On a re­trou­vé Mel Gib­son

Aujourd'hui en France - - LES SORTIES AU CINÉMA - Jean-Fran­çois Ri­chet, réa­li­sa­teur de « Blood Fa­ther » T.D.

MAD MEL EST DE RE­TOUR. Plom­bée par ses dé­ra­pages al­coo­li­sés, os­tra­ci­sée par Hol­ly­wood, l’exs­tar de « Mad Max » pour­rait en­fin voir le bout du tun­nel qu’il tra­verse de­puis dix ans. Dans « Blood Fa­ther », un wes­tern mo­derne où il in­carne un an­cien tau­lard re­pre­nant les armes pour dé­fendre sa fille, Mel Gib­son est for­mi­dable. Cette se­maine, la Mos­tra de Ve­nise at­tend aus­si avec im­pa­tience « Hawk­saw Ridge », un film de guerre qui marque son re­tour der­rière la ca­mé­ra. C’est à un Fran­çais, Jean-Fran­çois Ri­chet, que l’ac­teur de 60 ans doit en par­tie ce come-back.

« Dès que j’ai lu cette his­toire de ré­demp­tion écrite par Pe­ter Craig, je me suis dit : C’est pour Mel », se sou­vient le réa­li­sa­teur des deux « Mes­rine » avec Vincent Cas­sel, qui avait dé­jà tour­né aux Etats-Unis « As­saut sur le cen­tral 13 » en 2005. « Je lui ai en­voyé le scé­na­rio et les DVD de Mes­rine. C’était juste avant Noël, il m’a pro­po­sé de ve­nir à Los An­geles, je me suis re­trou­vé dans sa cui­sine, on a beau­coup par­lé, ce­la s’est fait hy­per sim­ple­ment. Avec lui, il n’y a pas 20 in­ter­mé­diaires. »

Gib­son craque pour ce film d’ac­tion « où les per­son­nages sont trans­for­més par l’ac­tion », sou­ligne JeanF­ran­çois Ri­chet. « C’ e s t a s s e z r a r e dans le ci­né­ma amé­ri­cain. On peut tous s’iden­ti­fier à ce père qui se sa­cri­fie pour son en­fant. » Pour le Fran­çais de 50 ans, tour­ner avec Mel Gib­son, c’était cô­toyer une lé­gende. « Il y a de très bons ac­teurs et il y a des stars. Il y a com­bien de stars du ci­né­ma d’ac­tion ? Lui et Stal­lone. » Pour ce film à pe­tit bud­get — 12 M€ —, l’ac­teur ac­cepte un ca­chet mo­deste, « moins qu’un ac­teur fran­çais équi­valent », souffle le réa­li­sa­teur. Sur le pla­teau, la star se ré­vèle douce comme un agneau. « Il n’a fait au­cun ca­price, n’a ja­mais em­pié­té sur mon tra­vail de met­teur en scène. C’est vrai­ment un mec bien. Il ad­met lui­même que son plus grand en­ne­mi pen­dant dix ans a été l’al­cool. La scène la plus dure à tour­ner pour lui est celle qui se dé­roule aux Al­coo­liques ano­nymes. Ça n’ex­cuse pas ses dé­ra­pages, mais tout le monde a dr o i t à une deuxième chance. »

Tout comme le hé­ros du film, John Link, re­clus dans un mo­bile home dé­glin­gué au fin fond du Nou­veau-Mexique mais qui, par amour pour sa fille, va se ra­che­ter. « C’est un hom­mage aux sé­ries B de Don Sie­gel et de Clint East­wood, sou­ligne Ri­chet. Tour­ner aux EtatsU­nis per­met d’avoir un dé­cor qui dit tout de suite où on est. Et de tra­vailler avec des ca­dors du ci­né­ma d’ac­tion. » Re­tour en France pour son pro­chain pro­jet, une grosse pro­duc­tion qui se dé­rou­le­ra sous l’Em­pire na­po­léo­nien, avec Vincent Cas­sel.

« C’est vrai­ment un mec bien »

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