La le­çon ja­po­naise

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - C.P.

Une étude ja­po­naise de 2010 a confor­té les en­do­cri­no­logues dans le fait que l’on traite un peu trop et trop vite cer­tains mi­cro­can­cers de la thy­roïde. Tan­dis que la Co­rée du Sud lan­çait en 2000 un pro­gramme de dé­pis­tage sys­té­ma­tique, comme pour le sein, ou la pros­tate, et voyait flam­ber le nombre de can­cers de la thy­roïde les an­nées sui­vantes (avec 90 % de cas qui re­le­vait du sur­diag­nos­tic entre 2003 et 2007), le Ja­pon, lui, a pris le risque in­verse. Ce­lui de se don­ner du temps. Et com­pa­rer entre 1993 et 2004 l’évo­lu­tion du can­cer chez des pa­tients à qui l’on avait diag­nos­ti­qué un mi­cro­car­ci­nome pa­pil­laire de la thy­roïde in­fé­rieur à 1 cm qui ne sem­blait pas évo­lu­tif. 1 055 ont im­mé­dia­te­ment su­bi une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale. Pour 340 on se « conten­tait » d’une sur­veillance ac­tive, par écho­gra­phies ré­gu­lières no­tam­ment, pour n’opé­rer que si le can­cer ces­sait d’être « in­do­lent ». Au terme des dix ans d’ob­ser­va­tion, le no­dule (gros­seur po­ten­tiel­le­ment can­cé­reuse) n’avait si­gni­fi­ca­ti­ve­ment aug­men­té de vo­lume que chez 14 % des pa­tients « sur­veillés ». En clair, « avec un pro­to­cole clas­sique on au­rait sur­trai­té 86 % de ces pa­tients », af­firme le pro­fes­seur Martin Schlum­ber­ger, spé­cia­liste eu­ro­péen des can­cers de la thy­roïde et pro­fes­seur à l’hô­pi­tal Gus­tave-Rous­sy à Ville­juif (Val-de-Marne).

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