Plein le dos, des ar­rêts ma­la­die

SAN­TÉ. Par­mi les ac­tions pré­vues par l’As­su­rance ma­la­die en 2017 fi­gure un pro­gramme ci­blant les lom­bal­gies, dont souffrent 50 % des Fran­çais. Ob­jec­tif, ré­duire les ar­rêts de tra­vail et évi­ter le mal de dos ch­ro­nique.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - DA­NIEL ROSENWEG

EN 2017, la Caisse na­tio­nale d’as­su­rance ma­la­die (Cnam) pré­voit d’éco­no­mi­ser 1,4 Md€ pour res­pec­ter l’ob­jec­tif d’évo­lu­tion des dé­penses de san­té, qui ne doivent pas aug­men­ter de plus de 1,75 % : 700 M€ d’éco­no­mies s ont a i nsi a t t e ndus d’ un meilleur usage des soins, dont 100 M€ ciblent les ar­rêts de tra­vail. Cet ob­jec­tif n’est pas que comp­table.

S’agis­sant des lom­bal­gies, ce mal du bas du dos qui touche chaque an­née un Fran­çais sur deux, c’est avant tout un nou­vel en­jeu de san­té pu­blique. Se­lon l’As­su­rance ma­la­die, les ré­ponses mé­di­cales ain­si que les at­tentes des pa­tients ne sont plus en adé­qua­tion avec les avan­cées de la science, qui re­com­mande non pas de s’ar­rê­ter mais de res­ter ac­tif le plus long­temps pos­sible.

Une pa­tho­lo­gie coû­teuse

Si beau­coup de Fran­çais com­posent avec leur mal de dos, un cas de lom­bal­gie sur cinq donne lieu à un ar­rêt de tra­vail. Et chaque an­née, 6 700 Fran­çais sont ar­rê­tés plus de six mois parce que leur lom­bal­gie s’est du­ra­ble­ment ins­tal­lée. Ces ar­rêts longs coûtent par­ti­cu­liè­re­ment cher à la Sé­cu puis­qu’ils re­pré­sentent 24 % du to­tal des in­dem­ni­tés jour­na­lières ver­sées chaque an­née, soit 3 Mds€. « L’en­jeu est d’évi­ter aux pa­tients que les lom­bal­gies ne de­vien- nent chro­niques », ex­plique Do­mi­nique Pol­ton, di­rec­trice de la stra­té­gie, des études et des sta­tis­tiques de la Caisse na­tio­nale d’as­su­rance ma­la­die des tra­vailleurs sa­la­riés (Cnamts).

Un livre du dos

Pour pré­ve­nir cette chro­ni­ci­sa­tion des lom­bal­gies, l’As­su­rance ma­la­die va lan­cer une cam­pagne au­près des mé­de­cins et pa­tients. His­toire de bri- ser cer­taines idées re­çues. Une étude an­glaise qui fait ré­fé­rence, « le Livre du dos », syn­thé­ti­sée, pour­ra être dis­tri­buée au pa­tient par le mé­de­cin.

Trop de ra­dios

Se­lon des pro­jec­tions de la Sé­cu, en 2013, pas moins de 2,6 mil­lions de per­sonnes ont su­bi une ra­dio du dos que l’on peut clai­re­ment as­so­cier à des lom­bal­gies. C’est sans doute trop car, sou­ligne la Cnam, « ces actes d’ima­ge­rie ne sont pas re­com­man­dés en gé­né­ral au stade ai­gu ».

Un faible re­cours au spé­cia­liste

Entre un et trois mois d’ar­rêt ma­la­die, seuls 15 % des pa­tients ont vu un rhu­ma­to­logue. « Le re­cours au spé­cia­liste est sou­vent tar­dif », note l’As­su­rance ma­la­die. Ce qui fa­vo­rise la chro­ni­ci­sa­tion.

Re­cours à la ki­né trop pré­coce

Au cours des quatre pre­mières se­maines de leur ar­rêt, 37 % des pa­tients ont eu re­cours à la ki­né­si­thé­ra­pie. « Avant la ki­né, il faut diag­nos­ti­quer, in­siste un mé­de­cin-conseil de l’As­su­rance ma­la­die. Et sou­vent la lom­bal­gie dis­pa­raît en quatre se­maines. »

Pour la Caisse na­tio­nale d’as­su­rance ma­la­die, le re­cours à la ki­né­si­thé­ra­pie est sou­vent trop pré­coce et sans qu’un vé­ri­table diag­nos­tic soit po­sé pour les lom­bal­gies.

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