« On ap­prend à se sur­pas­ser »

Ma­ga­li,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Claire, 24 ans J.VA. J.VA.

DÉ­COU­VRIR la Loui­siane seule, c’est le dé­fi que Ma­ga­li a choi­si de re­le­ver : « Je viens d’une fa­mille trouillarde. Je n’au­rais ja­mais ima­gi­né en être ca­pable, même si c’était un rêve en­foui », confie la jeune femme de 27 ans, par­tie dans l’Etat em­blé­ma­tique du sud des Etats-Unis pen­dant un mois. Pour­tant, lors­qu’elle a vu une de ses amies le faire, elle s’est dit : « Pour­quoi pas moi ? Comme un chal­lenge que je me suis lan­cé à moi-même, une fa­çon de sor­tir de mon co­con. » Et elle l’as­sure : « C’est mieux qu’une psy­cho­thé­ra­pie ! On ap­prend à se sur­pas­ser, à se connaître, à ré­agir. On vit des ex­pé­riences uniques. » Ain­si ce poète de rue croi­sé par ha­sard dans les rues amé­ri­caines, avec qui elle a pas­sé la soi­rée à philosopher « sans am­bi­guï­té » !

« Je re­dou­tais un peu d’être seule, mais on ne l’est ja­mais vrai­ment »

La so­li­tude qu’elle crai­gnait, Ma­ga­li ne l’a ja­mais ren­con­trée. Tout comme Claire, 24 ans, par­tie, elle, à la conquête de la Ca­li­for­nie. Un voyage à pe­tit prix, grâce au couch­sur­fing pro­po­sant des hé­ber­ge­ments gra­tuits : « Je rê­vais d’y al­ler. Je me suis dit que je de­vais ar­rê­ter d’at­tendre les autres. Je re­dou­tais un peu d’être seule. Mais on ne l’est ja­mais vrai­ment. Parce qu’en étant seul on est bien plus ou­vert aux autres. » Une quête de ren­contres, d’émo­tions et de li­ber­té pour mieux en­core se re­trou­ver : « C’est un mo­ment unique pour se re­cen­trer sur soi-même, as­sure So­phie, 35 ans, ren­trée du Pé­rou. Les sens sont en éveil. On dé­couvre des gens, des cultures. C’est si ra­re­ment pos­sible dans la spi­rale du quo­ti­dien… » Evi­dem­ment, il y a des in­quié­tudes. « Le fait d’être dans des grandes villes amé­ri­caines me Il va bien­tôt com­men­cer sa va­lise. Di­manche, c’est le dé­part. Jé­ré­my, 34 ans, chef d’en­tre­prise à Or­léans, fe­ra par­tie de la cen­taine de per­sonnes qui partent en Corse avec Mee­tic. Une se­maine tout com­pris pour 549 €. « J’ai es­sayé d’abord les deux week-ends que le site de ren­contre a or­ga­ni­sés, ces der­niers mois. Ça s’est bien pas­sé. Une se­maine, je pense que ce se­ra su­per. » Le jeune pa­pa s’est sé­pa­ré, il y a un an en­vi­ron, de sa com­pagne. « Avant, je par­tais en va­cances avec elle. Je ne m’étais ja­mais po­sé la ques­tion de par­tir seul. Au­jourd’hui, mes amis sont en couple, les em­plois du temps ne se co­or­donnent pas, c’est dif­fi­cile de trou­ver quel­qu’un », ex­plique-t-il. Il ne se voit pas non plus par­tir à l’aven­ture, sac sur le dos : « J’ai be­soin d’un mi­ni­mum de confort. Au quo­ti­dien, si ras­su­rait un peu, ajoute Claire. Mais j’étais une jeune fille qui débarque dans un pays étran­ger, il y a for­cé­ment une ap­pré­hen­sion. » « On pense sou­vent au pire, concède Lau­ra, 24 ans, de re­tour de neuf mois en Inde. Mais il y a des pays qu’on évite, ceux qui sont en guerre. »

Des mil­liers de femmes ra­content ré­gu­liè­re­ment leur ex­pé­rience sur le ha­sh­tag #via­ja­so­la (« je voyage seule » en es­pa­gnol). Presque comme une re­ven­di­ca­tion de leur droit à par­tir en so­lo. « Ce phé­no­mène était plu­tôt an­glo-saxon, re­con­naît Ca­rine Key­van, de Rou­tard.com. Chez les Fran­çaises, c’est nou­veau. » Un chan­ge­ment qui vient, se­lon elle, des ré­seaux so­ciaux : « Fa­ce­book, Skype rendent le voyage seul moins ver­ti­gi­neux qu’avant. Et puis les femmes ont le goût de l’aven­ture. Sim­ple­ment, se sa­chant plus vul­né­rables, elles font gé­né­ra­le­ment plus at­ten­tion. »

Jé­ré­my en quête de ren­contres

per­sonne ne m’ac­com­pagne, je ne vais pas au ci­né­ma, ni en week-end avec les autres. » Quant aux clubs de va­cances : « Les gens sont en fa­mille ou en groupe. Je ne me vois pas al­ler abor­der l’un d’eux, je n’ai pas en­vie de les em­bê­ter. En­core moins si ce sont des filles. » Alors, le voyage or­ga­ni­sé entre cé­li­ba­taires, « c’est le meilleur com­pro­mis. Je vais re­trou­ver des gens qui ont le même état d’es­prit, l’en­vie d’al­ler vers les autres ». Il s’étonne d’ailleurs du dé­ve­lop­pe­ment des offres : « Fi­na­le­ment, on a moins peur d’être seul au­jourd’hui. » Mais il l’as­sure, « l’ob­jec­tif est d’élar­gir mon ré­seau, de ren­con­trer d’autres gens et pour­quoi pas d’autres potes ». Il marque une pause et ajoute : « Evi­dem­ment, dans le tas, peut-être y au­ra-t-il la ren­contre. »

Ma­ga­li a ado­ré dé­cou­vrir la Loui­siane seule et y a fait plein de ren­contres.

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