« Ça a été dif­fi­cile… »

Thi­baut Pi­not,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Propos recueillis par DA­VID OPOCZYNSKI

ON NE L’AVAIT plus en­ten­du de­puis son aban­don, le 15 juillet, sur le Tour en rai­son d’un vi­rus. Hier, au len­de­main de l’an­nonce de la fin de sa sai­son, Thi­baut Pi­not (26 ans) a ac­cep­té de s’ex­pri­mer pour la pre­mière fois afin de faire le point sur sa car­rière. Vous voi­là en va­cances ? THI­BAUT PI­NOT. Non, pas vrai­ment, car je m’en­traîne tous les jours, mais c’est vrai que ce n’est plus avec la même in­ten­si­té, ni avec la pres­sion de de­voir être bien. Ce­la n’a pas dû vous ar­ri­ver sou­vent… Ah non ! J’ai tou­jours cou­ru de mij an­vier au Tour de Lom­bar­die (NDLR : le 1er oc­tobre cette an­née). Ça fait bi­zarre de ne pas conti­nuer jus­qu’à l’au­tomne. Mais au­jourd’hui, la page de la sai­son 2016 est tour­née et je pense dé­jà à 2017. On ima­gine que vous pro­fi­tez de votre temps libre… C’est sûr que j’en pro­fite pour souf­fler un grand coup et me res­sour­cer. Je suis à mi-car­rière, on va dire, et cette cou­pure va me faire du bien aus­si dans la tête. Je pour­rai re­par­tir l’an pro­chain sur de nou­velles bases. C’est peut-être un mal pour bien. Com­ment avez-vous tra­ver­sé la dé­cep­tion du Tour ? Ça a été dif­fi­cile parce que ça fai­sait un mo­ment que je n’avais pas aban­don­né une course. Lou­per en­suite les JO a en­core été un coup dur. Mais j’ai été bien en­tou­ré, donc ça a été plus fa­cile de di­gé­rer tout ça. Après, j’avais dit que Rio se­rait ma seule chance de faire les Jeux, mais j’es­père que je conti­nue­rai à pro­gres­ser en contre- la- montre pour ga­gner ma place pour To­kyo en 2020. Les cri­tiques vous ont-elles tou­ché ? Elles font par­tie du mé­tier. Je com­mence à avoir as­sez d’ex­pé­rience pour faire abs­trac­tion de tout ça. Quand vous avez ap­pris que vous souf­friez d’un vi­rus, avez-vous été sur­pris ? Pas trop. Je voyais que je n’étais pas à mon ni­veau, que j’étais fa­ti­gué anor­ma­le­ment. De­puis juin, je sen­tais qu’il y avait un truc. Qu’avez-vous pen­sé de la per­for­mance de Ro­main Bar­det ? J’étais très content, sur­tout pour le cyclisme fran­çais. Que Ro­main ait ga­gné une étape et fi­nisse 2e du gé­né­ral per­met de mon­trer qu’on a fait une belle sai­son.

« On n’est pas moins forts que Quin­ta­na et Aru »

Ce­la ouvre-t-il de nou­velles pers­pec­tives ? Mon­ter sur le po­dium, on sait main­te­nant que c’est pos­sible (il était 3e en 2014). Après, pour ga­gner, il y avait en­core une marche ter­rible entre Ni­ba­li et moi ain­si qu’entre Ro­main et Froome. Mais on va es­sayer de pro­gres­ser parce qu’on est en­core jeunes. Les Con­ta­dor, Ni­ba­li, Froome ont dé­jà la tren­taine. Quin­ta­na et Aru ar­rivent, mais on n’est pas moins forts qu’eux. En 2017, fe­rez-vous le Gi­ro et le Tour ? Ça dé­pen­dra des par­cours. J’at­tends un beau par­cours du Gi­ro pour y al­ler et que Marc (Ma­diot, son ma­na- geur) m’y em­mène. En plus ça se­ra le 100e donc ça pro­met une belle fête. Al­lez-vous mo­di­fier des choses ? Non. Je vais juste es­sayer de faire des mois de fé­vrier et mars plus tran­quilles pour ar­ri­ver plus frais. Parce que je veux tou­jours bien faire, mais ça me coûte pas mal d’éner­gie.

« J’es­père que je conti­nue­rai à pro­gres­ser en contre-la-montre pour ga­gner ma place pour To­kyo en 2020 », confie Thi­baut Pi­not, qui avait dû dé­cla­rer for­fait pour les JO de Rio..

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