Un po­li­cier at­ta­qué en plein com­mis­sa­riat

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - JEAN-MARC DU­COS ET JU­LIE RIMBERT (À TOU­LOUSE)

IL EST VE­NU une pre­mière fois hier en tout dé­but d’après-mi­di au com­mis­sa­riat rue du Rem­part - SaintE­tienne vers 14 h 5 au coeur de ville à Tou­louse (Haute-Ga­ronne). Puis une deuxième fois quelques mi­nutes plus tard vers 14 h 25 pour dé­po­ser une plainte concer­nant le vol de son té­lé­phone por­table.

Un pré­texte pour Ab­de­rah­mane Ama­ra, 31 ans, afin de pé­né­trer dans ce com­mis­sa­riat où il a agres­sé au cou­teau un ad­joint de sé­cu­ri­té, Va­len­tin, 21 ans, qui a eu la gorge tailla­dée, mais la vie sauve grâce à l’in­ter­ven­tion de ses col­lègues po­li­ciers. L’agres­seur, connu pour des an­té­cé­dents psy­chia­triques, a été aus­si­tôt in­ter­pel­lé. Ses mo­ti­va­tions n’étaient pas connues hier soir, mais l’hy­po­thèse ter­ro­riste a été vite écar­tée par le par­quet de Tou­louse.

Ab­de­rah­mane Ama­ra, né à Al­ger le 6 juin 1985, sor­ti d’un der­nier sé­jour en hô­pi­tal psy­chia­trique en fé­vrier der­nier, a d’abord été ac­cueilli par une ad­jointe de sé­cu­ri­té. La po­li­cière l’ayant pré­cé­dem­ment re­çu lui a ou­vert la porte sans dif­fi­cul­té, l’ayant re­con­nu alors qu’il re­ve­nait quelques mi­nutes plus tard. C’est à ce mo­ment que le jeune homme s’est at­ta­qué à Va­len­tin, un ad­joint de sé­cu­ri­té qui vé­ri­fiait le conte­nu des ba­gages d’une autre per­sonne. Le jeune po­li­cier lui tour­nant le dos, il a ten­té, sans un mot, de s’em­pa­rer de son arme res­tée blo­quée dans son étui par le cli­quet de sé­cu­ri­té. Im­pos­sible de la dé­cro­cher sans connaître la ma­ni­pu­la­tion. Voyant qu’il ne pou­vait la prendre, l’agres­seur a alors sor­ti un cou­teau et bles­sé le po­li­cier à la base du cou. Ce­lui-ci, âgé de 21 ans, a im­mé­dia­te­ment été se­cou­ru par ses col­lègues pen­dant que d’autres fonc­tion­naires maî­tri­saient le for­ce­né, non sans mal puis­qu’il a op­po­sé une forte ré­sis­tance.

Dé­jà in­ter­pel­lé en 2013 et 2014

Aus­si­tôt in­ter­pel­lé, Ab­de­rah­mane a alors te­nu des pro­pos trou­blants as­su­rant qu’il en « avait marre de la France ». Cet homme ne fi­gure pas dans les fi­chiers S de la po­lice, qui re­censent tous ceux qui peuvent re­pré­sen­ter une me­nace. Il avait dé­jà été in­ter­pel­lé le 29 juillet 2013 pour avoir ta­gué sur ce même com­mis­sa­riat : « Af­faire Me­rah = Sar­ko­zy + DCRI = ter­ro­risme ». Le 26 juillet 2014, c’est aus­si lui qui a lan­cé un en­gin in­cen­diaire sur les ef­fec­tifs po­li­ciers et la sy­na­gogue de la place Ri­quet lors d’une ma­ni­fes­ta­tion pro­pa­les­ti­nienne. « Les deux pro­cé­dures ont été clas­sées sans suite puisque les ex­perts psy­chia­triques ont es­ti­mé son état men­tal fra­gile », pré­ci­sait en­core Jean-Yves Couilleau, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique.

« Cette af­faire est une onde de choc pour tous les po­li­ciers. Nous sommes des cibles par­fois vul­né­rables », fait re­mar­quer Di­dier Mar­ti­nez, le res­pon­sable du syn­di­cat SGPFO. « Nous sommes face à un dé­sé­qui­li­bré certes, mais il n’en reste pas moins qu’il manque en­core 150 postes de po­li­ciers en te­nue dans cette ville », in­siste pour sa part Luc Es­co­da pour le syn­di­cat Al­liance. L’au­teur des faits était en garde à vue hier soir.

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