L’as­cen­sion du phare reste une af­faire bre­tonne

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Ju­lien, qui a dé­cou­vert l’épreuve NO­RA MO­REAU

Fi­nis­tère. « 307 marches, il faut dé­jà pou­voir les mon­ter ! », aver­tit Co­ren­tin Péoc’h, 76 prin­temps au comp­teur et membre du Club ath­lé­tique bi­gou­den (CAB) de­puis main­te­nant trente-six ans, à l’ori­gine de cette drôle d’ini­tia­tive… Hier, à Pen­march, à la pointe ouest du pays Bi­gou­den (sud du Fi­nis­tère), on se pres­sait pour as­sis­ter au dé­part de la 10e édi­tion de la mon­tée des marches du cé­lèbre phare d’Eckmühl, haut de 65 m.

« L’idée m’est ve­nue à l’oc­ca­sion des 100 ans d’Eckmühl, en 1997, se sou­vient-il. Les clubs de la ré­gion or­ga­ni­saient cha­cun quelque chose. Je me suis dit que ce se­rait un sa­cré chal­lenge ! » Mais faute d’au­to­ri­sa­tion, le phare étant clas­sé mo­nu­ment his­to­rique et sous la ges­tion du ser­vice des phares et ba­lises, à Pa­ris, Co­ren­tin et son club ont dû at­tendre les 110 ans du phare, en 2007, pour lan­cer la course. « Nous étions les pre­miers à ini­tier un évé­ne­ment spor­tif dans un phare. Avec le temps et le bouche-à-oreille, on est pas­sés de 78 par­ti­ci­pants à près de 180 », se ré­jouit-il.

Pour la plu­part, ce sont des spor­tifs ré­gu­liers, voire af­fir­més qui s’en­gagent, ve­nant « d’un peu par­tout », mais sur­tout du Grand Ouest. « Il faut beau­coup d’en­du­rance et une puis­sance phy­sique im­por­tante », as­sure Co­ren­tin. « C’est ce qui fait le charme de la com­pé­ti­tion : on peut être un cou­reur de fond ou un sprin­ter, on ne peut pas connaître à l’avance l’is­sue de la course. » Hier après-mi­di, ils sont exac­te­ment 131 cou­ra­geux à s’être suc­cé­dé au rythme d’un dé­part in­di­vi­duel par mi­nute. Avec une pause toutes les vingt mi­nutes, le temps de vi­der le phare en fai­sant re­des­cendre les concur­rents qui en avaient fi­ni. « On ne peut pas ex­cé­der les 30 per­sonnes dans l’édi­fice », ex­plique Co­ren­tin.

Les gens du coin sont res­tés maîtres de leurs es­ca­liers, les deux vain­queurs du jour por­tant les cou­leurs du club or­ga­ni­sa­teur. Maxime Fi­gno­ri­no, 20 ans, a été à deux doigts, exac­te­ment deux cen­tièmes de se­condes, d’amé­lio­rer son propre re­cord ab- so­lu — un in­croyable chro­no de 46”54. Re­cord bat­tu en re­vanche cô­té femmes, où Agathe Guille­mot , 1 7 a n s , e s t mont é e e n 1’10”64, près de deux se­condes plus vite que le meilleur chro­no fé­mi­nin jusque-là.

« Je fais pas mal de 10 km. J’ai eu en­vie de tes­ter le truc… et je dois re­con­naître que c’est quand même très in­tense ! » avouait Ju­lien, Bre­ton de 27 ans, à l’is­sue de sa pre­mière ex­pé­rience sur cette course unique. Même sur­prise chez Fran­çoise, 61 ans, qui vou­lait « se mettre en jambes » avant un trail ce di­manche…

« Je dois re­con­naître que c’est quand même très in­tense ! »

Pen­march (Fi­nis­tère). Le phare d’Eckmühl.

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