A Mar­seille, la piste amé­ri­caine tient la corde

Aujourd'hui en France - - SPORTS - DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC (AVEC CLÉ­MENT CHAILLOU)

DANS LA CI­TÉ pho­céenne, deux dos­siers semblent en fi­nale pour ra­che­ter le club. Se­lon nos in­for­ma­tions, c’est dé­sor­mais le re­pre­neur amé­ri­cain qui tient de peu la corde pour de­ve­nir le pro­prié­taire de l’OM. Il s’agit de Gug­gen­heim Part­ners, un fonds amé­ri­cain pro­prié­taire de la fran­chise des Los An­geles Dod­gers, un club de base-ball. Dans les cou­lisses de la vente, on juge cet in­ves­tis­seur plus so­lide, do­té d’une sur­face fi­nan­cière plus large et cré­dible que son concur­rent, le dos­sier pi­lo­té par Gé­rard Lo­pez, le riche homme d’af­faires luxem­bour­geois.

Au­cun ac­cord entre Biel­sa et Lo­pez

Son pro­jet est consi­dé­ré comme le meilleur des deux, plus adap­té aux ca­rac­té­ris­tiques du foot­ball en gé­né­ral et de l’OM en par­ti­cu­lier. C’est la banque Roth­schild qui est man­da­tée dans cette vente. A prio­ri moins bon, le dos­sier Lo­pez n’est pas pour au­tant écar­té. Le pro­jet de Gug­gen­heim Part­ners est por­té par un Fran­çais, un homme de mé­dias d’une qua­ran­taine d’an­nées. Il n’est pas cé­lèbre. Son lé­ger temps d’avance sur Gé­rard Lo­pez a conduit ce der­nier à ten­ter un coup de force en dé­but de se­maine. Ayant vent de la pri­meur don­née au re­pre­neur amé­ri­cain, le Luxem­bour­geois et son équipe — dont Mi­chel Mou­lin, fi­gure du foot­ball fran­çais pas­sée par le PSG — au­raient ten­té de faire croire que Mar­ga­ri­ta Louis- Drey­fus ( MLD) l’avait choi­si. Ce que conteste for­mel­le­ment Lo­pez dans une dé­cla­ra­tion que nous a trans­mis son en­tou­rage hier soir : « Rien n’est si­gné avec per­sonne, ni avec le ven­deur ni avec au­cun en­traî­neur, y com­pris Mar­ce­lo Biel­sa. Il faut vrai­ment que ces ru­meurs in­ces­santes et ces élu­cu­bra­tions cessent. Elles sont mau­vaises pour le club et son ave­nir. Je n’ai ja­mais par­lé à la presse ni au­cun de mes col­la­bo­ra­teurs ; nous res­pec­tons le club, ses sup­por­teurs et la pro­prié­taire ac­tuelle. »

Une chose est sûre dans ce jeu de po­ker men­teur ty­pique d’une tran­sac­tion aus­si lourde que la ces­sion d’un club comme l’Olym­pique de Mar­seille, Mar­ce­lo Biel­sa ne re­vien­dra pas sur la Ca­ne­bière dans l’im­mé­diat. Il n’a pas don­né son ac­cord à Gé­rard Lo­pez. Il n’a pas non plus en­tre­pris un mer­ca­to sou­ter­rain de six ou huit joueurs pour une somme pha­rao­nique. Là en­core, il s’agi­rait d’un ar­ti­fice de com­mu­ni­ca­tion pour for­cer la dé­ci­sion, faire rê­ver, ali­men­ter la ma­chine à fan­tasmes et mettre la pression sur MLD. L’Ar­gen­tin est mé­ti­cu­leux et passe au peigne fin chaque dé­tail. Il ne s’en­gage ja­mais sur pa­role. Bref, Biel­sa et l’OM, c’est une af­faire à ou­blier pour l’ins­tant.

Le der­nier obs­tacle de cette vente reste le rôle trouble joué par l’en­tou­rage de Mar­ga­ri­ta Louis-Drey­fus. Igor Le­vin, l’un de ses hommes de confiance (et de l’ombre), semble se prê­ter au jeu alors que son in­fluence est dé­sor­mais ma­jeure au sein du club. Ky­ril, l’un des ju­meaux de MLD, joue éga­le­ment un rôle ac­tif puis­qu’il est dingue de l’OM et ne voit pas for­cé­ment cette vente d’un bon oeil.

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