Le pro­cu­reur de Pa­ris op­po­sé à la dé­ten­tion des fi­chés S

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - I.G.

LE PROPOS EST, comme tou­jours avec ce haut ma­gis­trat, pré­cis, cli­nique et ferme. Dans une in­ter­view pu­bliée hier dans le jour­nal « le Monde », Fran­çois Molins, pro­cu­reur de Pa­ris et sur­tout char­gé de l’an­ti­ter­ro­risme, a ca­té­go­ri­que­ment re­je­té la pos­si­bi­li­té de pla­cer en ré­ten­tion des per­sonnes fi­chées S. « C’est ab­so­lu­ment im­pos­sible, mar­tèle le pro­cu­reur. Il ne peut y avoir de dé­ten­tion pré­ven­tive en de­hors d’une pro­cé­dure pé­nale. C’est le socle de l’Etat de droit. On ne peut pas dé­te­nir quel­qu’un avant qu’il ait com­mis une in­frac­tion. »

Une ma­nière d’en­voyer un tacle ap­puyé aux per­son­na­li­tés po­li­tiques fa­vo­rables à un « Guan­ta­na­mo à la fran­çaise », où cer­taines per­sonnes sur­veillées pour ra­di­ca­li­sa­tion, mais qui ne sont pas sous le coup d’une en­quête ju­di­ciaire, pour­raient être in­ter­nées. Une pro­po­si­tion avan­cée no­tam­ment par l’an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique Ni­co­las Sar­ko­zy après l’as­sas­si­nat du père Ha­mel à Saint-Etienne-du-Rou­vray.

Risque d’attentat ren­for­cé

Fran­çois Molins est re­ve­nu sur la grande in­quié­tude des ser­vices de ren­sei­gne­ment à propos du re­tour pro­bable de cen­taines de com­bat­tants fran­çais chas­sés de Sy­rie et d’Irak sous la pres­sion de la coa­li­tion in­ter­na­tio­nale. Pour lui, « le dé- clin de l’EI ren­force le risque d’attentat ». Face à cette me­nace, Fran­çois Molins a dé­voi­lé une stra­té­gie beau­coup plus ré­pres­sive mise en place par ses ser­vices de­puis avril, en alour­dis­sant les pour­suites pour actes ter­ro­ristes ou en lien avec ces actes.

De­puis deux ans, les pro­cé­dures ont ex­plo­sé : de 26 à 2013, elles sont pas­sées à 136 en 2015. Le par­quet de Pa­ris suit dé­sor­mais 324 dos­siers ter­ro­ristes, et 982 per­sonnes font ou ont fait l’ob­jet d’en­quêtes ju­di­ciaires, en France ou à l’étran­ger.

« On ne peut pas dé­te­nir quel­qu’un avant qu’il ait com­mis une in­frac­tion », a dé­cla­ré Fran­çois Molins.

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