A qui le la­bel an­ti-Hol­lande ?

PS. Les deux an­ciens mi­nistres, et an­ciens al­liés, sont au­jourd’hui ri­vaux pour in­car­ner l’al­ter­na­tive à gauche à la pré­si­den­tielle. Mais jus­qu’à quand ?

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - PAULINE THÉVENIAUD

24 AOÛT 2014. Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon s’égayent en bras de che­mise à la Fête de la rose de Fran­gy-en-Bresse (Saône-et-Loire), réunis dans une même cri­tique de la po­li­tique éco­no­mique de Fran­çois Hol­lande. Et réunis dès le len­de­main, dans leur sor­tie du gouvernement Valls. Deux ans ont pas­sé. Un monde. Les an­ciens com­pères se livrent dé­sor­mais un duel à dis­tance, en vue de la pré­si­den­tielle de 2017 à la­quelle ils sont tous deux can­di­dats.

« Ce n’est pas parce qu’on a les mêmes désac­cords que l’on a les mêmes so­lu­tions », ré­fute Ha­mon, qui a lan­cé sa cam­pagne à Saint-De­nis (Seine-Saint-De­nis), ce week-end. Une ré­plique mil­li­mé­trée, une se­maine tout juste après la to­ni­truante dé­cla­ra­tion de can­di­da­ture de son ri­val, à Fran­gy-en-Bresse (Saône-etLoire). « Mon­te­bourg, c’est le Che­vè­ne­ment du mo­ment. Ce n’est pas la même ligne que Ha­mon », confirme un dé­pu­té… pro-Valls. Ha­mon af­fiche ain­si une moue scep­tique à l’évo­ca­tion du « ser­vice na­tio­nal, ci­vil et mi­li­taire » pro­po­sé par Mon­te­bourg. Le dé­pu­té des Yve­lines af­firme aus­si se dé­mar­quer sur les ques­tions éco­no­miques : « Plu­tôt que de voir une énième ré­forme fis­cale, un énième cré­dit d’im­pôt, je pré­fère pro­po­ser une éco­no­mie al­truiste, un mo­dèle de dé­ve­lop­pe­ment sobre. »

Le camp Mon­te­bourg met, lui, en avant ses pro­po­si­tions sur la VIe Ré­pu­blique, la sup­pres­sion de l’ar­ticle 49-3, le made in France, sur les ques­tions ré­ga­liennes… « Tout ça, vous ne le re­trou­ve­rez pas dans le pro­gramme de Be­noît Ha­mon ! » avance-t-on.

En cou­lisses, l es pro­pos sont moins amènes. « Be­noît Ha­mon a le droit d’être can­di­dat. Mais on parle quand même de dé­fier le pré­sident sor­tant… » ré­pète-t-on chez Mon­te­bourg. Sous-en­ten­du : le dé­pu­té des Yve­lines n’au­rait pas l’en­ver­gure. Et sa can­di­da­ture ne se­rait qu’un tour de piste pour pré­pa­rer l’après-2017. Tan­dis que se­lon un son­dage se­cret in­terne au PS, Mon­te­bourg se­rait lui à même de battre Hol­lande.

Fi­ni­ront-ils par se re­trou­ver ? Pas sûr…

Ha­mon, lui, ne se prive pas d’as­su­rer qu’il dis­pose de re­lais par­le­men­taires et mi­li­tants plus im­por­tants que son concur­rent… Quand ce n’est pas son en­tou­rage qui égra­tigne le manque de li­si­bi­li­té de la stra­té­gie de son ri­val. « Mon­te­bourg, la seule chose qu’il veut, c’est flin­guer la pri­maire », grin­çait-on ce week-end à l’Usine, res­tau­rant où Ha­mon réunis­sait ses troupes.

Fi­ni­ront-ils par se re­trou­ver ? Pas sûr… « Ce n’est pas une phase où on fait af­faires. Mais le mo­ment ve­nu, ce se­rait bien que l’on converge si l’on ne veut pas que la pri­maire tourne à un exer­cice ri­di­cule », ad­met un proche de Mon­te­bourg. Le chef de file des fron­deurs, Ch­ris­tian Paul, tra­vaille ac­ti­ve­ment à la cons­ti­tu­tion d’une can­di­da­ture unique. D’au­tant que deux autres can­di­dats de l’aile gauche, Ma­rie-Noëlle Lie­ne­mann et Gé­rard Fi­loche sont aus­si sur la ligne de dé­part…

Un af­flux de can­di­da­tures qui a ins­pi­ré ce sé­vère com­men­taire à Henri Em­ma­nuel­li, fi­gure his­to­rique de l’aile gauche du PS : « Cer­tains confondent dis­pu­ter le lea­der­ship de la gauche au sein du PS et conqué­rir la pré­si­dence de la Ré­pu­blique. » @Pau­li­ne_Th

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