Qui sont les « in­sou­mis » de Mé­len­chon

GAUCHE. Ils sont ve­nus au grand pique-nique du can­di­dat à la pré­si­den­tielle pour dire non à Hol­lande et en fi­nir avec la Ve Ré­pu­blique. Choses vues et en­ten­dues…

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Tou­louse (Haute-Ga­ronne) De notre en­voyée spé­ciale MAR­TINE CHE­VA­LET

JAR­DIN DE L’OB­SER­VA­TOIRE, point culmi­nant de Tou­louse. C’est de là que Jean-Luc Mé­len­chon a don­né ren­dez-vous hier à ses sym­pa­thi­sants pour… le 18 mars, place de la Bas­tille à Pa­ris. His­toire d’an­crer l’idée qu’en­vers et contre tout il se­ra can­di­dat à la pré­si­den­tielle jus­qu’au bout. En dé­pit, a-t-il dé­non­cé hier, du « ver­rouillage » par les ap­pa­reils PS et PC des par­rai­nages. Il n’en a que 200 (sur 500 né­ces­saires) et a ap­pe­lé à la gé­né­ro­si­té pu­blique pour se pas­ser des banques. « De l’argent, on va en trou­ver et ce se­ra le nôtre. Nous se­rons libres », a-t-il pro­cla­mé.

Un pe­tit air co­car­dier

Au pied de la scène, il y a un bon mil­lier de per­sonnes. Ve­nus avec leur gla­cière, leurs sand­wichs et leurs cou­ver­tures éten­dues sur l’herbe, ils écoutent les conseils de Mé­len­chon pour consom­mer au­tre­ment, ré­duire « les pro­téines car­nées qui en­gendrent les cau­che­mar­desques fermes des 1 000 vaches » et se de­man­der com­bien de temps en­core il fau­dra aux pro­duc­teurs lai­tiers et aux agri­cul­teurs « pour se dé­bar­ras­ser de la FNSEA ». Pa­piers cré­pons tri­co­lores sus­pen­dus aux branches, modes d’em­ploi de l’in­sou­mis­sion à dis­cré­tion : il flotte sur le pique-nique du can­di­dat de la France in­sou­mise un pe­tit air co­car­dier que Mé­len­chon, grand pour­fen­deur des trai­tés eu­ro­péens qui « nous as­su­jet­tissent aux Etats-Unis et à l’Otan », as­sume : « J’in­carne le nou­vel in­dé­pen­dan­tisme fran­çais. » Far­fouillant dans le car­ton d’au­to­col­lants en libre-ser­vice, Frédéric, Va­len­tin et d’autres in­sou­mis ve­nus de Bourges at­tendent le dis­cours et veulent prendre le pouls de la dy­na­mique : « Chez nous, on ne va même pas cher­cher les gens. Ils viennent vers nous. Dans les facs, ça se mo­bi­lise beau­coup aus­si », as­sure Va­len­tin, étu­diant. Frédéric, 56 ans, en­sei­gnant, at­tend une cla­ri­fi­ca­tion de la part des com­mu­nistes : « Ils font du­rer le plai­sir avant de nous sou­te­nir. Tant pis, on avance quand même, mais c’est dom­mage. »

Tous piaffent de se lan­cer dans le vif de la cam­pagne : « Le but n’est pas de ta­per sur Hol­lande pour ta­per. C’est un re­jet du bi­par­tisme et les in­suf­fi­sances de la Ve Ré­pu­blique qui nous poussent. Nous ne sommes pas dans la contes­ta­tion sté­rile mais dans la construc­tion de l’ave­nir. »

En­tendre quel­qu’un « qui va nous par­ler d’autre chose que de bur­ki­ni », c’est ce qu’at­tendent Sonia et Oli­vier, jeunes Tou­lou­sains de sen­si­bi­li­té éco­lo. Ils ont vo­té Hol­lande au se­cond tour en 2012 : « On ne re­com­men­ce­ra plus. » Pour eux comme pour beau­coup d’autres tren­te­naires un peu bo­bo at­ten­tifs au dis­cours, Mé­len­chon est le pro­duit po­li­tique de gauche à suivre en 2017.

Tou­louse (Haute-Ga­ronne), hier. Un mil­lier de per­sonnes avaient pris place au­tour de la scène cir­cu­laire pour écou­ter Jean-Luc Mé­len­chon.

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