Août san­glant à Mar­seille

VIO­LENCES. Le mois es­ti­val a été par­ti­cu­liè­re­ment meur­trier avec 7 ho­mi­cides, soit presque un tiers des 23 meurtres par balles qui ont eu lieu de­puis le dé­but de l’an­née.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant MARC LERAS

LES AS­SAS­SI­NATS se sont mul­ti­pliés tout au long du mois d’août à Mar­seille. Pour clore cette sé­rie san­glante, un ta­toueur de 40 ans a été abat­tu sur sa mo­to, mer­cre­di soir, sous les yeux de son fils de 16 ans, en bas de chez lui, dans le XIIIe ar­ron­dis­se­ment de Mar­seille. Même si la po­lice évoque une « af­faire de droit com­mun », ce nou­veau meurtre, sept balles ti­rées à bout por­tant par un homme em­bus­qué, s’ins­crit dans un été par­ti­cu­liè­re­ment meur­trier pour la ci­té pho­céenne et sa proche ré­gion. D’au­tant qu’un peu plus tard, dans la même nuit, un homme de 35 ans a été abat­tu de­vant le do­mi­cile de ses pa­rents, à Ma­ri­gnane, par deux hommes ar­més qui ont pris la fuite. La vic­time était connue des ser­vices de po­lice.

Si vingt-trois per­sonnes ont été tuées par balles dans les Bouches-duR­hône de­puis le dé­but de l’an­née, sept des vic­times, soit presque un tiers, ont été abat­tues lors de ce seul mois d’août. La plu­part de ces meurtres s’ins­crivent dans l’im­pi­toyable guerre à la­quelle se livrent quatre clans prin­ci­paux pour le contrôle du tra­fic de stu­pé­fiants à Mar­seille et 2016 pour­rait être l’an­née d’un sombre re­cord. « Mar­seille n’est pas à feu et à sang. S’il y a une aug­men­ta­tion du nombre de rè­gle­ments de comptes entre voyous, le reste des ho­mi­cides vo­lon­taires est en baisse de 64 % », ana­lyse Laurent Nuñez, le pré­fet de po­lice de Mar­seille. « Sou­vent, les rè­gle­ments de comptes ont lieu dans le cadre d’un conflit pour la re­prise de points de tra­fics que nous avons dé­man­te­lés. »

Dès le 7 août au ma­tin, un double rè­gle­ment de comptes avait eu lieu dans un quar­tier tran­quille proche du centre-ville. Deux conduc­teurs qui se sui­vai e nt avai e nt é t é abat­tus au fu­sil ka­lach­ni­kov après qu’un troi­sième vé­hi­cule leur avait cou­pé la route. Le guet-apens, me­né par quatre hommes ca­gou­lés et vê­tus de noir, ne leur avait lais­sé au­cune chance. Huit jours plus tard, Alain Ar­ma­to, bra­queur et fi­gure du grand ban­di­tisme « his­to­rique », était tué sur son scoo­ter à la Cayolle, une ci­té sen­sible du sud de Mar­seille. La se­maine der­nière, le dé­par­te­ment dé­plo­rait trois morts en moins de vingt-quatre heures, dont un ca­davre re­trou­vé dans un ga­rage le jeu­di. Le len­de­main, un homme de 40 ans était abat­tu d’une ra­fale de ka­lach­ni­kov sur son scoo­ter.

Le même jour, un corps pré­sen­tant six im­pacts de balle était re­trou­vé dans le coffre d’une Re­nault Mé­gane cal­ci­née aux Pennes-Mi­ra­beau, une com­mune li­mi­trophe au nord de Mar­seille où de nom­breux corps ont dé­jà été dé­cou­verts. Si cette tech­nique du « bar­be­cue », qui per­met d’ef­fa­cer traces ADN et in­dices, est sou­vent la si­gna­ture de la ven­geance des tra­fi­quants, il pour­rait cette fois s’agir d’un autre mo­bile. La vic­time, un homme de 25 ans, ayant été im­pli­quée dans un meurtre en 2011.

Une guerre san­glante entre quatre clans pour le contrôle du tra­fic de drogue

Ci-des­sus, les en­quê­teurs in­ter­viennent sur la scène du meurtre qui a eu lieu mer­cre­di soir dans le XIIIe ar­ron­dis­se­ment de Mar­seille.

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