Opé­ra­tion « sau­ver NKM »

DROITE. A six jours de la date bu­toir pour dé­po­ser ses par­rai­nages à la pri­maire, l’ex­mi­nistre de l’Eco­lo­gie n’a pas le compte. En cou­lisses, les ré­seaux chi­ra­quiens s’ac­tivent.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Un membre de l’équipe de NKM NA­THA­LIE SCHUCK ANNE-SOPHIE DAMECOUR

PAS LA MOINDRE can­di­date à la pri­maire de la droite ? Il n’y au­ra peut-être au­cune femme sur la ligne de dé­part. Dé­sas­treux en termes d’ i mage… C’ e s t ven­dre­di qu’on sau­ra si les deux femmes en lice, Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet et Na­dine Mo­ra­no — pour 11 hommes ! — ont réus­si à ré­col­ter les 250 par­rai­nages d’élus né­ces­saires, dont 20 par­le­men­taires. Pour l’ins­tant, NKM rame. « C’est pos­sible, pas déses­pé­ré, mais faut rien lâ­cher », glisse un proche.

Mer­ci Jup­pé ? De­puis que le maire de Bor­deaux a in­vi­té ses amis à la par­rai­ner, les sou­tiens s’ac­cé­lèrent. L’opé­ra­tion « sau­ver NKM » avait été concer­tée de longue date avec Jup­pé. Le 27 mai, ils dînent à Bor­deaux dans un res­tau­rant un brin bo­bo. « Ce se­rait quand même dom­mage que tu n’y sois pas », lui souffle-t-il. La jeune femme com­prend qu’elle a un al­lié. Le 14 août, Jup­pé fait mine de s’in­vi­ter sur le mar­ché que vi­site NKM à Hos­se­gor, à deux pas de la mai­son fa­mi­liale où il passe ses va­cances, et lance son ap­pel. En vé­ri­té, tout avait été ca­lé la veille. Le fa­vo­ri des son­dages sait qu’il a in­té­rêt à ce que la pri­maire sé­duise le plus pos­sible de votants s’il veut battre Ni­co­las Sar­ko­zy. Hier, c’est Fran­çois Fillon, qui a un so­lide ré­seau chez les dé­pu­tés et sé­na­teurs, qui a lan­cé à son tour un ap­pel à la par­rai­ner. Le dé­pu­té LR Gilles Car­rez, fillo­niste, avait de­van­cé l’ap­pel dès mer­cre­di. Dans les deux cas, en cou­lisses, les vieux ré­seaux chi­ra­quiens ont ai­dé.

Va­lé­rie Pé­cresse, qui n’adore pas NKM, s’est aus­si en­ga­gée dans « le Pa­ri­sien Ma­ga­zine » à lui don­ner son par­rai­nage d’élue (elle n’est plus dé­pu­tée) si né­ces­saire. NKM lui a ren­du vi­site pour la re­mer­cier. Ma­nuel Valls aus­si s’y est mis, à sa fa­çon. Fin août, Ma­ti­gnon a contac­té l’ex-mi­nistre de l’Eco­lo­gie pour lui pro­po­ser de ve­nir par­ler ce jeu­di à Ma­ti­gnon de sa pro­po­si­tion de loi contre le sa­la­fisme. Une mé­dia­ti­sa­tion bien­ve­nue. Elé­gant coup de main entre deux élus de l’Es­sonne ? Mais pour Bru­no Le Maire, qui surfe comme NKM sur le re­nou­veau, et Ni­co­las Sar­ko­zy, qui ne peut plus la voir en pein­ture, c’est niet ! Au QG de la can­di­date à Odéon, en plein coeur de Pa­ris, les té­lé­phones chauffent pour har­ce­ler les par­rains po­ten­tiels. Au risque de com­mettre une bou­lette. Jeu­di, Steeve Briois, maire FN d’Hé­nin-Beau­mont, s’est fen­du d’un tweet mo­queur : « Chère NKM, “mal­heu­reu­se­ment”, je sou­tiens une autre can­di­date à la présidentielle. » Une er­reur de fi­chiers, s’est ex­cu­sée la jeune femme, peu Coup dur pour Mon­sieur Pri­maire, le dé­pu­té (LR) des Hauts-de-Seine Thierry So­lère. Une plainte pour fraude fis­cale a été dé­po­sée le 8 juillet par le mi­nistre des Fi­nances, Michel Sa­pin, au­près du par­quet de Nan­terre. Une in­for­ma­tion de Me­dia­part confir­mée hier. « Je suis la victime du ca­bi­net noir de l’Ely­sée ; la pri­maire est sa cible », ré­pond le dé­pu­té par écrit. Un texte dans le­quel il se dit « stu­pé­fait » d’être vi­sé par une telle pro­cé­dure pé­nale. Se­lon lui, elle fait suite à contrôle fis­cal « clas­sique » da­tant de 2012. Ce contrôle était lié à ses ac­ti­vi­tés pro­fes­sion­nelles. Thierry So­lère était alors di­rec­teur des af­faires pu­bliques d’Alia­pur, éco-or­ga­nisme lea­deur du re­cy­clage des pneus en France. Après un pas­sage dans un ca­bi­net d’au­dit, sus­pecte de sym­pa­thies avec le FN. Elus LR, UDI, éco­los, femmes… tous sont ap­pe­lés. Avec ce mes­sage : « Na­tha­lie, vous ado­rez la dé­tes­ter ! Mais vous avez entre les mains l’al­lure de la pri­maire. » NKM peut-elle rê­ver de ré­cu­pé­rer les sé­sames de Mo­ra­no ? Peu pro­bable, tant elle dé­teste son ex-col­lègue, qu’elle sur­nomme « la co­que­luche sur échasses ». Fai­sable ou déses­pé­rée, cette can­di­da­ture ? La « team » NKM se prend à es­pé­rer : « Ven­dre­di, soit on est des ca­dors, soit on rentre chez nous et on fait du sport… »

« Ven­dre­di, soit on est des ca­dors, soit on rentre chez nous et on fait du sport… »

@Na­tha­lieS­chuck

Le Mon­sieur Pri­maire dans le col­li­ma­teur du fisc

le dé­pu­té est de­puis oc­tobre 2014 conseiller pour la stra­té­gie France et in­ter­na­tio­nal de l’en­tre­prise Chi­mi­rec. « Je n’ai com­mis au­cun dé­lit fis­cal, je suis par­fai­te­ment à jour de tous mes im­pôts. La vo­lon­té est ma­ni­feste de me nuire », pour­suit-il, vi­sant Michel Sa­pin. Contac­té, le ca­bi­net du mi­nistre n’a pas sou­hai­té faire de com­men­taire. Se­lon nos in­for­ma­tions, cette pro­cé­dure au­rait été ini­tiée au prin­temps der­nier, juste après les ré­vé­la­tions sur l’uti­li­sa­tion des moyens de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té ex­té­rieure (DGSE) en 2012 pour sur­veiller Thierry So­lère, alors can­di­dat aux élec­tions lé­gis­la­tives à Boulogne-Billan­court face au mi­nistre de l’In­té­rieur de l’époque, Claude Guéant.

Thierry So­lère, une fi­gure mon­tante de LR au­jourd’hui dans la tour­mente.

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