Et main­te­nant,

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. Em­ma­nuel Ma­cron a pris tout le monde de court hier en dé­mis­sion­nant. Son ob­jec­tif : s’ins­tal­ler en 2017 dans le fau­teuil de Fran­çois Hol­lande.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - AVA DJAMSHIDI ET PAU­LINE THÉVENIAUD

« LA CRÉA­TURE a échap­pé à son maître », lance une source au som­met de l’Etat, dé­pi­tée. Hier, Em­ma­nuel Ma­cron a fi­ni par quit­ter le gou­ver­ne­ment pour prendre son en­vol. « J’ai tou­ché les li­mites de notre sys­tème politique », a jus­ti­fié l’an­cien chou­chou du chef de l’Etat. Ces der­niers mois, Fran­çois Hol­lande l’au­ra re­ca­dré à de nom­breuses re­prises, aga­cé par les échap­pées so­li­taires du pé­tu­lant jeune homme, qui a fon­dé en avril son mou­ve­ment politique, En marche !, alors même qu’il était en­core mi­nistre. Une si­tua­tion in­ex­tri­cable, source de ten­sions au sein du gou­ver­ne­ment, et qui a pris fin hier avec la lettre de dé­mis­sion du prin­ci­pal in­té­res­sé. « Fran­çois Hol­lande l’avait nom­mé avec l’idée qu’il fi­nisse le quin­quen­nat », sou­pire un proche du pré­sident.

A 38 ans, l’ex-ban­quier d’af­faires qui fut bom­bar­dé à Ber­cy par la grâce du couple exé­cu­tif en août 2014, après avoir été se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l’Elysée, n’est pas en­core of­fi­ciel­le­ment can­di­dat à la pré­si­den­tielle, mais c’est tout comme. « Notre vie politique doit être re­com­po­sée au­jourd’hui. C’est la meilleure ma­nière d’être utile à mon pays », s’est ain­si en­flam­mé l’ex-mi­nistre de l’Eco­no­mie, hier soir sur TF 1.

Sa course à l’Elysée s’an­nonce pa­vée d’obs­tacles. A com­men­cer par la dé­fiance de la fa­mille politique pour la­quelle il a tra­vaillé pen­dant quatre ans, bien qu’il n’ait pas sa carte au Par­ti so­cia­liste. « Em­ma- nuel, il a quoi comme rampe de lan­ce­ment ? Sa belle gueule ? Sa brillance ? » l’égra­tigne un mi­nistre. L’ex-lo­ca­taire de Ber­cy ne de­vrait le­ver le voile sur sa can­di­da­ture qu’en oc­tobre, voire en no­vembre. Il se donne un mois pour voir si « ça prend ». Un mi­nistre, fi­dèle au chef de l’Etat, donne le ton : « Je m’op­po­se­rai à tout ce qui pour­ra mettre en dif­fi­cul­té la can­di­da­ture de Fran­çois Hol­lande et sa ré­élec­tion. »

Ce­lui qui n’a ja­mais été élu trou­ve­ra éga­le­ment sur sa route l’ap­pa­reil so­cia­liste. « Il s’agit d’em­pê­cher le pré­sident de la Ré­pu­blique de se re­pré­sen­ter », a ton­né hier JeanCh­ris­tophe Cam­ba­dé­lis. Avant même sa dé­mis­sion, le pre­mier se­cré­taire du PS met­tait dé­jà Ma­cron en garde : les dé­pu­tés PS qui le sou­tien­dront se­ront ex­clus. Idem pour les élus qui s’aven­tu­re­ront à lui ac­cor­der leur par­rai­nage pour la pré­si­den­tielle.

De quels moyens dis­pose Ma­cron pour af­fron­ter ces fourches cau­dines ? De sa toute jeune struct ure En marche ! , qui compte 60 000 adhé­rents. « Ce ne sont que des sup­por­teurs qui viennent de dé­cou­vrir le porte-à-porte », per­sifle un mi­nistre, qui sou­ligne aus­si son ab­sence « d’an­crage ter­ri­to­rial ». Pour me­ner cam­pagne, Ma­cron de­vra aus­si trou­ver des fi­nan­ce­ments. Et s’il y par­vient, la concur­rence ne manque pas. Trois an­ciens mi­nistres de Hol­lande — Ar­naud Mon­te­bourg, Be­noît Ha­mon et Cé­cile Du­flot — sont dé­jà sur les rangs. Com­men­taire, grin­çant, d’un conseiller du pou­voir : « Le me­lon, c’est le fruit de sai­son. »

Ses sou­tiens et les élus qui lui ac­cor­de­ront leur par­rai­nage pour la pré­si­den­tielle se­ront ex­clus

@AvaD­jam­shi­di @Pau­li­ne_Th

Jean-Chris­tophe La­garde.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.