Le rou­tard au­rait agi par ja­lou­sie

MEURTRE EN AUS­TRA­LIE. Le Fran­çais qui a tué — en in­vo­quant Al­lah — une jeune Bri­tan­nique mar­di dans une au­berge de jeu­nesse ra­con­tait qu’ils al­laient se ma­rier. Les en­quê­teurs penchent pour un crime pas­sion­nel.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Smaïl Ayad, quelques heures avant son pas­sage à l’acte meur­trier ZAHRA BOUTLELIS

LA PISTE d’un acte ter­ro­riste s’ef­face au pro­fit de celle d’un crime pas­sion­nel. Smaïl Ayad, ce Fran­çais de 29 ans qui a poi­gnar­dé à mort Mia Ay­liffe-Chung, une ra­vis­sante Bri­tan­nique de 21 ans, et bles­sé gra­ve­ment un homme de 30 ans mar­di dans une au­berge de jeu­nesse en Aus­tra­lie, a été mis en exa­men pour meurtre et ten­ta­tive de meurtre. Se­lon les rou­tards qui sé­jour­naient dans cet éta­blis­se­ment de Home Hill, bour­gade de l’Etat du Queens­land, la ja­lou­sie du Fran­çais l’au­rait pous­sé à tuer la jeune femme. Ce der­nier af­fir­mait à qui vou­lait l’en­tendre qu’il était fou amou­reux de Mia, avec la­quelle il for­mait un couple, en­vi­sa­geant même de se ma­rier. Sauf que ses sen­ti­ments n’étaient pas ré­ci­proques, se­lon l’en­tou­rage de la vic­time.

La po­lice aus­tra­lienne cherche donc à vé­ri­fier si cette af­faire peut avoir un ca­rac­tère pas­sion­nel, tout en pré­ci­sant qu’il n’y a au­cune in­di­ca­tion à ce stade de « re­la­tion ro­man­tique » entre la vic­time et son meur­trier pré­su­mé. Le Fran­çais, qui se pré­sente comme kick­boxeur mar­seillais sur son pro­fil Fa­ce­book, n’au­rait par ailleurs pas sup­por­té de dé­cou­vrir que la belle jeune femme avait po­sé pour des pho­tos pu­bliées dans un ma­ga­zine.

Mar­di soir, le Fran­çais au­rait donc cé­dé à une pul­sion meur­trière en poi­gnar­dant la jeune femme. Bles­sée, Mia s’est ré­fu­giée dans une salle de bains avec l’aide d’un autre tou­riste an­glais qui ten­tait de la pro­té­ger, mais Smaïl Ayad l’a vio­lem­ment at­ta­qué avant d’ache­ver sa pré­ten­due âme soeur. Se­lon plu­sieurs té­moins, Ayad, en­ra­gé, hur­lait « Al­la­hou ak­bar » et chan­tait « la Mar­seillaise » avant d’aban­don­ner la jeune femme ago­ni­sante. Un autre tou­riste fran­çais sur place a ex­pli­qué aux mé­dias lo­caux que le meur­trier te­nait des pro­pos in­co­hé­rents en fran­çais, sû­re­ment dûs à une prise de drogues et d’al­cool plus tôt dans la soi­rée.

« Nous pou­vons dire à ce stade qu’il n’y a ab­so­lu­ment au­cune in­di­ca­tion de ra­di­ca­li­sa­tion sous quelque forme que ce soit ou de mo­bile re­la­tif à cette ques­tion », a dé­cla­ré Ray Roh­we­der, un haut res­pon­sable de la po­lice aus­tra­lienne.

« Je sens que je vais mou­rir bien­tôt »

Connu en France pour des af­faires pré­su­mées de cam­brio­lages et de vol à main ar­mée, Smaïl Ayad est en re­vanche par­fai­te­ment in­con­nu des ser­vices de ren­sei­gne­ment lut­tant contre l’is­la­misme ra­di­cal. Avant de pas­ser à l’acte mar­di, le rou­tard a pos­té un mys­té­rieux mes­sage sur un ré­seau so­cial : « Je suis une vic­time. Je sens que je vais mou­rir bien­tôt. Qui que vous soyez, si vous êtes comme moi, s’il vous plaît, sui­vez-moi. J’aime tout le monde… » Dans sa tête, le meur­trier pré­su­mé avait peut-être dé­jà condam­né Mia. Se­lon ses proches, la vic­time, dé­crite comme une jeune femme in­tel­li­gente, aven­tu­rière et ou­verte d’es­prit, « vi­vait son rêve aus­tra­lien » dans le Queens­land. Elle était ar­ri­vée à Home Hill de­puis une di­zaine de jours pour tra­vailler dans les champs de cannes à sucre, afin d’ob­te­nir le re­nou­vel­le­ment de son vi­sa va­cances-tra­vail.

Smaïl Ayad se se­rait en­ti­ché de Mia Ay­liffe-Chung et n’au­rait pas sup­por­té que ses sen­ti­ments ne soient pas par­ta­gés.

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