En pleine lu­mière

TÉ­LÉ­VI­SION. Va­nes­sa Burg­graf a fait ses dé­buts de chro­ni­queuse dans « On n’est pas cou­ché » hier soir.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Va­nes­sa Burg­graf RA­PHAËL PORIER

ELLE A EN­TA­MÉ une nou­velle vie. Mé­dia­tique, très mé­dia­tique. Va­nes­sa Burg­graf le re­con­naît. Alors ce n’est pas lui faire in­jure d’af­fir­mer que la nou­velle po­lé­miste d’« On n’est pas cou­ché », qui a fait ses dé­buts hier soir sur France 2 et of­fi­cie­ra cette sai­son au cô­té de Yann Moix, à la place de Léa Sa­la­mé, était jus­que­là plus connue à l’ex­té­rieur de nos fron­tières. La faute à quinze an­nées pas­sées à écu­mer les pla­teaux de France 24 et TV5 Monde, chaînes des­ti­nées aux fran­co­phones vi­vant en de­hors de la mé­tro­pole. « C’est un vrai dé­fi pour moi, per­sonne ne me connaît et je veux être à la hau­teur de la confiance que me té­moigne Laurent Ru­quier », re­ven­dique la jour­na­liste de 44 ans en dé­brie­fant sa pre­mière per­for­mance dans le talk-show de France 2, en­re­gis­tré jeu­di soir et re­dif­fu­sé au­jourd’hui à 14 h 15. « Cette émis­sion est une ma­chine qui va très très vite, un sa­cré exer­cice ! Il faut ré­agir du tac au tac en im­pro­vi­sant, ce qui pro­voque une grande dose de stress. Il va me fal­loir quelques j ours pour m’en re­mettre. »

Im­pos­sible pour elle de mas­quer à l’an­tenne la ten­sion qui l’a étreinte dans les pre­mières mi­nutes. Jus­qu’à l’ap­pa­ri­tion de Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet, pre­mière in­vi­tée po­li­tique de la sai­son. Un do­maine que l’Al­sa­cienne connaît sur le bout des doigts et qui ex­plique son re­cru­te­ment.

La nou­velle ar­ri­vante est d’abord étouf­fée par Yann Moix, qui mo­no­po­lise la pa­role pen­dant de longues mi­nutes en as­sé­nant à la seule femme can­di­date à la pri­maire des Ré­pu­bli­cains tout le mal qu’il pense de sa po­si­tion an­ti bur­ki­ni. Va­nes­sa Burg­graf en pro­fite pour re­lire ses notes et af­fi­ner son angle d’at­taque. Le face-àface entre les deux femmes se­ra aus­si ten­du que poin­tu. On sou­ligne sa pug­na­ci­té, elle rou­git avec fier­té : « Ma marque de fa­brique, c’est d’être très fac­tuelle. Je n’aime pas quand je sens face à moi un dis­cours tout pré­pa­ré qui tente d’échap­per à la ques­tion po­sée. Je ne lâche pas. » Un dé­bat s’ap­pa­rente se­lon elle à un duel dans un film de Ser­gio Leone : « Le po­li­tique vous teste aus­si, il faut l’em­por- ter dès les pre­mières mi­nutes. Si vous dé­cro­chez du re­gard, c’est fi­ni. » Sa com­plé­men­ta­ri­té avec Moix le « libre pen­seur », comme elle le dé­fi­nit, pro­met de belles sé­quences.

La veille de l’en­re­gis­tre­ment, Léa Sa­la­mé lui a adres­sé un amical tex­to de sou­tien. « Reste toi-même, ne t’in­vente sur­tout pas un per­son­nage », lui re­com­mande celle qui l’a pré­cé­dée. Va­nes­sa Burg­graf est for­cé­ment moins à l ’ aise dans l a cri­tique d’oeuvres cultu­relles. « Pour moi, c’est l’exer­cice le plus dif­fi­cile, re­con­naît-elle. Je n’ose pas en­core trop y al­ler, il faut d’abord que je prenne mes marques. Même si l’im­por­tant, se­lon moi, c’est de réus­sir l’in­ter­view po­li­tique. »

