La star du ly­cée échappe à la pri­son

Aujourd'hui en France - - FAITS DI­VERS - New York (Etats-Unis) De notre cor­res­pon­dante Kes­ley Bour­geois, à l’ori­gine de la pé­ti­tion pour la dé­mis­sion du juge CHLOÉ CO­HEN

TOUT LE MONDE a droit à une deuxième chance. C’est, en tout cas, l’ar­gu­ment avan­cé par un juge du Mas­sa­chu­setts, au nord- est des Etats-Unis, dont la clé­mence sus­cite l’in­di­gna­tion. Da­vid Be­cker, 18 ans, star de son ly­cée, ath­lète ve­dette en vol­ley, foot­ball et bas­ket, était pour­sui­vi pour avoir agres­sé sexuel­le­ment deux de ses ca­ma­rades.

Si l e pro­cu­reur avait re­quis deux ans de pri­son, une peine qu’il ju­geait « ap­pro­priée et juste compte te­nu des faits », le juge Tho­mas Estes, lui, ne l’a pas en­ten­du de cette oreille. Le jeune homme n’a été condam­né qu’à deux ans de pro­ba­tion, pen­dant les­quels il de­vra res­pec­ter cer­taines condi­tions, comme ne pas consom­mer de drogue ni d’al­cool, res­ter à dis­tance des vic­times, ou écrire une lettre d’ex­cuse. A l’is­sue de ces deux an­nées, s’il se tient bien, cette sen­tence pour­rait même dis­pa­raître de son ca­sier ju­di­ciaire.

Les f ai t s r emontent au mois d’avril. A la fin d’une soi­rée al­coo­li­sée or­ga­ni­sée dans une mai­son à East Long­mea­dow (Mas­sa­chu­setts), deux ca­ma­rades de l’ado­les­cent, qui étaient res­tées dor­mir sur place, se sont ré­veillées alors qu’il les pé­né­trait avec ses doigts. Elles au­raient en­suite re­çu des SMS du jeune gar­çon, s’ex­cu­sant après avoir quit­té les lieux : « Dé­so­lé, c’est de ma faute », au­rait-il écrit. Mais Da­vid Be­cker n’a pas don­né la même ver­sion aux en­quê­teurs : il a nié avoir eu le moindre contact phy­sique avec l’une des jeunes filles et pen­sait que l’autre vic­time était consen­tante, car elle n’a « pas pro­tes­té ».

Une simple « er­reur de jeu­nesse », se­lon son avo­cat, pour qui « mettre ce ga­min en pri­son pen­dant deux ans au­rait dé­truit sa vie ». Le ver­dict, pro­non­cé la se­maine der­nière, a pro­vo­qué un tol­lé. Le pré­sident de l’Ins­ti­tut amé­ri­cain du viol, des abus et de l’in­ceste, Scott Ber­ko­witz, a im­mé­dia­te­ment ex­pri­mé son in­di­gna­tion sur ABC News : une peine aus­si lé­gère pour­rait « dé­cou­ra­ger les vic­times, et tous ceux qui vou­draient por­ter plainte », a-t-il dé­cla­ré. Une pé­ti­tion a été lan­cée mer­cre­di pour de­man­der la dé­mis­sion de Tho­mas Estes. « Ce n’est pas la pre­mière fois que la jus­tice laisse les vio­leurs s’en sor­tir, ce n’est pas juste et je vou­lais rendre tout ça pu­blic », confie Kes­ley Bour­geois, jointe par té­lé­phone, à l’ori­gine de la pé­ti­tion qui a ré­col­té plus de 16 000 si­gna­tures en vingt­quatre heures.

Cette af­faire rap­pelle celle de Brock Tur­ner, na­geur star de l’uni­ver­si­té de Stan­ford, condam­né pour viol à seule­ment six mois de pri­son alors qu’il en­cou­rait jus­qu’à qua­torze ans en juin der­nier. Pour sa dé­fense, l’ath­lète avait évo­qué « la culture de la fête et de l’al­cool ». La di­rec­tion de l’uni­ver­si­té a an­non­cé lun­di l’in­ter­dic­tion de tout al­cool fort dans les soi­rées sur le cam­pus pour les étu­diants de pre­mier cycle.

« Ce n’est pas la pre­mière fois que la jus­tice laisse les vio­leurs s’en sor­tir, ce n’est pas juste »

Da­vid Be­cker, 18 ans, n’a été condam­né qu’à deux ans de pro­ba­tion.

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