Ils s’ar­rachent tous Au­bry

PS. Pour qui la maire de Lille rou­le­ra-t-elle à la présidentielle ? Si Ha­mon es­père son sou­tien, les hol­lan­dais, eux, ima­ginent un ap­pui ta­cite… et plus si af­fi­ni­tés.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Un hié­rarque so­cia­liste PAU­LINE THÉVENIAUD

ON LA DIT cla­que­mu­rée dans son bef­froi. « La po­li­tique na­tio­nale ne l’in­té­resse plus vrai­ment », croit même sa­voir un so­cia­liste. Voire. En cette ren­trée pré­élec­to­rale, Mar­tine Au­bry reste l’une des pièces maî­tresses de l’échi­quier so­cia­liste. Que dé­ci­de­ra la maire de Lille (Nord) lorsque vien­dra le mo­ment de choi­sir son cham­pion pour la présidentielle de 2017 ? Pour l’heure, l’in­té­res­sée éva­cue : « Moi, je ne suis pas can­di­date, voi­là. C’est la seule chose que je peux vous dire. » Faute d’in­di­ca­tions claires, les uns et les autres mul­ti­plient les oeillades, les pe­tits cal­culs et se perdent en conjec­tures.

Be­noît Ha­mon n’a ain­si pas per­du es­poir qu’Au­bry se po­si­tionne en sa fa­veur. N’a-t-il pas été son jeune conseiller lors­qu’elle était mi­nistre du Tra­vail puis l’un de ses lieu­te­nants au PS ? « Elle ne peut pas ap­pe­ler à vo­ter pour Hol­lande après ce qu’elle a dit sur le quin­quen­nat. Si elle parle, ce­la ne peut être qu’en fa­veur de Be­noît », spé­cule-t-on dans l’équipe du can­di­dat à la pri­maire. Rien n’est moins sûr. « Elle ne sou­tien­dra pas des can­di­dats qui l’ont tra­hie lors de la pri­maire de 2011 puis qui ont fait nom­mer Ma­nuel Valls à Ma­ti­gnon », ob­serve un so­cia­liste qui la cô­toie dans le Nord. Com­prendre : Be­noît Ha­mon comme Ar­naud Mon­te­bourg peuvent tou­jours at­tendre…

En dé­pit de ses ré­gu­liers coups de pattes et de pro­fonds désac­cords, no­tam­ment sur la dé­chéance de na­tio­na­li­té ou la loi Tra­vail, les par­ti­sans de Fran­çois Hol­lande aus­si misent sur un geste d’Au­bry. Tel sou­rire de la maire de Lille ou l’an­nu­la­tion des ren­contres de Mont­pel­lier, qui de­vaient si­gner la ren­trée des au­brystes les 27 et 28 août, sont per­çus comme au­tant de signes que la ré­con­ci­lia­tion ap­proche. D’au­cuns ac­cusent même Au­bry d’avoir to­pé avec Hol­lande en échange d’une cir­cons­crip­tion dans le Nord pour son lieu­te­nant, Fran­çois Lamy. « A tous ceux qui disent ça, je ne ré­ponds rien », sou­pire ce­lui qui est en­core dé­pu­té de l’Es­sonne. « Le dé­part de Ma­cron ne doit pas la lais­ser in­sen­sible », cal­cule en­core un par­ti­san du chef de l’Etat. Il n’a sans doute pas échap­pé à ce der­nier que la maire de Lille — qui avait ma­ni­fes­té spec­ta­cu­lai­re­ment son « ras le bol » de Ma­cron — a ac­cueilli la nou­velle par cette ex­cla­ma­tion : « En­fin ! »

« Elle de­vrait sou­te­nir Fran­çois Hol­lande… »

A ce pe­tit jeu des spé­cu­la­tions, la par­ti­ci­pa­tion de Mar­tine Au­bry à la pre­mière uni­ver­si­té de l’en­ga­ge­ment or­ga­ni­sée par le PS à Lomme (Nord), le 17 sep­tembre, aux cô­tés de JeanCh­ris­tophe Cam­ba­dé­lis et de plu­sieurs mi­nistres pro-Hol­lande, a va­leur d’in­di­ca­teur fort. « Elle est dans de meilleures dis­po­si­tions. Elle de­vrait sou­te­nir Fran­çois Hol­lande. En tout cas, elle ne se­ra pas contre », veut-on croire Rue de Sol­fé­ri­no. « Si Mar­tine se tait, ce se­ra in­ter­pré­té comme un sou­tien à Hol­lande », convient-on chez Ha­mon. Fran­çois Lamy se charge de tem­pé­rer ces ar­deurs : « Elle se­ra pré­sente à Lomme, comme chaque an­née. Mais en toute hy­po­thèse, elle ne pren­dra pas la pa­role. Le reste n’est que sup­pu­ta­tion. » @Pau­li­ne_Th

Lille (Nord), jeu­di. Mar­tine Au­bry mul­ti­plie les dé­pla­ce­ments dans sa ville mais de­meure bien si­len­cieuse sur la si­tua­tion du PS.

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