Les Gi­ron­dins torse nu

Aujourd'hui en France - - SPORTS - OLI­VIER BER­NARD

AU CH­TEAU du Haillan, on s’ac­tive pour pré­pa­rer la pho­to of­fi­cielle de l’ef­fec­tif 2016-2017. Mais cette an­née, l’image ne se­ra pas fa­mi­lière. En ef­fet, sauf (grosse) sur­prise, le maillot va res­ter en­core quelque temps vierge de tout spon­sor prin­ci­pal. Les sup­por­teurs, du moins ceux qui abhorrent le foot bu­si­ness, ap­pré­cient. Le club, beau­coup moins…

Car le suc­ces­seur de Kia, qui n’a pas sou­hai­té re­nou­ve­ler son par­te­na­riat com­men­cé à l’été 2006, sans en ex­pli­quer la rai­son, se fait tou­jours at­tendre. Or ce­la re­pré­sente entre 2 et 3 M€ an­nuels, si l’on se fie au contrat avec le géant de l’automobile sud-co­réen. « Ce n’est pas très po­si­tif de ne pas avoir de spon­sor maillot, concède Jean-Louis Triaud, le pré­sident bor­de­lais. Ce­pen­dant, nous sommes en­core très mar­qués Kia et c’est dif­fi­cile de prendre la suite d’un spon­sor qui est res­té aus­si long­temps. Ce­la prend du temps mais on va trou­ver. »

Peu de re­tour sur in­ves­tis­se­ment

La conjonc­ture éco­no­mique et l’ab­sence des Gi­ron­dins dans le top 4 du c h a mpi o n n a t d e p u i s s e p t a n s n’aident pas. Le club met pour­tant en avant son his­toire, son pa­tri­moine spor­tif et son nou­veau stade, qui offre une bien meilleure vi­si­bi­li­té aux par­te­naires. « Ce n’est pas un pro­blème si ce­la ne dure pas trop long­temps, sou­ligne Christophe Le­pe­tit, char­gé de mis­sion au Centre de droit et d’éco­no­mie du sport à Li­moges. At­tendre peut être aus­si une bonne stra­té­gie si le prix de ré­serve n’est pas at­teint. Mais cette si­tua­tion est ré­vé­la­trice d’une ten­dance de fond qui touche aus­si un club his­to- rique comme les Gi­ron­dins. Les grandes en­tre­prises re­chignent à s’en­ga­ger dans le football car le re­tour n’est pas for­cé­ment à la hau­teur de l’in­ves­tis­se­ment. »

Pour Christophe Le­pe­tit, c’est le mo­dèle éco­no­mique qu’il faut re­pen­ser : « Il est im­por­tant pour un spon­sor maillot d’être as­so­cié à une marque forte. Il faut donc la tra- vailler et la dé­ve­lop­per. Le PSG le fait très bien, mais pas les autres équipes fran­çaises, contrai­re­ment aux clubs étran­gers ou aux fran­chises nor­da­mé­ri­caines. Pour un club, cette stra­té­gie per­met pour­tant de se dé­con­nec­ter des ré­sul­tats, tout en ayant une forte iden­ti­té, ce qui at­tire tou­jours les spon­sors… »

Jé­ré­my Tou­la­lan et les Bor­de­lais évo­luent de­puis le dé­but de la sai­son avec un maillot vierge de tout spon­sor prin­ci­pal de­puis le dé­part de Kia cet été.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.