Consul­ta­tion à 25 € : qui paie­ra quoi ?

SAN­TÉ. Le 1er mai 2017, le ren­dez-vous chez le gé­né­ra­liste pas­se­ra de 23 à 25 €, et deux nou­veaux ta­rifs font leur ap­pa­ri­tion. Seuls les pa­tients sans mu­tuelle se­ront im­pac­tés.

Aujourd'hui en France - - ÉCO­NO­MIE - DA­NIEL RO­SEN­WEG

APRÈS CINQ MOIS de né­go­cia­tions, la conven­tion mé­di­cale qui lie pour cinq ans les 115 000 mé­de­cins li­bé­raux et l’As­su­rance ma­la­die a été of­fi­ciel­le­ment si­gnée jeu­di soir. La me­sure phare pré­voit le pas­sage de la consul­ta­tion du mé­de­cin gé­né­ra­liste de sec­teur 1 (sans dé­pas­se­ment d’ho­no­raires) de 23 €, au­jourd’hui, à 25 €, au 1er mai 2017. A cô­té, la conven­tion crée de nou­veaux ta­rifs, pro­por­tion­nels à la du­rée de la consul­ta­tion, pou­vant at­teindre 60 €. Quel se­ra l’im­pact fi­nan­cier pour les pa­tients ? Ré­ponses dé­taillées.

5 % des pa­ti ents paie­ront plus. Le di­rec­teur de la Caisse na­tio­nale de l’as­su­rance ma­la­die, Ni­co­las Re­vel, as­sure que le pas­sage chez le gé­né­ra­liste à 25 € se­ra in­do­lore pour les pa­tients puisque la prise en charge reste in­chan­gée : « Les caisses pri­maires conti­nue­ront de rem­bour­ser à 70 % et les com­plé­men­taires san­té à 30 % », ex­plique-t-il. En réa­li­té, l’As­su­rance ma­la­die ne prend en charge que 65,65 % de la dé­pense au­jourd’hui et 66 % à par­tir de mai 2017, puisque comme au­jourd’hui il res­te­ra à la charge du pa­tient le for­fait de 1 €. Et en ef­fet, la hausse de la consul­ta­tion ne chan­ge­ra rien pour la ma­jo­ri­té des Fran­çais qui bé­né­fi­cient d’une com­plé­men­taire san­té. Mais pour les 5 % de la po­pu­la­tion qui n’en ont pas, soit 3,3 mil­lions de pa­tients, la hausse de 2 € de la consul­ta­tion se tra­dui­ra à chaque vi­site par une aug­men­ta­tion de 0,60 € de leur reste à charge (7,50 € au lieu de 6,90 € au­jourd’hui). Les Fran­çais con­sul­tant en moyenne 3,5 fois par an le gé­né­ra­liste, ce­la coû­te­ra en moyenne 2,10 € de plus par an à ces pa­tients sans mu­tuelle ou as­su­rance com­plé­men­taire.

Consul­ta­tions à ta­rifs va­riables se­lon la du­rée. La conven­tion crée par ailleurs deux nou­veaux ta­rifs. A par­tir du 1er no­vembre 2017, votre gé­né­ra­liste pour­ra vous fac­tu­rer la consul­ta­tion 48 € si elle concerne une pre­mière vi­site pour contra­cep­tion, une pa­tho­lo­gie com­plexe (dia­bète ges­ta­tion­nel, sco­liose grave, ma­la­die de Par­kin­son, épi­lep­sie…) ou s’il y a un fort en­jeu de san­té pu­blique (en­fants de 3 à 12 ans à risque d’obé­si­té, les trois vi­sites obli­ga­toires du nou­veau-né, etc.). Autre ni­veau créé : ce se­ra 60 € pour les consul­ta­tions dites très com­plexes, au cours des­quelles le mé­de­cin doit an­non­cer une pa­tho­lo­gie grave (can­cer, ma­la­dies neu­ro­lo­giques…) ou évo­quer la mal­for­ma­tion d’un nou­veau­né… Ces ta­rifs se­ront, dans la qua­si-to­ta­li­té des cas, pris en charge à 100 %, pré­cise l’As­su­rance ma­la­die puis­qu’ils vont concer­ner des pa­tients en af­fec­tion longue du­rée, des femmes en­ceintes, ou en­core des bé­né­fi­ciaires de la CMU, de l’AME…

Près de 5 € de hausse aux An­tilles. La me­sure ne fi­gure pas dans la conven­tion, mais a été ac- cor­dée sa­me­di der­nier, en marge des ul­times né­go­cia­tions avec le syn­di­cat FMF. Les gé­né­ra­listes de Mar­ti­nique et Gua­de­loupe vont pou­voir ali­gner leur ta­rif sur la Réu­nion et la Guyane, bé­né­fi­ciaires d’un bo­nus de 20 % au titre de l’outre-mer. Cu­mu­lée avec la hausse de 2 € pré­vue par la conven­tion, cette me­sure por­te­ra de 25,30 € à 30 € la consul­ta­tion d’un gé­né­ra­liste de sec­teur 1 aux An­tilles. Là aus­si, seul de­vrait res­ter à la charge du pa­tient le for­fait de 1 €. S’il a une com­plé­men­taire san­té…

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