Les so­cia­listes lancent leur cam­pagne… sans can­di­dat

PS. Le mee­ting de ren­trée de la ma­jo­ri­té, à Co­lo­miers, a réuni hier les fi­dèles du pré­sident. L’oc­ca­sion pour Ma­nuel Valls et les autres d’étriller leur ad­ver­saire fa­vo­ri : Ni­co­las Sar­ko­zy.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Co­lo­miers (Haute-Ga­ronne) De nos en­voyées spé­ciales Un mi­nistre (AFP/Pas­cal Pa­va­ni.) AVA DJAMSHIDI ET PAU­LINE THÉVENIAUD

DES DI­ZAINES de ca­mions de CRS. Un par­king dé­sert en forme de sas de sé­cu­ri­té. Le hall Com­minges de Co­lo­miers (Haute-Ga­ronne) a des al­lures de bun­ker. Mal­gré un im­por­tant dis­po­si­tif de po­lice (te­nus à dis­tance, 400 mi­li­tants de la CGT ont tout de même ma­ni­fes­té de­vant la mai­rie), les fi­dèles du chef de l’Etat sont en terre amie, dans la pre­mière ville so­cia­liste du dé­par­te­ment. C’est là, à 425 km de La Ro­chelle, his­to­rique ren­dez-vous de ren­trée du PS, qu’ils ont or­ga­ni­sé hier un ras­sem­ble­ment de sou­tien à l’ac­tion du chef de l’Etat. Un mee­ting comme une dé­mons­tra­tion de force, en pré­sence d’un Ma­nuel Valls of­fen­sif, de treize mi­nistres et des poids lourds de la ma­jo­ri­té alors qu’à huit mois de la pré­si­den­tielle, les can­di­dats se bous­culent à la gauche de la gauche sous l’air du « tous sauf Hol­lande ».

Une ren­trée au par­fum de cam­pagne donc, même si ces hol­lan­dais n’ont pas of­fi­ciel­le­ment de can­di­dat : le pré­sident ne de­vrait dé­voi­ler ses in­ten­tions qu’en dé­cembre. Mais il n’est pas in­ter­dit de prendre les de­vants… « Il est temps de nous or­ga­ni­ser », es­time Di­dier Guillaume, un proche du pré­sident. « C’est re­boos­tant ! » s’en­thou­siasme le mi­nistre de la Ville, Pa­trick Kan­ner, convain­cu qu’à gauche, Fran­çois Hol­lande est le seul à même d’at­teindre le se­cond tour de la pré­si­den­tielle. Pour Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis, pa­tron du PS, sa can­di­da­ture coule de source : « Je ne vois pas com­ment il peut dire : c’est sym­pa­thique, mais moi j’ai pis­cine. Son re­trait, c’est l’émiet­te­ment de la gauche », pré­dit-il même.

Alors tant pis s’ils n’ont pas (en­core) de can­di­dat, les hol­lan­dais lui pré­parent le ter­rain, dé­cochent des flèches à leurs ad­ver­saires. Et même leur ad­ver­saire : Ni­co­las Sar­ko­zy, can­di­dat « évident » des Ré­pu­bli­cains, fait of­fice d’épou­van­tail fa­vo­ri, fi­gure idéale pour es­pé­rer mo­bi­li­ser les troupes à gauche. « Une me­nace consi­dé­rable », a co­gné le Pre­mier mi­nistre, l’ac­cu­sant d’« im­po­ser à toute la droite son agen­da, ses thèmes et sa dé­rive ». Et de prendre « une res­pon­sa­bi­li­té ter­rible en don­nant corps à ce bloc ré­ac­tion­naire ». « Je me fé­li­cite que la droite se droi­tise, voire s’ex­trême-droi­tise », avance un mi­nistre, non sans cy­nisme.

Quel est le pro­gramme de ces so­cia­listes en cam­pagne ? « La Ré­pu­blique », ré­pètent-ils, mise en dan­ger par les dji­ha­distes, mais aus­si par les po­pu­lismes qui poussent dans leur sillage, tant chez les Ré­pu­bli­cains qu’au Front na­tio­nal. Leur stra­té­gie : se po­ser en ga­rant de la sta­bi­li­té du pays… et dé­fendre ar­dem­ment le bi­lan de leur cham­pion. « Nous de­vons être fiers de ce que nous fai­sons », mar­tèle Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem, mi­nistre de l’Edu­ca­tion. « Les so­lu­tions, justes, ef­fi­caces, mo­dernes, c’est la gauche qui les a mises en place. Et je les re­ven­dique comme mi­nistre de l’In­té­rieur et comme Pre­mier mi­nistre », dé­fend Ma­nuel Valls, se po­sant en chantre de cet ap­pel à la mo­bi­li­sa­tion tout en fi­dé­li­té à l’égard du chef de l’Etat. Ce qui n’in­ter­dit pas le chef du gou­ver­ne­ment de s’af­fir­mer « loyal » mais « libre », et d’en­fon­cer le clou sur la laï­ci­té. « Ma­rianne, le sym­bole de la Ré­pu­blique, elle est sein nu parce qu’elle nour­rit le peuple, elle n’est pas voi­lée parce qu’elle est libre ! » ose le Pre­mier mi­nistre, mar­quant une fois de plus sa dif­fé­rence. « La loyau­té n’em­pêche pas une am­bi­tion per­son­nelle », re­lève un mi­nistre. Sait-on ja­mais…

« Je me fé­li­cite que la droite se droi­tise, voire s’ex­trême-droi­tise »

@AvaD­jam­shi­di, @Pau­li­ne_Th

Le pre­mier Mi­nistre, Ma­nuel Valls, cible Ni­co­las Sar­ko­zy : « une me­nace consi­dé­rable », qui prend « une res­pon­sa­bi­li­té ter­rible en don­nant corps à ce bloc ré­ac­tion­naire ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.