Les agres­seurs de Chao­lin passent aux aveux

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Au­ber­vil­liers (Seine-Saint-De­nis) NA­THA­LIE RE­VE­NU

L’EN­QUÊTE avance à grands pas après l’in­ter­pel­la­tion, lun­di, des trois au­teurs pré­su­més de la mort du cou­tu­rier chi­nois d’Au­ber­vil­liers (Sei­neSaint-De­nis), Chao­lin Zhang, 49 ans. Pen­dant leur garde à vue, « les sus­pects ont re­con­nu les faits », in­dique une source proche du dos­sier.

Le 7 août der­nier, trois jeunes, ori­gi­naires de la com­mune, âgés de 15, 16 et 19 ans, avaient agres­sé mor­tel­le­ment ce père de deux en­fants alors qu’il se pro­me­nait avec un ami dans une rue d’Au­ber­vil­liers. Les agres­seurs les ont at­ta­qués par sur­prise, en les abor­dant par-der­rière.

L’un d’eux, adepte des arts mar­tiaux, a dé­co­ché un violent coup de pied à Chao­lin au ni­veau du la­rynx, le fai­sant chu­ter lour­de­ment au sol. En­suite, ses com­plices ont ar­ra­ché la sa­coche de son ami et sont re­par­tis en cou­rant. Comme ils agis­saient à vi­sage dé­cou­vert, ils ont été iden­ti- fiés sans trop de dif­fi­cul­tés par une ca­mé­ra de sur­veillance qui n’a fil­mé que la fuite du trio. L’en­quête a dé­mon­tré que c’est l’as­saillant de 19 ans qui a por­té le coup de pied fouet­té à Chao­lin. L’au­top­sie a re­le­vé une trace très nette au ni­veau du cou. « Le coup n’était pas mor­tel mais il a fait chu­ter au sol la vic­time, qui a heur­té le bi­tume. »

En garde à vue, l’in­té­res­sé n’a pas nié les faits. « Mais les par­ti­ci­pants ont mi­ni­mi­sé la vio­lence de l’agres­sion, ne re­con­nais­sant qu’un seul coup as­sé­né. » Une ver­sion mise à mal par l’exa­men mé­di­co-lé­gal. Il a ré­vé­lé « des po­ly­trau­ma­tismes au crâne et plu­sieurs hé­mor­ra­gies cé­ré­brales, in­dique une autre source. Des consta­ta­tions peu com­pa­tibles avec un coup unique ». En clair, le mal­heu­reux a cer­tai­ne­ment été roué de coups.

Chao­lin est dé­cé­dé le 12 août après cinq jours de co­ma. Ke­shou, l’autre vic­time, s’en est sor­ti avec des contu­sions et un pro­fond trau­ma­tisme. « Chao­lin était l’un de ses meilleurs amis. Il est ter­ro­ri­sé à l’idée que l’on puisse s’en prendre à d’autres Asia­tiques ou à ses proches », confie Me Vincent Fillo­la. De­puis le dé­but de l’an­née, les vols vi­sant la com­mu­nau­té sont en r ecru­des­cence : 105 plaintes ont été dé­po­sées à Au­ber­vil­liers par des Chi­nois. Pru­dent, l’avo­cat des par­ties ci­viles sou­ligne : « Ces trois in­ter­pel­la­tions ne sont que le point de dé­part de l’en­quête. » Le rôle et les in­ten­tions de cha­cun res­tent à pré­ci­ser et la dé­fense fe­ra va­loir ses ar­gu­ments.

« C’est un crime cra­pu­leux sous­ten­du par un pré­ju­gé raciste, ré­sume l’avo­cat. Ils pen­saient qu’ils (NDLR : les vic­times) avaient beau­coup d’ar­gent sur eux. » En lieu et place de liasses de billets, il n’y avait qu’un pa­quet de frian­dises et des ci­ga­rettes dans la pe­tite sa­coche de Ke­shou.

Les trois sus­pects de­vaient être dé­fé­rés en fin de jour­née de­vant un juge d’ins­truc­tion de Bo­bi­gny. Une in­for­ma­tion ju­di­ciaire a été ou­verte pour vol avec vio­lence ayant en­traî­né la mort.

Un pa­quet de frian­dises et des ci­ga­rettes comme bu­tin

Chao­lin Zhang, 49 ans, cou­tu­rier et père de deux en­fants, ha­bi­tait Au­ber­vil­liers.

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