L’amer­tume de Giu­seppe

Aujourd'hui en France - - FAITS DI­VERS - L.C. ET F.Z.

Lui aus­si a tout per­du. Mer­cre­di à 3 h 30, la mai­son de Giu­seppe Di Ra­do, comme tant d’autres à Tu­fo, un ha­meau de Ac­cu­mo­li, a été dé­vas­tée. « Par chance, seul mon gendre a été bles­sé. Il a quatre côtes fê­lées, un poi­gnet et une jambe bri­sée mais ils l’ont opé­ré à Rome et tout va bien. La mai­son s’est lit­té­ra­le­ment ou­verte en deux, ma fille s’est ré­veillée dans son lit, avec le vide en face d’elle. Nous sommes de vrais mi­ra­cu­lés », po­si­tive cet an­cien chauf­feur de bus de la ca­pi­tale, qui avait choi­si de vivre, la re­traite ve­nue, dans la ré­gion d’ori­gine de sa femme. « Après mon ac­ci­dent car­diaque, je vou­lais un en­droit calme, et re­gar­dez ce qui s’est pas­sé… » se dé­sole-t-il. Mal­gré tout, ce vo­lon­taire de la pro­tec­tion ci­vile a te­nu à s’en­ga­ger au­près de ceux qui, comme lui, n’ont plus d’autre toit que ces tentes de for­tune éri­gées par les se­cours. Il reste très in­quiet pour l’ave­nir et craint d’être aban­don­né par les au­to­ri­tés, « une fois que les mé­dias ne par­le­ront plus de nous ». Dans ce vil­lage de poche, ils ne sont que quatre ré­si­dents per­ma­nents, tan­dis que les autres mai­sons — des ré­si­dences se­con­daires — ne sont ha­bi­tées que l’été. « Tous les autres sont ren­trés chez eux à Rome sans s’in­quié­ter de nous. Eux, ils ont un toit, mais nous, on reste ici, tout seul », lance-t-il, amer et sou­cieux pour l’hi­ver par­ti­cu­liè­re­ment rude dans cette ré­gion. « La nuit der­nière, ma femme et moi avons dor­mi avec deux cou­ver­tures, et ça ne suf­fi­sait dé­jà pas. La nuit ici, il fait moins de 10 de­grés. Et nous ne sommes qu’en août. Mais à Noël, on fe­ra comment ? »

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