Au La­van­dou, le bur­ki­ni reste ban­ni

LAÏ­CI­TÉ. Comme dans d’autres villes, l’ar­rê­té an­ti­bur­ki­ni est main­te­nu au La­van­dou. Sur la plage prin­ci­pale de cette com­mune va­roise, les va­can­ciers res­tent par­ta­gés. La po­lé­mique est loin d’être ter­mi­née…

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Le La­van­dou, Bormes-les-Mi­mo­sas (Var) De notre correspondante Ch­ris­tian, ve­nu de Sa­voie Pau­line et Antoine, de Di­jon (Côte-d’Or) DIANE ANDRÉSY

SUR LES PLAGES DU VAR, des po­li­ciers mu­ni­ci­paux pa­trouillent en ce der­nier week-end avant la ren­trée sco­laire, et les sur­veillants de plage ont été in­vi­tés à être « très vi­gi­lants ». Ici, les ar­rê­tés an­ti­bur­ki­ni sont main­te­nus mal­gré l’in­va­li­da­tion par le Con­seil d’Etat ven­dre­di de l’ar­rê­té pris à Ville­neuve-Lou­bet (Alpes-Ma­ri­times).

Gil Ber­nar­di, maire du La­van­dou (Var), a été l’un des pre­miers à prendre des dis­po­si­tions vis-à-vis « des vê­te­ments non conformes à la laï­ci­té et à l’hy­giène ». « Au La­van­dou, il n’y a pas de bur­ki­ni sur les plages et nous y veillons. La plage est un lieu de dé­tente, pas un es­pace d’af­fron­te­ment idéo­lo­gique ou re­li­gieux. Une grande te­nue noire n’a pas sa place sur le sable ou dans l’eau. Ce­la peut être in­ter­pré­té comme une pro­vo­ca­tion », es­time-t-il. A la tête du syn­di­cat des com­munes du lit­to­ral va­rois, il se fait le porte-voix des maires du sec­teur : « A chaque com­mune d’ap­pré­cier la si­tua­tion, mais nous, au La­van­dou, nous main­te­nons notre ar­rê­té jus­qu’au 30 sep­tembre. »

Ef­fec­ti­ve­ment, l’ar­rê­té est af­fi­ché près du poste de se­cours de la plage prin­ci­pale. Sur place, hier après-mi­di, au­cun bur­ki­ni à l’ho­ri­zon et les va­can­ciers savourent leurs der­niers jours de far­niente.

« Etre torse nu en de­hors des plages est in­ter­dit ? Eh bien, j’es­time que ne pas être en maillot comme tout le monde sur le sable, c’est ne pas jouer le jeu de la Ré­pu­blique ! Sans ces ar­rê­tés an­ti­bur­ki­ni, on ris­quait l’es­ca­lade », mar­tèle Ch­ris­tian, qui vient de Sa­voie.

« Nous, ça ne nous dé­range pas du mo­ment que le calme et la sé­cu­ri­té sont as­su­rés quand on se baigne », re­la­ti­visent Lau­rie et Da­mien, ve­nus en fa­mille de Va­lence pour un sé­jour à La Londe-les-Maures. Ici aus­si le bur­ki­ni est in­ter­dit. Une com­pé­ti­tion spor­tive sur le sable per­tur­bée par une fa­mille dont la mère s’est bai­gnée à proxi­mi­té en bur­ki­ni a pous­sé la mu­ni­ci­pa­li­té à prendre un ar­rê­té il y a trois jours.

« Ne pas être en maillot comme tout le monde sur le sable, c’est ne pas jouer le jeu de la Ré­pu­blique ! » « Bi­ki­ni ou bur­ki­ni, les femmes ont le droit de se vê­tir comme elles veulent »

Plus loin, à Bormes-les-Mi­mo­sas, ce sont des va­can­ciers qui ont aler­té les sa­peurs-pom­piers sur la pré­sence dans l’eau d’une « femme por­tant une grande te­nue noire éta­lée au­tour d’elle ». Dès le len­de­main, le maire pu­bliait son ar­rê­té. De­puis, au­cun bur­ki­ni ne s’est in­vi­té sur cette plage de la Fa­vière.

« De toute fa­çon, bi­ki­ni ou bur­ki­ni, les femmes ont le droit de se vê­tir comme elles veulent », com­mentent tou­te­fois Pau­line et Antoine, un jeune couple de Di­jon (Cô­ted’Or). « C’est une ques­tion de li­ber­té que le Con­seil d’Etat a rap­pe­lée à juste titre », pour­suit Antoine, étu­diant en droit. Mais se­lon beau­coup d’autres aoû­tiens, il y a « une bonne dose de pro­vo­ca­tion à ve­nir ain­si, cou­vert de la tête aux pieds, dans un es­pace pu­blic ».

Pour les élus des sta­tions bal­néaires, la ques­tion est sur­tout au­jourd’hui d’avoir un ar­se­nal ju­ri­dique suf­fi­sant pour faire res­pec­ter la règle. Et tous de ré­cla­mer une loi ap­pli­cable par­tout. Dans le golfe de Saint-Tro­pez, si plu­sieurs com­munes se sont pré­mu­nies du bur­ki­ni par ar­rê­té (Co­go­lin, Ca­va­laire-surMer et Sainte-Maxime), le vil­lage de stars, lui, se dé­marque. Rien sur la ques­tion. Il est vrai qu’à Saint-Tro­pez, la li­ber­té des te­nues est un prin­cipe qua­si sa­cré de­puis long­temps.

Bormes-les-Mi­mo­sas (Var), hier. Pau­line et Antoine, deux étu­diants ve­nus de Di­jon, prennent le so­leil sur la plage in­ter­dite aux bur­ki­nis par ar­rê­té mu­ni­ci­pal.

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