Et si la pri­maire tour­nait à la guerre…

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Ni­co­las Sar­ko­zy OLI­VIER BEAU­MONT

IL AU­RA SUF­FI d’un week-end pour voir la droite re­nouer avec ses vieux dé­mons de la di­vi­sion. D’Alain Jup­pé à Ni­co­las Sar­ko­zy en pas­sant par Bru­no Le Maire et Jean-Fran­çois Co­pé, les prin­ci­paux can­di­dats lan­cés dans la ba­taille de la pri­maire y sont al­lés de leur pe­tite phrase as­sas­sine, comme aux pires heures de la crise in­terne. Comme si les le­çons de la guerre fra­tri­cide entre Co­pé et Fillon pour la pré­si­dence de l’UMP en 2012 n’avaient ser­vi à rien. La le­çon ? Un par­ti di­vi­sé au point de fi­nir en lam­beaux, même au bord de l ’ i mplos i o n , d e s mi­li­tants écoeu­rés. Le tout sur fond d’af­faire Byg­ma­lion… Dire que la droite re­vient de loin est donc un eu­phé­misme.

Et pour­tant, le flo­ri­lège de va­che­ries ba­lan­cées ces der­nières qua­ran­te­huit heures prouve que le par­ti a beau avoir été re­bap­ti­sé les Ré­pu­bli­cains, les res­sorts de la haine sont tou­jours là. Jean-Fran­çois Co­pé mo­quant hier un Sar­ko­zy et un Jup­pé qui, se­lon lui, « ont fait leur temps ». Bru­no Le Maire dé­non­çant « les dis­cours bru­taux » de l’an­cien chef de l’Etat et « l’im­mo­bi­li­té heu­reuse » du maire de Bor­deaux. La palme re­ve­nant sans conteste à Fran­çois Fillon, hier, dans la Sarthe (lire plus haut), dé­gai­nant l’arme des af­faires ju­di­ciaires contre Sar­ko­zy.

Même le tem­pé­ré Alain Jup­pé, om­ni­pré­sent ce week-end, s’est fait plai­sir : « Je re­fu­se­rai tou­jours d’ins­tru­men­ta­li­ser les peurs, de flat­ter les bas ins­tincts », a-t-il ta­clé sa­me­di à Cha­tou (Yve­lines), pré­fé­rant « ras­sem­bler que d’ex­ci­ter les sur­en­chères ». Al­lu­sion aux pro­po­si­tions chocs de son prin­ci­pal concur­rent. Dans une in­ter­view au jour­nal « le Fi­ga­ro » le mat i n même, il avait don­né le ton en di­sant que la sus­pen­sion du re­grou­pe­ment fa­mi­lial, pro­po­sée par Ni­co­las Sar­ko­zy, n’était « pas une at­ti­tude hu­maine ».

Des at­taques aux­quelles l’an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique n’a pas man­qué de ré­pondre de­puis Le Tou­quet où il te­nait mee­ting : « J’ai pro­po­sé, ap­pa­rem­ment ça a cho­qué quelques oreilles sen­sibles, de sus­pendre le re­grou­pe­ment fa­mi­lial. C’est cu­rieux, ça choque quand je le dis, mais quand Mme Mer­kel le fait à l’en­droit des ré­fu­giés sy­riens, per­sonne ne le dit », a-t-il feint de s’éton­ner, tout en rap­pe­lant sa dif­fé­rence sur l’iden­ti­té na­tio­nale : « Cer­tains la voient heu­reuse. D’autres comme moi la voient avec un re­gard plus réa­liste… »

Pour le sar­ko­zyste Eric Ciot­ti, la to­na­li­té of­fen­sive de cette ren­trée ne s erait pour­tant pas un pro­blème : « Au moins, ça cla­ri­fie les choses sur les lignes des uns et des autres. C’est même plu­tôt sain pour le dé­bat d’avoir des concur­rents qui af­fichent leurs dif­fé­rences. »

Il n’em­pêche, per­sonne à droite n’a en­vie de re­plon­ger dans les heures sombres de la di­vi­sion, sy­no­nyme de risque mor­ti­fère pour ce­lui qui émer­ge­ra à l’is­sue du scru­tin. Ni­co­las Sar­ko­zy y a fait al­lu­sion sa­me­di, en ci­tant le trau­ma­tisme de la guerre entre Co­pé et Fillon : « Pré­ser­ver l’uni­té de la fa­mille, ce n’est pas une op­tion, mais une ab­so­lue né­ces­si­té. La ques­tion de la pri­maire, c’est qu’elle ne dé­rive pas dans des que­relles de per­sonnes. Ceux qui di­vi­se­ront se­ront ban­nis. »

A cha­cun de mon­trer l’exemple, lui com­pris.

« Pré­ser­ver l’uni­té de la fa­mille, ce n’est pas une op­tion, mais une ab­so­lue né­ces­si­té. »

@oli­vier­beau­mont

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