Lay­vin Kur­za­wa, le tube

FOOTBALL. Bu­teur et pas­seur dé­ci­sif en Ita­lie, le la­té­ral gauche du PSG a mar­qué les es­prits. Dans la hié­rar­chie, il pa­raît avoir pris, chez les Bleus, un lé­ger as­cen­dant sur Lu­cas Digne.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - BER­TRAND MÉ­TAYER ET CHRISTOPHE BÉ­RARD CH.B.

CET ÉTÉ à Mia­mi, Lay­vin Kur­za­wa avait ins­tal­lé des pla­tines dans sa mai­son de va­cances. On sa­vait l’ap­pren­ti DJ fé­ru de rythmes West Coast, mais on n’avait pas sai­si qu’il peau­fi­nait alors le tube de l’été. Ni qu’il en se­rait la tête d’af­fiche. De­puis la re­prise, le la­té­ral du PSG est en train de dé­bou­lon­ner tout ce qui se pré­sente sur son cô­té gauche.

Ir­ré­sis­tible avec Pa­ris avec le­quel il a dé­jà ins­crit trois buts et dé­li­vré une passe dé­ci s i ve e n quatre matchs, il a ef­fec­tué jeu­di face à l’Ita­lie (3-1) un re­tour en bleu fra­cas­sant presque deux ans après ses deux pre­mières et seules sé­lec­tions. Une passe dé­ci­sive pour Gi­roud et un but plein de ma­lice au cré­pus­cule du match ont confir­mé sa ca­pa­ci­té à dé­sta­bi­li­ser une dé­fense par sa vi­tesse, sa tech­nique fine et son au­dace.

Au PSG, Unai Eme­ry a dé­ci­dé de mi­ser sur lui en éta­blis­sant la hié­rar­chie. Max­well a res­si­gné un an en juin, mais il n’a pas joué une mi­nute en L 1. Contre Mo­na­co di­manche, le Bré­si­lien de 35 ans était même en tri­bune. Le tech­ni­cien es­pa­gnol a fait de ses la­té­raux des armes de construc­tions mas­sives. Plus pis­ton et ai­lier que dé­fen­seur pur et dur, Kur­za­wa in­carne par­fai­te­ment cette phi­lo­so­phie d’un jeu où il fré­quente in­dif­fé­rem­ment le camp ad­verse ou les abords de sa propre sur­face.

Ce po­si­tion­ne­ment a bien sûr des écueils. Très pré­cieux quand il joue de sa vi­tesse, le joueur de 23 ans est da­van­tage à la peine au mo­ment où il s’agit de dé­fendre ar­rê­té ou en re­cu­lant. Il a ain­si souf­fert en pre­mière pé­riode f ace à Can­dre­va quand l’Ita­lie mul­ti­pliait les temps forts. Ses lar­gesses dans son dos risquent un jour de lui jouer des tours.

Jean-Alain Boum­song, consul­tant sur BeIN Sports, se montre pour­tant pé­remp­toire à son su­jet. « Qui est meilleur en France au­jourd’hui à son poste ? Per­sonne, lâche le dé­fen­seur aux 27 sé­lec­tions en bleu. Il re­pré­sente non seule­ment l’ave­nir, mais dé­sor­mais le pré­sent. C’est l e l a t é r a l mo­derne dans la me­sure où sa par­ti­ci­pa­tion aux tâches of­fen­sives est in­té­res­sante. Il lit bien le jeu de ses par­te­naires et ses ca­pa­ci­tés phy­siques lui per­mettent de re­pro­duire les courses né­ces­saires pour les contre-at­taques. Dé­fen­si­ve­ment, j’ai vu, comme tout le monde, quelques la­cunes face à l’Ita­lie, mais ce­la ne m’in­quiète pas. C’est seule­ment une ques­tion de ri­gueur et de concen­tra­tion. Et il va gom­mer Gian­ni In­fan­ti­no, le pré­sident de la Fi­fa, s’est fé­li­ci­té de l’ex­pé­rience vi­déo ten­tée jeu­di soir à Bari. Pour la pre­mière fois, un ar­bitre cen­tral était en re­la­tion constante avec deux as­sis­tants char­gés de vi­sion­ner le match à la vi­déo. L’es­sai por­tait sur les car­tons et les éven­tuelles fautes dans la sur­face. Mais pas sur les hors-jeu. « On a uti­li­sé deux fois cette tech­nique, ex­plique In­fan­ti­no. Lors du car­ton don­né à ce­la en mul­ti­pliant les matchs avec le PSG. Je ne me fait au­cun sou­ci pour lui en équipe de France. »

A l’heure de la ren­trée sco­laire, le pro­fes­seur Guy Roux nuance ce­pen­dant les ré­sul­tats de l’élève Kur­za­wa. « Au bac, je lui met­trais 18 pour son ap­port of­fen­sif mais pour la dé­fense, il au­rait juste 11, re­marque l’an­cien en­traî­neur d’Auxerre. Il est aus­si doué que fan­tasque. Mais contre les Ita­liens, il ne s’est fait drib­bler qu’une seule fois. Il a un énorme po­ten­tiel, mais il doit bien tra­vailler son pla­ce­ment. Eme­ry va l’y ai­der. Mais Digne n’est pas loin der­rière. Lui est moins gé­nial, mais plus sûr. » Dans cet autre duel à dis­tance, Kur­za­wa semble aus­si avoir dé­jà pris quelques lon­gueurs d’avance sur l’an­cienne dou­blure de Pa­trice Evra. Su­jet à quelques ré­serves à l’is­sue du suc­cès contre l’Ita­lie, il es­père pou­voir soi­gner sa dé­fense, dès mar­di, en Bié­lo­rus­sie.

Il doit soi­gner sa dé­fense L’ar­bi­trage vi­déo a plu à la Fi­fa

Si­di­bé (4e) et de la main ré­cla­mée par les Ita­liens à la 37e mi­nute. En sept se­condes, à chaque fois, ce­la a été ré­glé et l’ar­bitre a su qu’il avait pris les bonnes dé­ci­sions. » Se­lon Mas­si­mo Bu­sac­ca, le res­pon­sable des ar­bitres à la Fi­fa, « c’est une avan­cée his­to­rique même s’il est im­por­tant de lais­ser l’ar­bitre cen­tral se faire sa propre ap­pré­cia­tion. Il est pos­sible que cette tech­no­lo­gie soit uti­li­sée lors du Mon­dial 2018. »

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