Profs : le match pu­blic-pri­vé

ÉDUCATION. Les 855 000 en­sei­gnants re­trouvent leurs éta­blis­se­ments ce ma­tin. Du pu­blic et du pri­vé. Mais existe-t-il des dif­fé­rences entre eux ? Oui, et pas for­cé­ment celles que l’on croit.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - CH­RIS­TEL BRIGAUDEAU

de points com­muns qu’il n’y pa­raît. Dans les concours du pro­fes­so­rat du secondaire, « les épreuves sont les mêmes et les exa­mi­na­teurs ne savent même pas qui pos­tule pour quoi », ex­plique Vé­ro­nique Fol­tier, la se­cré­taire gé­né­rale du prin­ci­pal syn­di­cat des pro­fes­seurs de l’en­sei­gne­ment ca­tho­lique, le Snec-CFTC.

Tous payés par l’Etat

A la ses­sion 2016, les taux de réus­site étaient com­pa­rables dans le pri­vé (30 %) et dans le pu­blic (36 %) pour le secondaire. Dans le primaire, les pla- ces étaient plus chères dans le pri­vé (23 % d’ad­mis) que dans le pu­blic (40 %), où une hausse des créa­tions de postes a aug­men­té les chances de réus­site.

Tous payés par l’Etat, qui leur verse le même sa­laire brut (mais qui est à l’avan­tage du pu­blic en net par le jeu des co­ti­sa­tions so­ciales), ils se plient tous aus­si aux mêmes pro­grammes… et aux mêmes ré­formes pé­da­go­giques, à com­men­cer par celle du col­lège qui entre en vi­gueur.

Même s’ils doivent adhé­rer aux va­leurs de l’ins­ti­tu­tion qu’ils re­pré­sen- tent, les profs du pri­vé n’ont pas à jus­ti­fier d’une confes­sion. « J’ai des col­lègues de toutes re­li­gions », confirme Pau­line, qui tra­vaille dans un gros éta­blis­se­ment ca­tho­lique à Noi­sy-le-Sec (Seine-Saint-De­nis).

La prin­ci­pale dif­fé­rence se joue moins sur la per­sonne de l’en­sei­gnant que sur son lien avec l’éta­blis­se­ment dans le­quel il tra­vaille. Dans le pri­vé, les écoles ont leur mot à dire sur les profs qui leur sont pro­po­sés et peuvent mettre un ve­to à une can­di­da­ture. Dans le pu­blic, « c’est le jeu na­tio­nal du mou­ve­ment qui af­fecte les en­sei­gnants, les chefs d’éta­blis­se­ment n’ont rien à dire », sou­ligne Xa­vier Ma­rand, du syn­di­cat SnesFSU. Les pro­fes­seurs du pri­vé, agents de l’Etat sans être fonc­tion­naires, peuvent aus­si être plus fa­ci­le­ment ren­voyés que leurs col­lègues du pu­blic. L’idée n’ef­fraie pas Pau­line, qui « ne se voit pas faire car­rière toute une vie au même en­droit ». Adepte du chan­ge­ment, elle ne sait d’ailleurs par en­core si ses propres en­fants, le mo­ment ve­nu, « iront dans le pri­vé ou dans le pu­blic ».

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