Ra­ti­ni a dé­jà grillé son jo­ker

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Aujourd'hui en France - - SPORTS - DA­VID OPOCZYNSKI

« J’ES­PÈRE qu’ils vont le sau­ver. Je l’es­père de tout coeur. C’est un joueur su­per fort et qui doit ab­so­lu­ment s’épa­nouir. » Lorsque Fa­brice Lan­dreau, l’an­cien ma­na­geur de Gre­noble, évoque au té­lé­phone la si­tua­tion d’Ali­pate Ra­ti­ni, l’ai­lier fid­jien du Stade Fran­çais qu’il a di­ri­gé du­rant deux ans, sa voix laisse trans­pi­rer une émo­tion pal­pable. C’est lui qui a fait ve­nir ce « dia­mant brut » en France en 2013, c’est lui qui l’a sou­te­nu au plus fort de ses dé­boires ex­tra-spor­tifs. C’est en­core lui qui a dû se ré­soudre à le li­cen­cier à l’été 2015. Alors, quand il a ap­pris que le Stade Fran­çais avait rap­pe­lé à l’ordre Ra­ti­ni à la suite d’un pro­blème de com­por­te­ment en dé­but de se­maine — il a même man­qué la pho­to of­fi­cielle —, il s’est in­quié­té de la si­tua­tion de son an­cien pro­té­gé.

Pour l’heure, le Stade Fran­çais n’a pas dé­ci­dé de ren­voyer ce­lui au su­jet du­quel Gon­za­lo Que­sa­da avait pour­tant pré­ve­nu, mi-juillet, dans « Mi­di olym­pique », qu’il n’au­rait « pas le moindre jo­ker ». « C’est un écart qui nous pa­raît im­por­tant mais pas ca­tas­tro­phique, a en ef­fet tem­pé­ré, hier ma­tin, le ma­na­geur pa­ri­sien au su­jet de la nouv e l l e i ncart a de du Fi dj i e n de 24 ans. C’est plus lié à un pro­blème per­son­nel que de dis­ci­pline. On ne fe­ra pas du so­cial mais on n’est pas des sau­vages non plus. »

Quel talent pour­tant…

Avant la ré­cep­tion de Cler­mont, de­main, le club de la ca­pi­tale ne compte donc pas sanc­tion­ner sa seule re­crue de l’in­ter­sai­son. Mais, à l’in­verse de la pre­mière jour­née, Ra­ti­ni ne fou­le­ra pas la pe­louse de Jean-Bouin puis­qu’il est cette fois bles­sé. « Sa si­tua­tion ne plaide pas pour lui, souffle Pierre Ar­nald, le di­rec­teur gé­né­ral du Stade Fran­çais. Il n’a plus de jo­ker on va dire. Main­te­nant, c’est au sec­teur spor­tif de voir si ça peut le faire ou pas. La ques­tion est : quel ni­veau de to­lé­rance peut-on avoir par rap­port au talent d’un joueur ? »

Il faut dire que lors­qu’il joue le jeu, Ali­pate Ra­ti­ni reste un talent rare. « Quand j’ai eu à m’en sé­pa­rer, ça a été très dur, se sou­vient Lan­dreau. Le plus ter­rible, c’était de voir ce pe­tit joyau s’au­to­dé­truire. Je voyais dans quel drame il al­lait se plon­ger mais j e ne pou­vais même pas être son gi­let de sau­ve­tage. Il re­fu­sait ça. C’est peut-être plus simple pour Si­mon… » Si­mon Rai­wa­lui, l’ad­joint de Que­sa­da, vé­ri­table père de tous les Fid­jiens de France. « C’est lui qui a les clés, as­sure Pierre Ar­nald. Pour le com­prendre, c’est le mieux pla­cé. »

« Il mé­rite autre chose mais ça ne dé­pend que de lui », glisse Lan­dreau dans une conclu­sion por­teuse d’es­poir.

Stade Jean-Bouin (Pa­ris), le 21 août. Ali­pate Ra­ti­ni doit se ra­che­ter une conduite au plus vite s’il veut conti­nuer à jouer sous les cou­leurs du Stade Fran­çais.

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