Le bras de fer se pour­suit entre Lac­ta­lis et les éle­veurs

CRISE DU LAIT. Le géant lai­tier et les agri­cul­teurs ont né­go­cié hier après-mi­di et une par­tie de la nuit… sans suc­cès. Les éle­veurs es­pèrent une hausse de prix plus im­por­tante.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - VIC­TOR TASSEL

DES HEURES EN­TIÈRES et une par­tie de la nuit pas­sées en dis­cus­sions et au­cune is­sue ne se des­sine pour l’ins­tant au conflit entre l’in­dus­triel Lac­ta­lis et ses éle­veurs. Hier, les dis­cus­sions en­ta­mées à 14 heures, pour une sor­tie es­pé­rée à 18 heures, ont été pro­lon­gées… sans pour au­tant abou­tir.

Les deux camps, pour l’ins­tant ir­ré­con­ci­liables, étaient ac­com­pa­gnés du mé­dia­teur Fran­cis Amand, nom­mé par le gou­ver­ne­ment à la de­mande des éle­veurs. Ceux-ci es­pé­raient convaincre le groupe de Mayenne, ba­sé à La­val, d’aug­men­ter ses prix d’achat du lait. Au­jourd’hui le plus bas du mar­ché en France — à 257 € la tonne —, ce prix de­vrait être ré­éva­lué à 330 € la tonne — au mi­ni­mum ! —, es­timent les éle­veurs.

300 trac­teurs à La­val

Face à eux, se­lon nos in­for­ma­tions, le groupe pro­prié­taire des marques Lac­tel, Bri­del, le beurre Pré­sident ou le ro­que­fort So­cié­té, et di­ri­gé par le très dis­cret Em­ma­nuel Bes­nier, n’a fait hier qu’une proposition bien loin de leurs es­pé­rances : 280 € la tonne. Soit 23 € de plus… mais un prix dé­jà pro­po­sé en juillet.

A La­val, où les éle­veurs oc­cupent de­puis lun­di le rond-point me­nant au siège de Lac­ta­lis, la ten­sion était mon­tée d’un cran hier soir. 300 trac­teurs, ve­nus de Nor­man­die, des Pays de la Loire, de Bre­tagne et de NordPas-de-Ca­lais - Pi­car­die ont af­flué dans la soi­rée à cet en­droit re­bap­ti­sé par les éle­veurs « le rond-point de la honte ». En tout, plus d’un mil­lier d’agri­cul­teurs, prêts à en dé­coudre, at­ten­daient l’is­sue des né­go­cia­tions.

Cé­dric Hen­ry, éle­veur ba­sé à Rennes, avouait avoir « la boule au ventre » de peur que « la soi­rée tourne mal ». « Si rien de sa­tis­fai­sant n’est an­non­cé ce soir à la sor­tie de la réu­nion, il y a de fortes chances qu’il y ait des dé­ra­pages. Nous es­saie­rons de re­te­nir nos gars, mais les grilles de l’usine ne sont pas loin… », me­na­çait Phi­lippe Je­han, res­pon­sable FNSEA de la Mayenne. « Ce n’est pas ce type de dis­cus­sion que nous vou­lons avoir. Si cer­tains pensent que c’est de cette fa­çon que nous pour­rons avan­cer du­ra­ble­ment en­semble, ils se trompent », cin­glait Mi­chel Na­let, di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion du groupe. Hier soir, le dia­logue sem­blait bel et bien dif­fi­cile à ré­ta­blir.

La­val (Mayenne), hier. Les agri­cul­teurs ont à nou­veau or­ga­ni­sé une opé­ra­tion coup de poing contre les pro­duits Lac­ta­lis, dans un su­per­mar­ché Le­clerc.

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