Pour­quoi la Ligue 1 sé­duit les in­ves­tis­seurs étran­gers

FOOT­BALL. La pro­chaine ar­ri­vée à l’Olym­pique de Mar­seille du mil­liar­daire amé­ri­cain Frank McCourt confirme une ten­dance forte qui a dé­mar­ré au prin­temps 2011, avec le ra­chat du PSG par le Qa­tar.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - SYL­VIE DE MACEDO

LE FOOT­BALL FRAN­ÇAIS n’a ja­mais at­ti­ré au­tant d’in­ves­tis­seurs étran­gers. Après Nice en juin (dé­te­nu à 80 % par un consor­tium si­noa­mé­ri­cain) et l’Olym­pique lyon­nais en août (dont 20 % ont été ra­che­tés par un fonds d’in­ves­tis­se­ment chi­nois), c’est au tour de Mar­seille de pas­ser sous pa­villon amé­ri­cain.

Une liste à la­quelle il faut ajou­ter évi­dem­ment le PSG et Mo­na­co, mais aus­si trois clubs de Ligue 2 (Lens, So­chaux, Le Havre). Deux autres f or­ma­tions, Auxerre et Troyes, sont éga­le­ment en né­go­cia­tion avec des en­tre­prises étran­gères. « Ce­la fait long­temps que le foot­ball eu­ro­péen at­tire les in­ves­tis­seurs amé­ri­cains, chi­nois, ou autres, ex­plique Ber­nard Caïaz­zo, pré­sident du syn­di­cat des clubs pro­fes­sion­nels Pre­mière Ligue. Or, comme ils ont dé­jà in­ves­ti mas­si­ve­ment en An­gle­terre ou en­core en Ita­lie, il ne reste plus que la France, même si nos re­cettes sont bien plus faibles et nos charges plus lourdes. »

Les grandes for­tunes fran­çaises ne s’y risquent plus

Le ti­cket d’en­trée y est éga­le­ment moins cher. « Tous les clubs hexa­go­naux ou presque sont en vente ou du moins à la re­cherche de par­te­naires, sou­ligne Chris­tophe Le­pe­tit, éco­no­miste au Centre de droit et d’éco­no­mie du sport de Li­moges. C’est le cas par exemple de Bor­deaux ou de Lille. Or, au­cune en­tre­prise du CAC 40 ne veut in­ves­tir dans le foot hexa­go­nal. »

Car les grandes for­tunes fran­çaises ont dé­jà in­ves­ti dans le pas­sé et s’y sont brû­lé les doigts. « Et elles n’ont rien eu en échange, af­firme Ber­nard Caïaz­zo. Il faut être un pas­sion­né car il n’y a que des coups à prendre et pas vrai­ment d’ar­gent à ga­gner. »

Les re­pre­neurs étran­gers, eux, ne cherchent pas tel­le­ment la ren­ta­bi­li­té à court terme. « Le Qa­tar ou la Chine in­ves­tissent dans une lo­gique de di­plo­ma­tie spor­tive pour se construire une image. D’autres pays viennent pour bé­né­fi­cier du sa­voir­faire en ma­tière de for­ma­tion, pré­cise Chris­tophe Le­pe­tit. D’autres en­core se servent de cet in­ves­tis­se­ment pour tis­ser un ré­seau et dé­ve­lop­per d’autres bu­si­ness. » Quelle que soit leur mo­ti­va­tion, cette manne est pro­vi­den­tielle.

« Mais il n’y a au­cune ga­ran­tie de suc­cès, rap­pelle Chris­tophe Le­pe­tit. Le Lens de Mam­ma­dov (NDLR : pro­prié­taire azer­baïd­ja­nais de Lens pen­dant trois ans) ou en­core Gre­noble sous pa­villon ja­po­nais ont été de gros échecs. Tout dé­pend de la stra­té­gie de l’in­ves­tis­seur, de sa sol­va­bi­li­té, de ses re­vers de for­tune. D’au­tant plus que, pour re­cons­truire un club, il faut du temps. En gé­né­ral, il ne faut pas s’at­tendre à une ré­vo­lu­tion. Pas dans l’im­mé­diat, en tout cas. »

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