En voyage, ils

Les fa­milles rentrent, place aux so­los qui vont pro­fi­ter de leurs va­cances. Et ils sont de plus en plus nom­breux.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - JILA VAROQUIER

ALORS QUE LA PLU­PART des va­can­ciers dé­priment en s’en­ga­geant sur le che­min de la ren­trée, eux songent juste à bou­cler leurs va­lises. Et tré­pignent en pen­sant aux plages dé­sertes qu’ils vont trou­ver et aux doux prix de la basse sai­son dont ils vont pro­fi­ter. Long­temps ca­ta­lo­gués comme « lo­sers » sans com­pagne ou com­pa­gnon, par­fois aus­si f ous aven­tu­riers so­li­taires, les voya­geurs so­los ont pris de la dis­tance avec ces pré­ju­gés. Ils s’aven­turent chaque an­née plus nom­breux aux quatre coins du monde.

Dans une étude d’Ip­sos me­née pour Tri­pad­vi­sor fin 2015, 17 % des per­sonnes in­ter­ro­gées ont pré­vu un voyage en so­lo pour la pre­mière fois en 2016. Et se­lon Mill­ward Brown, une so­cié­té d’études an­glaise, 24 % des voya­geurs dans le monde se sont dé­pla­cés seuls l’an der­nier. Et les femmes, mal­gré par­fois leurs craintes et leurs ap­pré­hen­sions, sont loin d’être en reste. Elles re­pré­sentent 40 % d’entre eux au­jourd’hui.

Pas que des cé­lib

Signe des temps : Mee­tic, le site de ren­contres en ligne, lance sa toute pre­mière offre de va­cances pour cé­li­ba­taires. Dans deux jours, di­manche, une cen­taine de membres par­ti­ront se dé­cou­vrir en chair et en os sur les plages corses pour un sé­jour d’une se­maine. « Ce­la cor­res­pon­dait à une vraie at­tente, ex­plique Eloïse, di­rec­trice des évé­ne­ments Eu­rope de Mee­tic. Qu’on leur pro­pose des va­cances avec des gens qui ont le même r yt hme qu’eux et qu’i l s n’aient plus à at­tendre une co­pine ou se re­trou­ver avec des couples et leurs en­fants. » Et une autre agence, Co­vi­go, pro­pose de­puis cette an­née des voyages avec des groupes choi­sis… par af­fi­ni­tés de thème as­tral ! Même la my­thique UCPA, pré­sente de­puis trente ans pour les spor­tifs so­los, a re­pous­sé la li­mite de l’âge des par­ti­ci­pants de 39 à 55 ans pour faire face à la concur­rence et à la de­mande.

Mais ces va­can­ciers single ne sont pas for­cé­ment cé­lib. On n’hé­site plus au­jourd’hui à lar­guer ma­ri, femme ou en­fants pour un bout d’éva­sion. Quitte à trou­ver son com­pa­gnon d’aven­ture sur In­ter­net. En té­moigne l’ex­plo­sion de « bourses aux équi­piers » sur la Toile. « C’est l’équi­valent de la tra­di­tion du Grand Tour née au XVIIe, une dé­cou­verte du monde à l’époque ré­ser­vée aux plus hautes classes, ex­plique l’an­thro­pol ogue Sas­kia Cou­sin. Peut- êt r e au­jourd’hui est-ce aus­si l’abou­tis­se­ment du dis­cours in­di­vi­duel. »

Il n’est plus rare de voya­ger seul, que l’on soit cé­li­ba­taire ou en couple. Ils sont au­jourd’hui nom­breux à oser par­tir, au grès de leurs en­vies, à la dé­cou­verte du monde.

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