« Pour Hol­lande, c’est dou­lou­reux »

Un mi­nistre

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - AVA DJAMSHIDI

UN ÊTRE vous manque… et vous êtes iso­lé. Hier, lors du pre­mier Con­seil des mi­nistres de­puis la dé­mis­sion d’Em­ma­nuel Ma­cron, le pré­sident a pris la pa­role pour re­ve­nir sur le contexte politique épi­neux. « Il n’y a pas de plus grande gloire que de ser­vir son pays, lance-t-il. Il n’y a pas de réus­site pos­sible sans ac­tion col­lec­tive. » Entre les lignes, une flèche dé­co­chée à son ex-chou­chou, cette per­son­na­li­té politique qu’il a sor­tie de l’ano­ny­mat en le nom­mant à Ber­cy, il y a deux ans. Et dé­sor­mais en­vo­lé pour se consa­crer à son mou­ve­ment, En marche !, et scin­tiller sous les feux de la rampe mé­dia­tique.

Le « roi de la syn­thèse » perd ses sou­tiens

« Le coup est rude », ad­met un membre du gou­ver­ne­ment. « C’est un élé­ment sup­plé­men­taire dans la dé­com­po­si­tion du mo­ment », sou­pire un autre. « C’est évi­dem­ment un af­fai­blis­se­ment politique et un évé­ne­ment psy­cho­lo­gi­que­ment dou­lou­reux », pour­suit-il. Avec le dé­part du fils pro­digue, le pré­sident perd aus­si un mi­nistre po­pu­laire et se re­trouve avec une ma­jo­ri­té qui di­mi­nue comme peau de cha­grin. « C’est la marche inexo­rable vers le ré­tré­cis­se­ment de la ma­jo­ri­té en­ta­mé avec le dé­part de Cé­cile Du­flot », es­time le dé­pu­té (PS) fron­deur Christian Paul. Cro­qué en « roi de la syn­thèse », Fran­çois Hol­lande au­ra vu, du­rant son man­dat, son camp vo­ler en éclats. Il a d’abord per­du les éco­lo­gistes « his­to­riques », puis les te­nants de l’aile gauche des so­cia­listes, et main­te­nant son flanc droit se dé­lite ! « Hol­lande est un fin politique. Mais on ne sait ja­mais ce qu’il pense vrai­ment. Il y a tou­jours avec lui un billard à quinze bandes. Il est droit comme… un S », re­lève un mi­nistre.

Reste qu’à huit mois de la pré­si­den­tielle, un fi­dèle du pré­sident s’in­quiète de la mul­ti­pli­ca­tion des can­di­da­tures, dans une lettre ou­verte pu­bliée hier. « Si nous par­tons di­vi­sés, nous se­rons af­fai­blis, écrit Di­dier Guillaume, le pa­tron des sé­na­teurs so­cia­listes. Le camp du pro­grès au­ra be­soin, pour ga­gner, d’agré­ger ses ta­lents, pas de les épar­piller. »

Une crainte par­ta­gée par la ma­jo­ri­té. De­puis mar­di, jour de la dé­mis­sion d’Em­ma­nuel Ma­cron, pas un échange avec un conseiller mi­nis­té­riel sans qu’il ne se livre à cette plai­san­te­rie, en pré­am­bule : « Je vous ras­sure, je ne suis pas can­di­dat à la pré­si­den­tielle. » Am­biance… @AvaD­jam­shi­di

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