Fran­çois-Ma­rie Ba­nier n’ira pas en pri­son

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - PAS­CALE ÉGRÉ

C’EST UNE DÉ­CI­SION de 94 pages qui sonne l’épi­logue du prin­ci­pal vo­let de l’af­faire Bet­ten­court. Et per­met au per­son­nage clé de cette sa­ga ju­di­ciaire, l’ar­tiste Fran­çois-Ma­rie Ba­nier, 69 ans, d’échap­per à la pri­son. Pour avoir abu­sé de la fai­blesse de sa vieille amie Li­liane Bet­ten­court, en­gran­geant par mil­lions une part (certes in­fime en pro­por­tion) de sa co­los­sale for­tune, l’écri­vain-pho­to­graphe a été condam­né hier à quatre ans de pri­son avec sur­sis et 375 000 € d’amende par la cour d’ap­pel de Bor­deaux (Gi­ronde). « Loin de s’être conten­té d’un ef­fet d’au­baine consis­tant à pro­fi­ter, au fil des jours […], de la par­ti­cu­lière vul­né­ra­bi­li­té de sa vic­time, [Ba­nier] a par­fai­te­ment or­ga­ni­sé le flux des lar­gesses de [Li­liane] Bet­ten­court », tacle l’ar­rêt de la cour d’ap­pel.

L’ana­lyse des agis­se­ments de Ba­nier, y com­pris dans sa « cé­lé­ri­té » à blan­chir une part des fonds ain­si ob­te­nus, reste sé­vère mais la peine pro­non­cée plus clé­mente qu’en pre­mière ins­tance. Après le pre­mier pro­cès, mi-2015, l’ar­tiste avait éco­pé de deux ans et de­mi ferme et 350 000 € d’amende. Il avait en outre été condam­né à ver­ser 158 M€ de dom­mages et in­té­rêts à son ad­ver­saire achar­née, Fran­çoise Meyers, la fille de la mil­liar­daire, et à ses en­fants, ce que l’ar­rêt d’hier in­firme. Autre nuance : les juges ont cette fois écar­té toute no­tion d’« em­prise » ou de « su­jé­tion psy­cho­lo­gique ». Ils ad­mettent même que la longue ami­tié entre le pho­to­graphe et sa « mé­cène » a pu ap­por­ter à celle-ci « une fan­tai­sie dont sa vie pou­vait être dé­pour­vue ».

L’état de san­té de Li­liane Bet­ten­court s’est dé­gra­dé

Reste que Fran­çois-Ma­rie Ba­nier, « in­time de la mai­son Bet­ten­court », ne pou­vait igno­rer la dé­gra­da­tion de l’état de san­té de son amie, es­time l’ar­rêt, qui énu­mère « ses troubles phy­siques, psy­chiques, ses mau­vaises re­la­tions avec son gendre et sa fille et sa sur­di­té pro­fonde ». Ain­si, à par­tir de l’au­tomne 2006, leur cor­res­pon- dance, jusque-là abon­dante, se ré­duit du cô­té de Li­liane à des lettres « au style dé­cou­su », n’évo­quant plus « qu’un uni­vers res­treint, la san­té, son chien ».

Dres­sée sur une di­zaine de pages, la chro­no­lo­gie des « li­bé­ra­li­tés » ob­te­nues par Ba­nier entre 2006 et 2009 s’avère ac­ca­blante. Chaque acte semble suc­cé­der à un « in­ci­dent » ou à un voyage épui­sant. Jus­qu’à sa dé­si­gna­tion par tes­ta­ment comme lé­ga­taire uni­ver­sel (an­nu­lée de­puis), un mois après le dé­cès de l’époux de Li­liane, An­dré Bet­ten­court, à la fin de l’an­née 2007.

Seuls trois autres des pré­ve­nus de ce pan du dos­sier ont éga­le­ment été re­ju­gés en ap­pel, dont le com­pa­gnon de Ba­nier, Mar­tin d’Or­ge­val, qui a vu hier sa peine de dix-huit mois de pri­son avec sur­sis et 150 000 € d’amende confir­mée par les juges. le­pa­ri­sien.fr Les per­son­nages prin­ci­paux de l’af­faire Bet­ten­court

L’ar­rêt de la cour d’ap­pel pro­fite à Fran­çois-Ma­rie Ba­nier : il ne doit plus ver­ser 158 M€ de dom­mages et in­té­rêts à la fa­mille de Li­liane Bet­ten­court.

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