Le sou­la­ge­ment des sup­por­teurs

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant Ch­ris­tian Ca­tal­do, chef de file des Dod­ger’s. CLÉ­MENT CHAILLOU

Alors que Mar­ga­ri­ta Louis-Drey­fus et Frank McCourt quittent le bâ­ti­ment sous les re­gards cu­rieux de quelques fans, un scoo­ter bleu passe à vive al­lure de­vant l’hô­tel de ville, dans un sens, puis dans l’autre, klaxonne et rek­laxonne. Il est un peu plus de 16 heures et, sous les casques, Ab­del et To­ny, 16 et 17 ans, cé­lèbrent l’an­nonce de la vente de l’OM comme une pré­sen­ta­tion de tro­phée. « On au­rait même dû ap­por­ter des fu­mi­gènes, plai­sante le pre­mier, ve­nu de Noailles. Un nou­veau boss, MLD qui s’en va, c’est la pre­mière bonne nou­velle de­puis des mois. » Très sol­li­ci­té, le lé­gen­daire Re­né Mal­le­ville est aux anges : « On at­ten­dait ça de­puis trop long­temps pour faire la fine bouche, es­time le fi­dèle abon­né. McCourt, il y a deux heures, je n’avais ja­mais en­ten­du son nom, mais son dis­cours me plaît. Il veut nous re­don­ner notre fier­té. Je suis per­sua­dé que les sup­por­teurs vont ré­in­té­grer le stade. La fer­veur était juste en­dor­mie, elle va se ré­veiller. » Sa­tis­faits, les pré­si­dents de groupes, après avoir ap­pe­lé au dé­part de MLD pen­dant des mois, le sont éga­le­ment. Mais ils de­mandent à voir. « Dé­jà, le fait qu’il (NDLR : McCourt) ait été pro­prié­taire des Dod­gers (NDLR : une fran­chise de ba­se­ball à Los An­geles), c’est ma­gni­fique, s’amuse Ch­ris­tian Ca­tal­do, chef de file des… Dod­ger’s. Main­te­nant, j’es­père que Mar­ga­ri­ta a mi­sé sur le bon che­val. On sait qu’on a presque per­du une sai­son, qu’il fau­dra at­tendre le pro­chain mer­ca­to. J’ai­me­rais connaître son pro­jet. Quel en­traî­neur veut-il mettre ? Quel di­rec­teur spor­tif ? Quel style de joueurs ? » Pour le mo­ment, McCourt vient d’ar­ri­ver. « Il y a du concret, c’est dé­jà ça, sou­ligne Mi­chel To­ni­ni, le pa­tron des Yan­kee. Ce qui est im­por­tant, c’est qu’il y ait un dis­cours am­bi­tieux, que l’OM re­de­vienne un club qui joue le titre chaque an­née et qui ait en tête la Ligue des cham­pions. » L’homme du vi­rage nord es­time qu’une telle an­nonce, juste avant la fin de la cam­pagne d’abon­ne­ment, « peut don­ner un pe­tit coup de boost ». « Mais ce n’est pas en deux jours qu’on ré­cu­père 30 000 abon­nés en moins », rap­pelle-t-il. Elle per­met­tra à un homme, au moins, de re­trou­ver un brin de sé­ré­ni­té : Ben­gous, le plus ex­ci­té des sup­por­teurs mar­seillais. « Je pen­sais que Gé­rard Lo­pez était fa­vo­ri, MLD a dû dé­ri­ver, re­con­naît l’hu­mo­riste. Elle a mis cent ans à vendre ce club, c’est ter­rible. Rien ne bou­geait, on était obli­gés de vivre dans le pas­sé, de se rap­pe­ler de Biel­sa. Je ne vais pas dire que ce nou­veau mec, il me ré­gale, je ne le connais pas. Mais es­pé­rons qu’il mon­tre­ra ce qu’est le vrai OM. Il a tout in­té­rêt, si­non je pro­mets qu’il ne va pas fer­mer l’oeil. Moi, en tout cas, je vais un peu mieux dor­mir. »

« J’es­père que Mar­ga­ri­ta a mi­sé sur le bon che­val »

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