Ma­cron en ve­dette de foire

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Châ­lons-en-Champagne (Marne) De notre en­voyé spé­cial CHARLES SA­PIN

« IL Y A un Po­ké­mon rare ? » in­ter­roge une jeune fille, in­ter­lo­quée de­vant l’em­pres­se­ment de la foule. Sau­tant par-des­sus des tables, bous­cu­lant les étals, les jour­na­listes comme les ba­dauds ar­més de smart­phones im­pres­sionnent. Ce jeu­di, à la foire de Châ­lons-en-Champagne, la fré­né­sie a un nom : Ma­cron.

Le mi­nistre tout juste dé­mis­sion­naire a re­fu­sé d’an­nu­ler ce ren­dez­vous ins­crit de longue date sur son agen­da. C’est dans les al­lées du plus im­por­tant évé­ne­ment agri­cole de l’est de la France, ras­sem­blant chaque an­née 250 000 vi­si­teurs, que le lea­deur d’En marche ! a dé­ci­dé de faire ses pre­miers pas hors du gou­ver­ne­ment. « Je suis ve­nu pour être au contact avec une France ru­rale en dif­fi­cul­té, pour écou­ter la vraie vie des vraies gens, pré­cise-t-il d’em­blée. Il n’y au­ra pas d’an­nonce. » Pas ques­tion d’évo­quer ses en­vies ély­séennes, l’homme as­sure vou­loir faire les choses dans « le bon ordre. » « Il se laisse deux mois où nous al­lons en­chaî­ner deux à trois dé­pla­ce­ments heb­do­ma­daires pour faire un diag­nos­tic du pays, dé­taille son en­tou­rage. Ce n’est que si les gens trouvent que ce qu’il pro­pose est nou­veau, per­ti­nent et que ce­la peut mar­cher qu’il pren­dra sa dé­ci­sion, fin oc­tobre. »

In­ci­dent... puis sel­fie

En­cou­ra­gé par quelques ap­plau­dis­se­ments, l’an­cien mi­nistre laisse pour­tant peu de doute quant à son ap­pé­tit pour la course à ve­nir. « Bat­tez-vous, on a be­soin de vous ! » ose un ex­po­sant. « Ne vous in­quié­tez pas, c’est bien pour ça que je suis là », ré­pond l’in­té­res­sé. En fin de jour­née, cha­leur ai­dant, une femme d’une soixan­taine d’an­nées laisse ex­plo­ser sa co­lère à la vue du cor­tège : « Vous êtes tous pa­reils, des bouffe-po­gnon. J’ai 64 ans, j’ai tra­vaillé toute ma vie et je suis pauvre ; alors que vous, vous êtes plein aux as. » L’in­ci­dent se ré­sou­dra fi­na­le­ment par un sel­fie.

Plus mi­nistre, pas en­core can­di­dat, Ma­cron a ter­mi­né ce pre­mier dé­pla­ce­ment par une con­fé­rence sur la trans­for­ma­tion du tra­vail. Ori­gi­nel­le­ment des­ti­né au mi­nistre de l’Eco­no­mie, l’échange pré­vu avec le vi­ce­pré­sident du Me­def Geof­froy Roux de Bé­zieux, n’a pas eu lieu. « Ques­tion de cour­toi­sie ré­pu­bli­caine vis-àvis de mon suc­ces­seur », as­sure Emmanuel Ma­cron.

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