Com­ment l’homme pres­sé s’or­ga­nise

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. L’ex-mi­nistre de l’Eco­no­mie inau­gure au­jourd’hui à Châ­lons (Marne) une sé­rie de dé­pla­ce­ments. Il n’a que quelques se­maines pour convaincre.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Fran­çois Pa­triat, sé­na­teur PS PAU­LINE THÉVENIAUD

IL N’A PAS CÉDÉ à la ten­ta­tion de Jouy-en-Jo­sas. Alors qu’hier cer­tains res­pon­sables du Me­def le pres­saient de ve­nir à leur uni­ver­si­té d’été, comme conve­nu avant sa dé­mis­sion, Em­ma­nuel Ma­cron leur a op­po­sé une fin de non-re­ce­voir. Pas ques­tion de don­ner cette cou­leur pa­tro­nale au pre­mier jour du reste de sa vie. « Ce n’est pas ce dont il a be­soin… » sou­rit un proche. L’an­cien mi­nistre de l’Eco­no­mie avait tout de même un émis­saire sur le cam­pus d’HEC : le sé­na­teur-maire PS de Lyon, Gé­rard Col­lomb, l’un de ses pre­miers sup­por­teurs. Ce­lui-ci confie : « Em­ma­nuel consi­dé­rait qu’il était in­vi­té au Me­def comme mi­nistre, ça le gê­nait d’y al­ler en tant que can­di­dat. »

« Il faut à tout prix que ce­la prenne dans les deux mois qui viennent »

C’est à la foire de Châ­lons-enC­ham­pagne ( Marne) qu’ i l f e r a au­jourd’hui son pre­mier dé­pla­ce­ment d’ex. Ma­cron y pas­se­ra une jour­née ma­ra­thon, « es­sen­tiel­le­ment pour par­ler avec les ex­po­sants ». Cette vi­site lan­ce­ra le dé­but d’une sé­rie de dé­pla­ce­ments qui de­vrait l’oc­cu­per jus­qu’aux alen­tours du 20 sep­tembre. Hier ma­tin, tan­dis que Ma­cron était à Ber­cy pour une pas­sa­tion de pou­voirs plu­tôt fraîche avec son suc­ces­seur, Mi­chel Sa­pin, ses plus fi­dèles par­le­men­taires ont éta­bli un plan de ba­taille. Réunis dans une bras­se­rie pa­ri­sienne à deux pas de l’As­sem­blée, ces sou­tiens ont concoc­té un ca­len­drier de dé­pla­ce­ments sou­mis à va­li­da­tion de l’in­té­res­sé. Ils sou­haitent, en outre, lui or­ga­ni­ser des ren­dez-vous avec des so­cia­listes pour ga­gner de nou­veaux sou­tiens. Ma­cron, lui, a for­mu­lé une de­mande à ses équipes : se mé­na­ger une de­mi­jour­née par se­maine « pour tra­vailler in­tel­lec­tuel­le­ment ». Il en pro­fi­te­ra pour ache­ver son livre, un es­sai sur sa vi­sion de la so­cié­té fran­çaise, dont la pa­ru­tion pour­rait être re­pous­sée « à l’hi­ver ». Les Jeunes avec Ma­cron, eux, s’oc­cupent de qua­driller le ter­rit oire. I l s re­ven­diquent près de 8 000 adhé­rents, dont 500 nou­veaux ins­crits de­puis la dé­mis­sion.

« Le temps nous est comp­té. Il faut à tout prix que ce­la prenne dans les deux mois qui viennent », confie le sé­na­teur so­cia­liste Fran­çois Pa­triat. Ma­cron, lui-même, l’a re­con­nu hier, sa struc­ture En marche ! est en­core « frêle ». Bom­bar­dé de la banque Roth­schild au se­cré­ta­riat gé­né­ral ad­joint de l’Ely­sée avant de re­joindre Ber­cy, il n’a, en outre, pas d’an­crage ter­ri­to­rial. Plu­sieurs mi­nistres lui ont conseillé de bri­guer une cir­cons­crip­tion. Ils se sont vu op­po­ser une moue bou­deuse. « Il confond un peu la sym­pa­thie qu’il peut créer avec un sillon politique. Mais ce n’est pas la même chose », égra­tigne l’un d’eux. Un autre re­lève : « Chi­rac, Sar­ko­zy, Hol­lande… Tous avaient des ra­cines pro­fondes dans des ter­ri­toires na­tu­rels ou construits. Ma­cron, lui, n’a pas blan­chi le har­nais au­près des mi­li­tants. C’est un homme pres­sé. » @Pau­li­ne_Th

Pa­ris, hier. Em­ma­nuel Ma­cron a sol­dé sa vie de mi­nistre au cours d’une pas­sa­tion ten­due avec son suc­ces­seur, Mi­chel Sa­pin.

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