La droite veut évi­ter OK Cor­ral

PRI­MAIRE. Après les dé­cla­ra­tions bru­tales du week-end der­nier, les can­di­dats, qui vont se re­trou­ver sa­me­di et di­manche à La Baule, as­surent vou­loir cal­mer le jeu. Mais ce n’est pas ga­gné.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Thier­ry So­lère, or­ga­ni­sa­teur de la pri­maire OLI­VIER BEAU­MONT

LE PE­TIT JEU de mas­sacre à droite va-t-il conti­nuer ce week-end à La Baule ? Pen­dant deux jours, les prin­ci­paux can­di­dats à la pri­maire sont at­ten­dus en Loire-At­lan­tique pour un cam­pus ré­gio­nal au cas­ting na­tio­nal. De Fran­çois Fillon à Alain Jup­pé en pas­sant par Ni­co­las Sar­ko­zy, Bru­no Le Maire, Her­vé Ma­ri­ton et Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet, tous vont dé­fi­ler de­vant les mi­li­tants… sans ja­mais vrai­ment se croi­ser. L’an pas­sé, Jup­pé, Fillon et Sar­ko­zy avaient pour­tant fait l’ef­fort de po­ser en­semble le temps d’une pho­to à ran­ger dé­fi­ni­ti­ve­ment dans les ar­chives. « La pho­to de fa­mille et les sou­rires de fa­çade ne servent à rien. Il faut main­te­nant as­su­mer le fait que nous sommes en­trés dans la pri­maire, c’est une com­pé­ti­tion », es­time le fillo­niste Bru­no Re­tailleau, pré­sident de la ré­gion Pays de la Loire, et puis­sance in­vi­tante de ce cam­pus.

Il faut dire que le cli­mat est ex­plo­sif, une se­maine après la sé­rie d’at­taques lan­cées entre les concur­rents. « Il faut ras­sem­bler plu­tôt que d’ex­ci­ter les sur­en­chères », a lan­cé sa­me­di der­nier le maire de Bor­deaux en vi­sant les pro­po­si­tions très droi­tières de Sar­ko­zy. Obli­geant ce der­nier à ré­pli­quer le jour même en mo­quant « les oreilles sen­sibles » de son ad­ver­saire. Mais la palme re­ve­nait à Fran- çois Fillon après sa charge contre l’ex­chef de l’Etat : « Il ne sert à rien de par­ler d’au­to­ri­té quand on n’est pas soi­même ir­ré­pr o c ha­bl e [ …]. Qui i ma­gine un seul ins­tant le gé­né­ral de Gaulle mis en exa­men ? » Am­biance.

« Le seul en­ne­mi de la droite, c’est la di­vi­sion. N’ou­blions pas que nous avons tous vo­ca­tion à nous ras­sem­bler fin no­vembre der­rière le vain­queur », rap­pelle Thier­ry So­lère, l’homme char­gé d’or­ga­ni­ser la pri­maire, très in­quiet de ce mau­vais cli­mat de rentrée. « Je vais faire un rap­pel à l’ordre très so­len­nel sa­me­di ( de­main) à la tri­bune de La Baule. Vu l’état du pays, et vu le ba­zar à gauche, nous avons une res­pon­sa­bi­li­té in­édite. Elle ne doit pas être gâ­chée par un mau­vais concours de pe­tites phrases entre les can­di­dats. » « Je les ai tous eus au té­lé­phone ces der­niers jours, ça de­vrait bien se pas­ser, je suis op­ti­miste », se ras­sure Re­tailleau, en mode mé­thode Coué. « Mal­heu­reu­se­ment, c’est presque ven­du avec la pri­maire, on ne peut pas em­pê­cher ce type de tra­vers », re­con­naît Jean-Fran­çois Co­pé, qui ne se­ra pas à La Baule.

Reste la ques­tion d’une charte éthique, re­lan­cée cette se­maine par plu­sieurs té­nors du par­ti. « Cha­cun doit se don­ner un code de bonne conduite », a pro­po­sé Bru­no Le Maire hier dans nos co­lonnes. At­ten­du de­main mi­di à La Baule, Fran­çois Fillon de­vrait pour­tant res­ter sur une ligne of­fen­sive. « Ça peut dé­plaire, mais les Fran­çais ont be­soin de vé­ri­té. Et il ne se dé­ro­be­ra pas, pré­vient son porte-pa­role Jé­rôme Char­tier. Ce qu’il a dit d’un can­di­dat qui ne doit pas être mis en exa­men n’est pas une at­taque per­son­nelle, mais un prin­cipe. » « De toute fa­çon, ce­lui qui ira trop loin se met­tra de lui-même hors jeu », jure Thier­ry So­lère.

« Je vais faire un rap­pel à l’ordre très so­len­nel »

@oli­vier­beau­mont

La Baule (Loire-At­lan­tique), le 5 sep­tembre 2015. Alain Jup­pé, Ni­co­las Sar­ko­zy et Fran­çois Fillon réunis, bon gré, mal gré, le temps d’un cli­ché.

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