Mé­len­chon, poil à grat­ter de la gauche

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Tou­louse (Haute-Ga­ronne) De notre en­voyée spé­ciale MAR­TINE CHEVALET

En­quête réa­li­sée au­près d’un échan­tillon de Fran­çais in­ter­ro­gés par In­ter­net les 25 et 26 août 2016. Pa­nel de 995 per­sonnes re­pré­sen­ta­tif de la po­pu­la­tion fran­çaise âgée de 18 ans et plus. LE CAN­DI­DAT de la France in­sou­mise qui a ache­vé de rompre les amarres avec le Front de gauche fait sa ren­trée po­li­tique ce week-end sur le cam­pus uni­ver­si­taire du Mi­rail à Tou­louse (Haute-Ga­ronne) l’es­prit lé­ger, « ra­vi » que sa can­di­da­ture pro­gresse par « con­ta­gion ». Sur fond de sur­en­chère au­tour du bur­ki­ni et d’ac­cu­sa­tions de ra­di­ca­li­sa­tion de ses amis éco­los après ses propos sur les tra­vailleurs étran­gers, il a oc­cu­pé l’épi­centre de la ren­trée po­li­tique à gauche. Même le re­pli des com­mu­nistes (réunis à An­gers), qui ne lui ac­cordent tou­jours pas leur sou­tien pour 2017, ne l’af­fecte pas. Pas plus que la concur­rence à gauche de la gauche qui émerge, avec Mon­te­bourg et Hamon ou pour­quoi pas Ch­ris­tiane Tau­bi­ra. « J’ai autre chose à faire que dé­chif­frer les hié­ro­glyphes des éco­lo­gistes. Se dé­mar­quer de moi, c’est le ti­cket d’en­trée, leur course au centre pour leur pri­maire », tacle Mé­len­chon.

Quant à l’ac­cu­sa­tion de jouer so­lo, il iro­nise. « Les autres can­di­dats, c’est vrai, m’éblouissent par leur mo­des­tie et leur al­truisme. Mais s’ils veulent dire que ce­lui qui dé­cide pour moi, c’est moi et per­sonne d’autre, c’est exact ! »

Sa dif­fé­rence face aux ri­vaux de gauche ? « Tous ces can­di­dats ont en com­mun d’être dans la pri­maire de la gauche quoi qu’ils en disent et donc en po­si­tion d’en ac­cep­ter le ré­sul­tat si Hol­lande ou Valls en sortent vic­to­rieux, tonne Mé­len­chon. Même Ar­naud Mon­te­bourg, dont c’est le cadre na­tu­rel. On n’est pas can­di­dats à la même élec­tion : eux à leur pri­maire avec le PS, moi à la pré­si­den­tielle. »

Mé­len­chon (dont une bio­gra­phie, « le Choix de l’in­sou­mis­sion », sor­ti­ra le 8 sep­tembre au Seuil) veut s’im­po­ser comme « le bul­le­tin de vote stable et sûr ». « Je veux in­car­ner le par­ti de ceux qui re­fusent d’être em­bar­qués dans les guerres de re­li­gion », dit-il après un coup de gueule contre l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion po­li­tique du bur­ki­ni. « C’est une er­reur de pen­ser que les Fran­çais sont pas­sion­nés par ça. Sar­ko­zy au­tant que Hol­lande croient pou­voir créer un état d’hyp­nose per­ma­nent » au­tour de la peur iden­ti­taire. Le re­fus de l’em­bri­ga­de­ment au re­li­gieux, comme à l’ar­gent, se­ra au coeur de son dis­cours au­jourd’hui.

« Je veux in­car­ner le par­ti de ceux qui re­fusent d’être em­bar­qués dans les guerres de re­li­gion »

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