« Il n’y a pas eu de signe avant-cou­reur »

Pas­cal Ber­nard,

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Pro­pos re­cueillis par ZAHRA BOUTLELIS

Sis­mo­logue et phy­si­cien à l’Ins­ti­tut de phy­sique du globe de Pa­ris, Pas­cal Ber­nard dé­taille pour­quoi le risque de trem­ble­ment de terre est éle­vé en Ita­lie.

Pour­quoi le centre de l’Ita­lie est-il aus­si sou­vent frap­pé par des trem­ble­ments de terre ?

L’Ita­lie est à la fron­tière de deux grandes plaques tec­to­niques, celle de l’Eu­ra­sie et celle de l’Afrique, qui convergent l’une vers l’autre. Entre elles, des mi­cro­plaques sont coin­cées, et l’Ita­lie se si­tue à ce ni­veau-là. Son ter­ri­toire est donc com­pri­mé, éti­ré, entre le mar­teau et l’en­clume. Cet éti­re­ment constant fi­nit par créer des failles qui, lors­qu’elles lâchent, pro­voquent des séismes. Ce trem­ble­ment de terre de ma­gni­tude 6.2 cor­res­pond à une frac­ture de 20 km de lon­gueur !

Pou­vait-on pré­voir ce séisme ?

Tous les dix ans en­vi­ron, le pays connaît des séismes de cette ma­gni­tude, mais on ne peut pré­voir ni la date du séisme, ni sa du­rée, ni son rythme. Le trem­ble­ment de terre d’hier n’est pas com­pa­rable à ce­lui de L’Aqui­la, en 2009, qui avait été pré­cé­dé d’une suc­ces­sion de se­cousses pen­dant trois mois. Cette fois-ci, l’ac­ti­vi­té était très calme, il n’y a pas eu de signe avant-cou­reur. On ne peut mal­heu­reu­se­ment rien faire pour em­pê­cher ce type de séismes, car ils sont dus à des mou­ve­ments très lents et puis­sants.

Les Ita­liens sont-ils pré­pa­rés à ce type de ca­tas­trophes na­tu­relles ?

La po­pu­la­tion est bien pré­pa­rée, mais les dé­gâts peuvent être mi­ni­mi­sés en amé­lio­rant les construc­tions. Au­jourd’hui, tous les bâ­ti­ments mo­dernes ita­liens sont cen­sés être pa­ra­sis­miques, mais il existe tou­jours des mal­fa­çons.

Existe-t-il un risque si­mi­laire en France ?

Oui. Des séismes de cette ma­gni­tude se pro­duisent une à deux fois par siècle. Le der­nier date de 1909 à Lam­besc, dans le Sud-Est. Nous avons beau­coup de failles en France, mais elles sont cinq à dix fois moins ac­tives qu’en Ita­lie. Il n’est pas im­pos­sible d’avoir un jour un séisme de cette am­pleur dans la ré­gion des Alpes, dans celle des Py­ré­nées ou en­core dans le Mas­sif cen­tral.

« Les dé­gâts peuvent être mi­ni­mi­sés en amé­lio­rant les construc­tions »

IN­TE­RAC­TIF le­pa­ri­sien.fr Les plus forts séismes en Eu­rope de­puis 1980

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