« Eme­ry peut per­mettre à Pa­ris d’al­ler en de­mi-fi­nale »

Ott­mar Hitz­feld,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Ber­lin (Al­le­magne) De notre cor­res­pon­dant Pro­pos re­cueillis par ALAIN JOUTEAU R.F.

OTT­MAR HITZ­FELD fait par­tie des rares en­traî­neurs à avoir ga­gné la Ligue des cham­pions avec deux clubs dif­fé­rents : le Bo­rus­sia Dort­mund en 1997 et le Bayern Mu­nich en 2001. L’an­cien sé­lec­tion­neur de la Suisse se penche avec gour­man­dise sur la plus pres­ti­gieuse des com­pé­ti­tions de clubs, ré­vé­lant l’iden­ti­té de ses fa­vo­ris, ses out­si­ders et son avis sur le PSG 2016-2017. Es­ti­mez-vous que le FC Bar­ce­lone, le Real Ma­drid et le Bayern Mu­nich sont, comme d’ha­bi­tude, les trois grands fa­vo­ris de la Ligue des cham­pions ? OTT­MAR HITZ­FELD. Oui. Le Bar­ça a conser­vé tous ses cadres, le Real va vou­loir de­ve­nir le pre­mier club à rem­por­ter la com­pé­ti­tion deux fois de suite et le Bayern va être en­core plus fort avec le dé­fen­seur Mats Hum­mels et le jeune por­tu­gais Re­na­to Sanches, qui est un fu­tur crack. Et avec Car­lo An­ce­lot­ti, je n’ai au­cun doute sur le fait que le Bayern Mu­nich va en­core jouer les pre­miers rôles en Eu­rope. Quels sont vos out­si­ders ? Avec deux fi­nales en l’es­pace de trois ans (2014 et 2016), l’At­lé­ti­co Ma­drid a mon­tré qu’il était une équipe re­dou­table. En plus, il a su faire pro­lon­ger An­toine Griez­mann. Je suis éga­le­ment très cu­rieux de voir le rôle que va jouer Man­ches­ter Ci­ty, qui est en train d’être trans­for­mé par Guar­dio­la. Avec les dé­parts de Paul Pog­ba et d’Al­va­ro Mo­ra­ta, je me de­mande si la Ju­ven­tus au­ra les moyens d’al­ler dans le der­nier car­ré. Et puis, mal­gré de nom­breux jeunes joueurs dans son ef­fec­tif, le Bo­rus­sia Dort­mund au­ra aus­si son mot à dire. Com­ment pla­cez­vous le PSG dans la hié­rar­chie ? Par­mi les out­si­ders. L’ar­ri­vée d’Unai Eme­ry est une bonne chose pour le PSG, quand on voit le tra­vail consi­dé­rable qu’il a réa­li­sé au FC Sé­ville. C’est un fin tac­ti­cien qui peut per­mettre à Pa­ris de fran­chir un pa­lier et donc d’al­ler en de­mi-fi­nale. Avez-vous com­pris que le PSG change d’en­traî­neur cet été ? Il faut croire que c’est sur­tout la Ligue des cham­pions qui compte aux yeux des res­pon­sables qa­ta­riens. Ils es­pèrent sans doute avoir dé­ni­ché un coach qui leur per­met­tra de réa­li­ser leur rêve. Les autres clubs fran­çais, Lyon et Mo­na­co, ont-ils le ni­veau Ligue des cham­pions ? Ce sont deux clubs qui vont sans doute hé­ri­ter d’un ti­rage com­pli­qué. S’ils sont qua­li­fiés pour la phase de poules, c’est qu’ils le mé­ritent. Ils sont ré­gu­liè­re­ment pré­sents dans cette com­pé­ti­tion. Ils n’au­ront rien à perdre, et s’ils par­viennent à pas­ser l’hi­ver ce se­ra une réus­site. La phase de groupes a-t-elle réel­le­ment un in­té­rêt pour les grands clubs alors que tout va se jouer à par­tir de fé­vrier avec les matchs à éli­mi­na­tion di­recte ? Ces der­nières an­nées, les grands clubs se qua­li­fient avant la der­nière jour­née de la phase de groupes, ce qui fait que le sus­pense est moindre, il faut bien le re­con­naître. Alors ef­fec­ti­ve­ment, les choses sé­rieuses ne com­mencent qu’en fé­vrier. Con­sé­cra­tion spor­tive pour les joueurs, la Ligue des cham­pions est aus­si une au­then­tique roue de la for­tune pour les clubs. Cette sai­son, Pa­ris, Lyon et Mo­na­co sont dé­jà as­su­rés d’en­cais­ser un chèque de 12 M€ de la part de l’UEFA. Une simple prime de par­ti­ci­pa­tion ac­cor­dée aux 32 équipes en­ga­gées. En­suite, chaque vic­toire et chaque match nul en phase de groupes rap­por­te­ront res­pec­ti­ve­ment 1,5 M€ et 500 000 €. Des bo­nus se­ront par ailleurs ver­sés en cas de par­ti­ci­pa­tion aux matchs à éli­mi­na­tion di­recte (5,5 M€ en hui­tièmes, 6 en quarts, 7 en de­mis, 10,5 en fi­nale et jus­qu’à 15 M€ en cas de vic­toire fi­nale). Des sommes aux­quelles il convient d’ajou­ter les re­cettes billet­te­rie is­sues des ren­contres dis­pu­tées à do­mi­cile. Soit entre 10 et 15 M€ sup­plé­men­taires pour le PSG et l’OL s’ils sont en­core en lice au prin­temps pro­chain. En­fin, les trois clubs fran­çais vont se ré­par­tir le gâ­teau des droits au­dio­vi­suels na­tio­naux de la Ligue des cham­pions. Dé­ten­trices des droits entre 2015 et 2018 sur le ter­ri­toire fran­çais, les chaînes Ca­nal + et BeIN Sports versent à elles deux en­vi­ron 140 M€ par an à l’UEFA pour dif­fu­ser les matchs de C 1. Une par­tie de cette somme se­ra re­dis­tri­buée aux trois re­pré­sen­tants du foot­ball fran­çais.

« Lyon et Mo­na­co n’au­ront rien à perdre » Un jo­li pac­tole

Ott­mar Hitz­feld.

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