Deux chi­rur­giens mis en exa­men après la mort de leur pa­tient de 11 ans

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS -

Mo­selle. Co­ren­tin, 11 ans, est mort le 1er no­vembre 2014 à la cli­nique Claude-Ber­nard de Metz des suites de l’opé­ra­tion d’une ap­pen­di­cite dont i l ne souf­frait pas. Vingt-deux mois plus tard, les deux chi­rur­giens res­pon­sables de cette er­reur mé­di­cale ont été mis en exa­men lun­di et hier mar­di pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire. Le pre­mier pra­ti­cien a dé­tec­té une ap­pen­di­cite ch­ro­nique là où trois ex­perts man­da­tés par la jus­tice ont diag­nos­ti­qué a pos­te­rio­ri une co­lo­pa­thie fonc­tion­nelle qui ne né­ces­si­tait au­cune in­ter­ven­tion.

Dès les pre­miers ins­tants de l’opé­ra­tion, l’aorte de l’en­fant est per­cée par un ins­tru­ment de coe­lio­sco­pie. Le chi­rur­gien va­ca­taire res­pon­sable de ce mau­vais geste ne par­vient pas à ju­gu­ler l’hé­mor­ra­gie. Il fait alors ap­pel à un confrère plus aguer­ri pour réa­li­ser la su­ture. Mais il échoue éga- le­ment. La jus­tice re­proche à ce der­nier son obs­ti­na­tion. Ce chi­rur­gien gas­trique va en ef­fet s’en­tê­ter pen­dant trois heures avant de de­man­der l’aide d’un troi­sième spé­cia­liste. Ce­lui-ci, un as des ré­pa­ra­tions de vais­seaux, ré­dui­ra l’écou­le­ment san­guin en qua­rante-cinq mi­nutes. Mais trop tard.

Les ex­perts sont sé­vères avec le se­cond chi­rur­gien, in­ca­pable de gé­rer une si­tua­tion pour­tant clas­sique. Le temps per­du en rai­son de son en­tê­te­ment à ne pas faire ap­pel à son confrère, spé­cia­liste re­con­nu qui a pour­tant fait sa­voir très tôt qu’il était dis­po­nible en cas de be­soin, a été fa­tal à Co­ren­tin.

Les deux mé­de­cins sus­pen­dus par leur ordre en fé­vrier der­nier ne de­vraient pas échap­per au pro­cès pé­nal que ré­clament à cor et à cri les pa­rents de l’en­fant.

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