A la re­cherche de la « ma­gie » de 2007…

Aujourd'hui en France - - PO­LI­TIQUE - OLI­VIER BEAU­MONT

« ON A RE­TROU­VÉ l’es­prit de 2007 », jure Brice Hor­te­feux, l’ami de tou­jours de Ni­co­las Sar­ko­zy. Of­fi­ciel­le­ment lan­cé dans la ba­taille de la pri­maire de­puis lun­di, l’an­cien chef de l’Etat ca­resse la vo­lon­té de re­nouer avec cette douce époque : celle des « belles an­nées, où on était des morts de faim, avec la rage au ventre pour le sou­te­nir », se sou­vient le sé­na­teur Pierre Cha­ron, nos­tal­gique de cette pé­riode vic­to­rieuse. Neuf ans plus tard, la route est plus si­nueuse et le ré­sul­tat de notre son­dage ex­clu­sif Odoxa montre que, pour convaincre l’opi­nion, Sar­ko­zy va de­voir re­dou­bler d’ef­forts. Il lui fau­dra plus qu’un ef­fet « blast » pour es­pé­rer l’em­por­ter. « Mais il a re­trou­vé l’en­vie d’avoir en­vie, c’est l’es­sen­tiel », pour­suit Hor­te­feux, en ci­tant la chan­son de John­ny Hal­ly­day. « La cam­pagne de 2007, ça reste un mo­dèle du genre pour nous. Il y avait une ma­gie. On avait le sen­ti­ment que rien ne pou­vait lui ré­sis­ter. Il vou­lait ga­gner, il avait la flamme, et ça se voyait, dé­crypte son en­tou­rage. Alors qu’en 2012 il était pré­sident sor­tant, fa­ti­gué par cinq ans de pou­voir où rien ne lui avait été épar­gné. La moi­tié de ses mi­nistres ne croyaient plus en lui. Il était seul. » La scène qui s’est pas­sée mar­di après­mi­di au QG de cam­pagne du can­di­dat, dans le VIIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, n’a échap­pé à per­sonne : 70 sou­tiens par­le­men­taires et élus lo­caux ve­nus pour l e ren­con­trer, l’écou­ter et sur­tout re­par­tir avec un pe­tit sel­fie. Y com­pris des ral­lie­ments de der­nière mi­nute, comme ce­lui du dé­pu­té Pierre Lel­louche, jus­qu’à pré­sent sup­por­teur de Fran­çois Fillon, mais aus­si le dé­sor­mais ex-co­péiste Chris­tian Ja­cob, et la jeune garde comme Gé­rald Dar­ma­nin, pour­tant proche de Xa­vier Ber­trand. « Tout le monde re­vient au ber­cail et on se presse pour ap­pa­raître à ses cô­tés. C’est bon signe », s’em­balle le dé­pu­té Edouard Cour­tial. « On vient lui bai­ser la ba­bouche, comme on vient voir les an­ciens dans les vil­lages afri­cains », ose un autre… ou­bliant tout bon­ne­ment que 12 autres can­di­dats veulent tour­ner la page Sar­ko­zy dans cette pri­maire ! L’ex-chef de l’Etat a fait re­ve­nir ses vieux stra­tèges : Hor­te­feux, Cha­ron et même Franck Lou­vrier, son his­to­rique Mon­sieur Com par­ti chez Pu­bli- cis. « C’est le re­tour de la firme ! » clai­ronne Cha­ron, en ré­fé­rence à cette fa­meuse équipe de mous­que­taires hy­per fa­nas. Ré­gu­liè­re­ment, ces his­to­riques se re­trouvent au­tour d’une bonne table, y com­pris avec Fré­dé­ric Le­febvre, pour­tant lui-même can­di­dat à la pri­maire. Seul Laurent Sol­ly, di­rec­teur gé­né­ral de Fa­ce­book France a pris ses dis­tances pour rai­sons pro­fes­sion­nelles avec la « team Sar­ko­zy ».

« Il avait la flamme » « Tout le monde re­vient au ber­cail » « C’est le re­tour de la firme ! » « Il se blot­tit der­rière ce vieux sou­ve­nir »

Exit aus­si celle qui fut la boîte à idées du can­di­dat de 2007, Em­ma­nuelle Mi­gnon. Avec le re­tour des vieux bris­cards, Sar­ko­zy joue la fibre sen­ti­men­tale, au risque de man­quer d’un souffle de mo­der­ni­té et de ra­jeu­nis­se­ment. Pour les idées, le trio in­fer­nal doit du coup com­po­ser avec un duo plus ré­cent, l’ex-son­deur Pierre Giac­co­mat­ti et Sé­bas­tien Pro­to, 38 ans, spé­cia­liste des ques­tions éco­no­miques et so­ciales. Suf­fi­sant pour ga­gner ? « 2007, c’est son an­née dou­dou. Il se blot­tit der­rière ce vieux sou­ve­nir en pen­sant que ça ira bien. Mais en po­li­tique, quand le train est pas­sé, il ne re­passe pas », per­sifle un dé­pu­té jup­péiste. @oli­vier­beau­mont ve dé lib ce mi Ju Sa

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