On a tes­té le bus sans chauf­feur

TRANS­PORTS. C’est une pre­mière mon­diale. Voi­ci le mi­ni­bus 100 % élec­trique qui roule sans chauf­feur et ca­pable d’em­bar­quer quinze pas­sa­gers. Notre jour­nal a tes­té hier Nav­ly, lan­cé à Lyon.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Lyon (Rhône) De notre en­voyé spé­cial VINCENT VERIER

NI VO­LANT NI PÉ­DALE de freins et en­core moins de conduc­teur. Le pre­mier mi­ni­bus rou­lant sans in­ter­ven­tion hu­maine a été lan­cé hier à Lyon (Rhône). Bap­ti­sé Nav­ly, ce vé­hi­cule élec­trique de 4 m cir­cu­le­ra dans le quar­tier Con­fluence (IIe ar­ron­dis­se­ment de Lyon), en bor­dure de Saône, à la vi­tesse de 20 km/h, où il ef­fec­tue­ra cinq ar­rêts sur 1,35 km. Un pé­ri­mètre qui n’a pas été choi­si au ha­sard. Con­fluence est la nou­velle vi­trine ur­baine de Lyon. Un éco­quar­tier ul­tra­mo­derne, mê­lant centre com­mer­cial, mu­sée, lo­ge­ments et de nom­breuses en­tre­prises.

Le vé­hi­cule en grande par­tie vi­trée s’ar­rête. Pour­quoi là et pas dix mètres plus loin ? « Parce qu’il a car­to­gra­phié la zone, il l’a mé­mo­ri­sé, ré­pond un des concep­teurs. Il sait où il doit s’ar­rê­ter. » Ses portes la­té­rales se re­ferment au­to­ma­ti­que­ment sous le contrôle d’un agent qui vé­ri­fie que le nombre de pas­sa­gers ne dé­passe pas les quinze au­to­ri­sés. Son rôle est éga­le­ment de fa­mi­lia­ri­ser les usa­gers à ce nou­veau mode de trans­port et de s’as­su­rer que tout va bien. Dans un an, quand la phase ex­pé­ri­men­tale se­ra concluante, cette pré­sence de­vrait dis­pa­raître. Puis le vé­hi­cule se met à rou­ler, ac­cé­lère, suit une lé­gère courbe et ra­len­tit lors­qu’un jog­geur ap­pa­raît dans sa tra­jec­toire. Tout ce­la sans conduc­teur. Son dé­pla­ce­ment, sur un che­min pa­vé, s’ef­fec­tue sans dif­fi­cul­té. Quelques di­zaines de mètres et c’est un nou­vel ar­rêt.

A l’in­té­rieur, pas de cli­ma­ti­sa­tion, trop éner­gi­vore pour ce mi­ni­bus 100 % élec­trique. Pour par­tir dans le sens in­verse, pas be­soin de mul­ti­plier les ma­noeuvres. Le vé­hi­cule re­dé­marre, l’ar­rière de­ve­nant l’avant. Une prouesse tech­no­lo­gique made in France. La so­cié­té Na­vya, qui a conçu le mi­ni­bus, mais aus­si l’en­tre­prise Keo­lis, spé­cia­liste du trans­port pu­blic et dont la SNCF est l’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire, qui ex­ploite la na­vette, sont toutes deux tri­co­lores.

C’est la pre­mière fois au monde qu’un ser­vice de bus quo­ti­dien est réa­li­sé par un vé­hi­cule au­to­nome. Mais at­ten­tion, Nav­ly cir­cule dans un en­vi­ron­ne­ment dé­pour­vu d’in- ter­sec­tions et de feux rou­tiers et sur­tout sans autre voi­ture ou alors à de rares ex­cep­tions.

Une tren­taine de com­mandes

« Ni la tech­no­lo­gie ni la ré­gle­men­ta­tion ne per­mettent en­core à ce type de vé­hi­cule de s’in­sé­rer au mi­lieu des autres voi­tures, rap­pelle Jean-Pierre Fa­ran­dou, pré­sident du groupe Keo­lis. Nous l’avons donc ins­tal­lé sur le der­nier ki­lo­mètre entre le tram­way et les dif­fé­rentes en­tre­prises. »

Le mi­ni­bus est bar­dé de cap­teurs, de la­sers ou en­core de ca­mé­ras qui re­pèrent et ana­lysent tous les mou­ve­ments au­tour de lui. Prix du vé­hi­cule ? En­vi­ron 200 000 €. Na­vya a en­re­gis­tré une tren­taine de com­mandes. Sur­tout, la start-up voit grand. Des pro­jets de vé­hi­cules au­to­nomes plus grands, pou­vant trans­por­ter vingt pas­sa­gers, sont en cours de dé­ve­lop­pe­ment. « Et même des voi­tures par­ti­cu­lières, an­nonce Christophe Sa­pet. On peut concur­ren­cer les vé­hi­cules de Google et d’Uber. Nous avons pris de l’avance. Un vé­hi­cule au­to­nome fran­çais, en cir­cu­la­tion dans un centre-ville, ça peut de­ve­nir réa­li­té dès 2018. » Voyage dans le bus le­pa­ri­sien.fr

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