun mee­ting, et presque tout mon ar­gent est par­ti dans les cour­riers de re­lance », re­con­naît ce­lui qui vou­drait mettre la ques­tion de la jeu­nesse et de l’em­ploi pour les jeunes au coeur de la cam­pagne. Pour quel ré­sul­tat ? Ham­mou re­ven­dique à ce jour une di­zaine de si­gna­tures de par­le­men­taires — il en faut 25 —, « dont un seul de droite », pré­cise-t-il. Ain­si qu’une cen­taine de par­rai­nages d’élus (sur 250 né­ces­saires) et à peine plus de 200 pa­raphes d’adhé­rents… pour un mi­ni­mum re­quis de 2 500.

La faute à son in­ex­pé­rience, à son manque de sur­face mé­dia­tique et, se­lon lui, à ses ori­gines magh­ré­bines. « S’ap­pe­ler Has­sen Ham­mou dans une élec­tion comme ça, ce n’est pas simple. J’ai par­fois eu des re­marques liées à mon nom », as­sure ce­lui qui dé­nonce par ailleurs la re­mise en cause du droit du sol pro­po­sée par Ni­co­las Sar­ko­zy. « Je suis un can­di­dat de se­conde zone, mais là on veut faire des ci­toyens de se­conde zone, ce n’est pas bien. » @Oli­vier­beau­mont

Has­sen Ham­mou, 27 ans.

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