« J’ai tou­jours vou­lu al­ler le plus haut pos­sible »

Équipe de France. Lu­cas Digne, dé­fen­seur de Bar­ce­lone et de l’équipe de France

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Pro­pos re­cueillis par BER­TRAND MÉTAYER

LU­CAS DIGNE est heu­reux et ce­la saute aux yeux. Le nou­veau la­té­ral gauche de Bar­ce­lone vient de s’ins­tal­ler dans un su­perbe ap­par­te­ment, au nord de la ci­té ca­ta­lane, à dix mi­nutes du centre d’en­traî­ne­ment et à cinq de son grand pote Sa­muel Um­ti­ti, l’autre re­crue tri­co­lore es­ti­vale du Bar­ça. Les deux aco­lytes ont ral­lié Clai­re­fon­taine, lun­di ma­tin, pour un ras­sem­ble­ment mar­qué par l’ab­sence de Pa­trice Evra, une pre­mière de­puis no­vembre 2014. De quoi ou­vrir de nou­velles pers­pec­tives à l’an­cien Pa­ri­sien, ha­bi­tuelle dou­blure du Tu­ri­nois. A 23 ans, avez-vous le sen­ti­ment de dé­bu­ter la sai­son la plus im­por­tante de votre car­rière ? LU­CAS DIGNE. Mais elles sont toutes im­por­tantes ! Voi­ci un an, il y avait la pers­pec­tive de l’Eu­ro en France, deux ans plus tôt, on pen­sait dé­jà au Mon­dial. C’était des ob­jec­tifs et j’avais dé­jà des choses à prou­ver en club. Il faut tou­jours se re­mettre en ques­tion. Mais re­joindre Bar­ce­lone ce n’est quand même pas neutre ? C’est un im­mense dé­fi. Il s’agit du plus grand club du monde. Mais j’ai en­vie de réus­sir là-bas. J’ai été hy­per bien ac­cueilli. Le pre­mier jour, dans le ves­tiaire, j’étais as­sis à cô­té de Marc (le g a r d i e n Ma r c - An­dré Ter Ste­gen). I l m’a don­né s on nu­mé­ro de té­lé­phone et m’a dit de l’ap­pe­ler pour quoi que ce soit. Au club, tout est or­ga­ni­sé pour nous rendre la vie fa­cile. On fait par­tie de la fa­mille. Vous vous dé­brouillez en es­pa­gnol ? Je prends des cours d’es­pa­gnol et de ca­ta­lan avec le même prof que Sam (Um­ti­ti). Il vient plu­sieurs fois par se­maine et ne parle pas un mot de fran­çais, donc, il faut s’ac­cro­cher. Je com­prends presque tout, mais j’ai en­core du mal à par­ler car je confonds sou­vent avec l’ita­lien. Tout le monde fait l’ef­fort de nous par­ler cal­me­ment, car ils ap­pré­cient qu’on fasse la dé­marche d’ap­prendre vite. Après pen­dant les matchs, le coach (l’Es­pa­gnol Luis En­rique, en­traî­neur de l’AS Ro­ma en 2011-2012) me crie des­sus en ita­lien (rires). Quel re­gard por­tez-vous sur Leo Mes­si ? Lui, c’est juste ex­tra­or­di­naire. On c o mpr e n d p o u r q u o i c ’ e s t le meilleur au monde. Il fait des choses in­croyables. Par­fois, à l’en­traî­ne­ment, quand on est dans son équipe, on prend le temps de le re­gar­der un peu et c’est im­pres­sion­nant. Bon, si on est en face de lui, c’est beau­coup plus com­pli­qué. Il va très très vite. Mais comme on joue sou­vent avec des ef­fec­tifs très ré­duits, il ne part pas dans plein de dribbles et frappe plus ra­pi­de­ment. Si­non, ce se­rait trop dur (rires). Avez-vous hé­si­té quand Bar­ce­lone vous a contac­té ? J’avais des pro­po­si­tions en An­gle­terre, mais quand Bar­ce­lone s’est ma­ni­fes­té, je n’ai pas hé­si­té. Ça ne se re­fuse pas. Ce­la a tou­jours été mon ob­jec­tif de jouer dans un très grand club. Je vais y ap­prendre beau­coup et énor­mé­ment pro­gres­ser. Ne pas ar­ri­ver dans la peau d’un ti­tu­laire ne me fait pas peur. J’ai tou­jours vou­lu al­ler le plus haut pos­sible. L’ab­sence de Pa­trice Evra vous offre-t-elle en­fin la pos­si­bi­li­té de vous ins­tal­ler comme ti­tu­laire en bleu ? Pa­trice est un joueur très im­por- tant. Pour moi, il fait tou­jours par­tie du groupe. Après ce sont les choix de l’en­traî­neur. Moi, je conti­nue à tra­vailler pour mon­trer que je mé­rite ma place. Avoir par­ti­ci­pé à la Coupe du monde ou à l’Eu­ro ne me donne au­cune ga­ran­tie. Au­jourd’hui, je me re­trouve en concur­rence avec Lay­vin (Kur­za­wa). Je vais conti­nuer à tout don­ner pour prou­ver que j’ai ma place. Votre pas­sage à Pa­ris vous laisse-t-il un goût amer ? J’ai pas­sé deux très belles sai­sons à Pa­ris où je garde des su­pers sou­ve­nirs. J’y ai ga­gné huit tro­phées. Peu de joueurs de L 1 peuvent en dire au­tant. En gé­né­ral, je ne re­grette au­cun de mes choix de car­rière.

« Avoir par­ti­ci­pé à la Coupe du monde ou à l’Eu­ro ne me donne au­cune ga­ran­tie »

Clai­re­fon­taine (Yve­lines), lun­di. Lu­cas Digne et l’équipe de France ont re­trou­vé le camp d’en­traî­ne­ment de la ré­gion pa­ri­sienne pour pré­pa­rer les dé­pla­ce­ments en Ita­lie, en ami­cal, de­main, puis en Bié­lo­rus­sie (6 sep­tembre) cette fois dans le cadre des éli­mi­na­toires de la Coupe du monde 2018.

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