« Ma plus belle émo­tion »

Ch­ris­tophe Le­maitre,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Pro­pos re­cueillis par JÉ­RÉ­MIE PAV­LO­VIC

AU­JOURD’HUI, Ch­ris­tophe Le­maitre s’ali­gne­ra sur 100 m au Mee­ting de Pa­ris. Nous l’avons ren­con­tré, hier après-mi­di, dans un hô­tel pa­ri­sien proche de la tour Eif­fel. Tou­jours ai­mable mal­gré un gros rhume, l’Aixois re­vient sur sa mé­daille de bronze dé­cro­chée à Rio. Com­ment al­lez-vous, une se­maine après avoir dé­cro­ché cette mé­daille ? CH­RIS­TOPHE LE­MAITRE. Je suis très fa­ti­gué et très heu­reux, et sa­tis­fait de ce que j’ai réa­li­sé. Ça re­pré­sente tel­le­ment pour moi. C’est le ré­sul­tat de quatre an­nées de tra­vail in­tense et par­fois dif­fi­cile. Ça vient ré­com­pen­ser tous mes ef­forts. Qu’avez-vous res­sen­ti en re­trou­vant Aix-les-Bains ? J’en avais be­soin. Me res­sour­cer au­près de ma fa­mille, de mes amis, c’était es­sen­tiel. J’avais hâte de les re­trou­ver après presque trois se­maines loin d’eux. Et puis, l’ac­cueil du pu­blic, ve­nu nom­breux, m’a beau­coup tou­ché. Je ne m’y at­ten­dais pas. C’est la pre­mière fois qu’il y avait cette foule à la gare. Ra­con­tez-nous cette course fan­tas­tique, qui s’est jouée à rien... Tout s’est dé­ci­dé dans les der­niers ins­tants, au « cas­sé », lorsque je jette mes épaules vers l’avant. C’était très ser­ré, j’ai lut­té jus­qu’à la fin. Je n’étais plus tel­le­ment lu­cide, et j’ai cas­sé un peu trop tôt. Mais, fi­na­le­ment, c’est sû­re­ment ce qui m’a ap­por­té la mé­daille. C’est peut-être le plus beau geste de ma car­rière. Dans votre pal­ma­rès dé­jà bien four­ni, où si­tuez-vous cette mé­daille de bronze ? Elle a une sa­veur par­ti­cu­lière. C’est la plus belle de toute. Ma plus belle émo­tion, aus­si. Plus que mes titres eu­ro­péens ou mes mé­dailles mon­diales. Après des der­nières an­nées dif­fi­ciles, en de­mi-teinte, ça dé­cuple ma joie d’avoir pu la ga­gner. Com­ment avez-vous vé­cu cette pé­riode com­pli­quée ? Avec beau­coup de dé­cep­tion. Après 2011 et 2012, j’ai tra­vaillé ex­trê­me­ment dur. Plus dur, même, que les an­nées pré­cé­dentes où j’avais réus­si. Et, fi­na­le­ment, mes chro­nos

CA­NAL +, 20 HEURES

n’étaient pas bons, je n’ai pas ga­gné de titre eu­ro­péen, ni at­teint de fi­nale mon­diale. Mal­gré tout ce tra­vail, cet in­ves­tis­se­ment, ces souf­frances, c’était très frus­trant. Com­ment l’ex­pli­quez-vous ? Je tra­vaillais trop. Mes jambes étaient tel­le­ment lourdes que j’avais l’im­pres­sion d’avoir fait une ses­sion de mus­cu­la­tion avant chaque course. J’ai tel­le­ment tra­vaillé le fon­cier que, fi­na­le­ment, je ne fai­sais plus de sprint. Et ça m’a coû­té cher. Mais mes échecs pas­sés ne m’ont ja­mais han­té. Ils m’ont ser­vi pour construire les sai­sons sui­vantes. Ré­cem­ment, on a dé- ci­dé de re­ve­nir aux bases, et j’ai sur­tout re­pris beau­coup de plai­sir. A Rio, par exemple, je me suis amu­sé. Chaque course était gé­niale, j’ai pro­fi­té de chaque ins­tant. Et ça a plu­tôt bien mar­ché. Cette réus­site va-t-elle vous ser­vir pour la suite ? J’es­père que ce se­ra un dé­clic. Un nou­veau dé­part. J’ai­me­rais sur­fer sur cette bonne dy­na­mique pen­dant un mo­ment pour dé­cro­cher de nou­vel- les mé­dailles à l’ave­nir. Je n’ai que 26 ans, j’ai en­core de belles an­nées de­vant moi. Les choses vont être plus simples à par­tir d’au­jourd’hui. Je pour­rai en­vi­sa­ger l’ave­nir sous de meilleurs aus­pices. Jus­te­ment, quels sont vos nou­veaux ob­jec­tifs au­jourd’hui ? Je pense sur­tout à ter­mi­ner cette sai­son, avant de prendre un mois de va­cances. J’ai dé­jà en tête To­kyo 2020, mais avant il y au­ra beau­coup d’échéances, avec no­tam­ment les Mon­diaux de Londres l’an pro­chain. Ce­la passe dé­jà par le Mee­ting de Pa­ris au­jourd’hui… Je suis as­sez ma­lade de­puis mon re­tour ici. Je tousse, j’ai le nez qui coule et je dors mal. Ce ne sont pas des condi­tions idéales pour abor­der un mee­ting. Je vais faire de mon mieux, mais ce ne se­ra pas fa­cile. Quel sen­ti­ment vous anime au mo­ment de re­trou­ver le pu­blic fran­çais ? C’est la prin­ci­pale rai­son pour la­quelle je suis pré­sent à Pa­ris. Pour re­trou­ver le pu­blic qui s’est le­vé à 3 heures du ma­tin pour m’en­cou­ra­ger à Rio, pour lui rendre hom­mage et le re­mer­cier. C’est im­por­tant d’être là.

« J’ai­me­rais sur­fer sur cette bonne dy­na­mique »

Pa­ris, hier. Ch­ris­tophe Le­maitre semble dé­sor­mais se­rein après des an­nées dif­fi­ciles : « J’ai 26 ans et j’ai de belles an­nées de­vant moi », confie ce­lui qui a dé­cro­ché le bronze sur 200 m à Rio et es­père rem­por­ter en­core quelques mé­dailles.

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