Dans une autre vie, Va­nes­sa Burg­graf était dé­jà pas­sée par France 2. Jeune sta­giaire, elle dé­bute comme as­sis­tante de Ca­the­rine Cey­lac dans son ma­ga­zine « Thé ou ca­fé ». Au bout de trois ans, sa carte de presse en poche, elle part pour Londres et l’an­tenne fran­co­phone de la chaîne éco­no­mique Bloom­berg TV. Un pre­mier CDI qu’elle fi­nit par quit­ter pour re­ve­nir en France, s ur TV5 Monde, afin de pré­sen­ter les jour­naux de la chaîne. « A l’époque, je lui ai dit qu’elle se­rait l’une des jour­na­listes les plus brillantes de sa gé­né­ra­tion et je n’ai pas chan­gé d’avis, confie son an­cienne di­ri­geante à TV5 Ma­rie-Ch­ris­tine Sa­ra­gosse. C’est une bos­seuse. Elle ne croit ja­mais que ce se­ra fa­cile pour elle. C’est une femme cou­ra­geuse qui a sur­mon­té avec une grande force cer­tains mo­ments très durs dans sa vie. Comme elle res­semble à un ange, les gens n’en re­viennent pas quand elle sort sa mi­traillette et n’hé­site pas à po­ser la ques­tion qui tue. »

Ar­rive en­suite France 24, où elle res­te­ra dix ans : « Je vou­lais vrai­ment par­ti­ci­per à la créa­tion d’une chaîne, et me cen­trer sur le brea­king news, l’ac­tua­li­té chaude. » Elle cou­vri­ra no­tam­ment les ré­vo­lu­tions arabes de­puis Le Caire, l’un de ses meilleurs sou­ve­nirs. De­puis cinq ans, elle y ani­mait en plus des JT une émis­sion de dé­bat, dans la­quelle sa maî­trise fai­sait mer­veille. Jus­qu’à ta­per dans l’oeil de Laurent Ru­quier, zap­peur com­pul­sif en va­cances à l’étran­ger. L’ani­ma­teur confie alors son ad­mi­ra­tion sur les ré­seaux so­ciaux. « J’étais à Rome pour le JT et je re­çois un SMS de Léa Sa­la­mé qui me dit Re­garde le tweet de Ru­quier, c’est la gloire ! J’ai ré­pon­du une ba­na­li­té, et puis c’en est res­té là. » Jus­qu’à l’an­nonce, en avril, du dé­part de son amie Léa Sa­la­mé. Quelques jours après, la pro­po­si­tion tombe. Elle ne met pas long­temps à se lais­ser convaincre. « J’avais la sen­sa­tion d’être ar­ri­vée au bout sur France 24. »

« Il faut l’em­por­ter dès les pre­mières mi­nutes. Si vous dé­cro­chez du re­gard, c’est fi­ni » « Quand je suis ré­su­mée dans la presse à une ma­man de 44 ans avec deux filles, je trouve ça ré­duc­teur »

De­puis l’an­nonce de son ar­ri­vée sur France 2, on veut en sa­voir plus sur cette qua­si-in­con­nue. « J’ai une vie tout ce qu’il y a de plus nor­male et j’ai en­vie de bien faire mon bou­lot sans être pa­ra­si­tée par des his­toires de vie per­son­nelle. Quand je suis ré­su­mée dans la presse à une ma­man de 44 ans avec deux filles, je trouve ça ré­duc­teur. » Elle confie tout de même être née en Al­sace de pa­rents au­to­di­dactes, sans en dire plus, et avoir un frère et une soeur. Et ex­plique sa vo­ca­tion par les en­cou­ra­ge­ments de son pa­pa, qui a « tou­jours pous­sé ses deux filles à bos­ser à fond pour être au­to­nomes ». Son frère a créé Big Fer­nand, une fran­chise de res­tau­rants, et sa soeur tra­vaille dans la fi­nance à Londres.

Va­nes­sa, elle, a long­temps hé­si­té entre une car­rière de pro­fes­seur — elle a fait des études de lettres — et le mé­tier de jour­na­liste. Le des­tin a tran­ché pour elle. « Mon par­cours a tou­jours été mar­qué par la chance, re­ven­dique-t-elle sans fausse mo­des­tie. Je ne connais­sais per­sonne dans le mi­lieu. Quand j’ai été prise comme sta­giaire sur France 2, c’est parce que la per­sonne qui avait été choi­sie avant moi n’a pas ob­te­nu sa con­ven­tion de stage. Un in­croyable coup de bol. »

Avant de dé­bar­quer dans la très mé­dia­tique émis­sion de Laurent Ru­quier, Va­nes­sa Burg­graf a pas­sé quinze ans sur les pla­teaux de France 24 et TV5 Monde, où elle a no­tam­ment cou­vert les ré­vo­lu­tions arabes de­puis Le Caire.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.