Un pa­ra­pen­tiste drô­mois re­cord­man du monde

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS - SERGE PUEYO

Drôme. Le Drô­mois An­toine Gi­rard, 36 ans, pro­fes­seur en in­for­ma­tique à l’uni­ver­si­té de Gre­noble, a réus­si cet été dans l’Hi­ma­laya un for­mi­dable ex­ploit en mon­tant avec son pa­ra­pente à une al­ti­tude re­cord de 8 157 m. Une per­for­mance qu’il a réa­li­sée sans dé­col­ler d’un som­met mais en uti­li­sant sim­ple­ment des cou­rants as­cen­dants ther­miques.

« Je suis par­ti à 4 715 m d’al­ti­tude et j’ai d’abord sur­vo­lé le Bal­to­ro, le plus long gla­cier du monde, ex­plique An­toine Gi­rard. Lorsque je suis ar­ri­vé au pied du cé­lèbre som­met du Broad Peak qui culmine à 8 051 m, grâce au so­leil qui ré­chauf­fait le sol, j’ai trou­vé des ther­miques près des pa­rois ro­cheuses. Ces cou­rants as­cen­dants chauds m’ont per­mis de mon­ter très haut. J’ai été contraint de me pas­ser de ma bou­teille d’oxy­gène qui ne fonc­tion­nait pas. A ces al­ti­tudes, avec le manque d’oxy­gène, le cer­veau est moins bien ir­ri­gué et on met du temps à ré­agir. On a tou­jours un temps de re­tard sur les prises de dé­ci­sion. Il faut donc res­ter très concen­tré, car la moindre er­reur de pi­lo­tage peut être fa­tale. Le risque, c’est que la voile du pa­ra­pente se ferme et que vous per­cu­tiez la pa­roi. C’est alors la mort as­su­rée. Per­sonne ne peut ve­nir vous cher­cher là-haut. » An­toine Gi­rard s’est fait une grosse frayeur, car ses doigts ont com­men- cé à ge­ler. « Il fai­sait - 10 oC. Mais comme je me dé­pla­çais à une vi­tesse de 50 km/h, le froid res­sen­ti était de - 22 oC. C’est en pre­nant des pho­tos et des vi­déos que mes doigts ont com­men­cé à ge­ler. J’ai fi­na­le­ment at­teint 8 157 m, ce qui re­pré­sente le re­cord mon­dial de mon­tée en al­ti­tude en pa­ra­pente. C’était ma­gique ! Le pay­sage était somp­tueux, gran­diose. Je sur­vo­lais toutes les mon­tagnes, avec quatre som­mets de plus de 8 000 m au­tour de moi, dont le my­thique K2. J’avais l’im­pres­sion d’être le roi du monde. C’est presque ir­réel de se re­trou­ver à cette al­ti­tude. Une fois re­des­cen­du, je me suis même de­man­dé si je n’avais pas rê­vé. »

Son vol au­ra du­ré au to­tal presque huit heures pour 120 km par­cou­rus. Un peu plus d’un mois après son ex­ploit, une par­tie des doigts d’An­toine Gi­rard est tou­jours in­sen­sible. Mais, se­lon les mé­de­cins, il ne de­vrait pas gar­der de sé­quelles de son in­croyable vol au-des­sus des som­mets les plus hauts de la pla­nète.

Ses doigts ont com­men­cé à ge­ler

Broad Peak (Pa­kis­tan), le 23 juillet. An­toine Gi­rard, 36 ans, pro­fes­seur en in­for­ma­tique à l’uni­ver­si­té de Gre­noble, a réus­si cet été dans l’Hi­ma­laya un for­mi­dable ex­ploit en mon­tant avec son pa­ra­pente à une al­ti­tude re­cord de 8 157 m.

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