Hol­lande, pré­sident Ins­ta­gram

ÉLY­SÉE. Le chef de l’Etat in­ves­tit à plein les ré­seaux so­ciaux, comme Fa­ce­book ou Snap­chat. Ob­jec­tif : être le plus vi­sible pos­sible et tou­cher les plus jeunes.

Aujourd'hui en France - - PO­LI­TIQUE - AVA DJAM­SHI­DI

DANS LA COUR DE L’ÉLY­SÉE, Fran­çois Hol­lande dis­court de­vant les ath­lètes olym­piques fran­çais qui l’écoutent, tout sou­rire. Main dans la main avec le pape, les deux Fran­çois échangent un geste fra­ter­nel. D’un pas dé­ci­dé, il se di­rige vers la salle du con­seil des mi­nistres… Ces tranches de vie pré­si­den­tielle se sont mises à inon­der les ré­seaux so­ciaux de­puis la ren­trée. Au­tant de phrases, images et vi­déos flat­teuses pour ra­con­ter le quo­ti­dien du lo­ca­taire de l’Ely­sée.

Cette ten­dance, amor­cée aux dé­buts du man­dat du chef de l’Etat, connaît une vé­ri­table phase d’ac­cé­lé­ra­tion ces der­niers jours. Pour la pre­mière fois, mar­di, une vi­déo à 360 de­grés (dans la­quelle les in­ter­nautes peuvent se mou­voir) a été pos­tée sur le compte Fa­ce­book du pré­sident. La veille, les pre­mières se­condes du con­seil des mi­nistres ont été dif­fu­sées en di­rect sur l’ap­pli­ca­tion Snap­chat, très pri­sée des jeunes. Et se­lon nos in­for­ma­tions, dans deux se­maines, une de ses in­ter­ven­tions pour­rait être re­trans­mise en di­rect et à 360 de­grés.

Cinq per­sonnes à la cel­lule Web

« L’an­née qui vient, en ma­tière de pa­role pu­blique, de plus en plus de choses vont se jouer sur ces moyens de com­mu­ni­ca­tion. Il faut donc s’en ser­vir, tes­ter, in­no­ver. Et ne pas les su­bir », confie un proche du chef de l’Etat. Pas ques­tion de fuir les jour­na­listes pour au­tant — le pré­sident en re­çoit très ré­gu­liè­re­ment (lire ci-des­sous) —, mais de par­ve­nir à at­teindre des ci­toyens qui s’in­forment de plus en plus sur les ré­seaux so­ciaux. Ils sont ain­si 32,7 mil­lions d’in­ter­nautes fran­çais à se connec­ter chaque mois sur Fa­ce­book, 12 mil­lions sur Twit­ter (1,7 mil­lion sont abon­nés au compte du pré­sident), ou en­core 9,8 mil­lions sur Ins­ta­gram.

Avan­tage de ces nou­veaux mé­dias : Hol­lande (via ses col­la­bo­ra­teurs) peut tou­cher di­rec­te­ment ce pu­blic… en maî­tri­sant sa com­mu­ni­ca­tion de bout en bout. A l’Ely­sée, ils sont cinq à tra­vailler dans la cel­lule Web, sous la di­rec­tion de Gas­pard Gant­zer, l e conseiller char­gé de la com­mu­ni­ca­tion. Seuls deux dis­posent des codes pour se connec­ter sur le compte Fa­ce­book pré­si­den­tiel. Eux savent le nombre de « per­sonnes at­teintes » pour c h a q u e me s s a g e p u b l i é : en moyenne, 200 000 à 500 000 in­ter­nautes, le comp­teur pou­vant dé­pas­ser le mil­lion, par exemple après les at­ten­tats.

« L’ou­til est aus­si pré­cieux pour sa­voir quels su­jets cap­tivent, dés­in­té­ressent, et ce que pensent les Fran­çais qui com­mentent ces mes- sages. Il les a sous les yeux », re­lève Fran­çois Jost*, pro­fes­seur en sciences de l’in­for­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion à l’uni­ver­si­té Pa­ris-III.

Ces plates-formes lui per­mettent aus­si de ci­bler les jeunes, qui s’in­forment de plus en plus sur ces ré­seaux so­ciaux. Les 15-20 ans sont ain­si fé­rus de Snap­chat (8 mil­lions d’uti­li­sa­teurs par mois en France… et 70 000 à suivre le pré­sident), une ap­pli­ca­tion qui a la par­ti­cu­la­ri­té de pro­po­ser une image ou une vi­déo vi­sible seule­ment quelques se­condes. « On es­saie de s’adap­ter aux codes du Web », sou­ligne un col­la­bo­ra­teur du pré­sident, l’un des pre­miers po­li­tiques à uti­li­ser cette ap­pli­ca­tion. A huit mois d’une pré­si­den­tielle, le moindre clic compte.

@AvaD­jam­shi­di * Au­teur de « Pour une éthique des mé­dias : les images sont aus­si des actes », édi­tions de l’Aube, sor­tie le 16 sep­tembre.

Que ce soit sur Ins­ta­gram (ci-des­sus), sur Snap­chat (ci-des­sous à gauche) ou sur Fa­ce­book, la pré­si­dence cible sa com­mu­ni­ca­tion.

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