50 ans et tou­jours culte

CI­NÉ­MA. « La Grande Va­drouille » fête ses 50 ans ce week-end à Meur­sault (Côte-d’Or), l’un des lieux du tour­nage. Cinq anec­dotes peu connues sur ce film culte.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - CHRISTOPHE LEVENT

50 ANS, LE BEL ÂGE ! Sor­ti en 1966, « la Grande Va­drouille », l’un des films pré­fé­rés des Fran­çais, pen­dant trente ans re­cord­man des en­trées en salles (17 mil­lions de spec­ta­teurs), fête cet an­ni­ver­saire ce week-end à Meur­sault, à coups d’ex­po­si­tions et de re­cons­ti­tu­tions. Cham­pionne des re­dif­fu­sions à la té­lé­vi­sion, la co­mé­die de Gé­rard Ou­ry, avec Bour­vil et de Fu­nès, pose ses va­lises dans le vil­lage vi­gne­ron où s’était dé­rou­lée une par­tie du tour­nage. L’oc­ca­sion, avec la com­pli­ci­té du spé­cia­liste Vincent Cha­peau*, de vous li­vrer quelques anec­dotes mé­con­nues sur le tour­nage du film que tout le monde a vu au moins une fois dans sa vie…

1. « Big Mous­tache » aime le vin. Gé­rard Ou­ry avait be­soin d’un cas­ting in­ter­na­tio­nal, d’au­tant que le film était une co­pro­duc­tion f r a nc o - b r i t a nni q ue . Cont a c t é , Ter­ry-Tho­mas, alias sir Re­gi­nald Brook, ou Big Mous­tache dans le film, n’était pas très par­tant pour par­ti­ci­per à cette co­mé­die. Le sa­chant ama­teur de bon vin, le réa­li­sa­teur va beau­coup in­sis­ter sur les sé­jours pré­vus en Bour­gogne… et ain­si le convaincre.

2. Aus­si forts que de Gaulle. La scène de dé­part vers la Bour­gogne, cen­sée se dé­rou­ler à la gare de Lyon, a été tour­née à la gare de l’Est. Non sans mal. Il était vi­si­ble­ment com­pli­qué pour la SNCF de mo­bi­li­ser les quais le temps né­ces­saire au tour­nage. Lors d’une réunion au som­met, un cadre au­rait lâ­ché : « On le fait bien pour le gé­né­ral quand il part à Co­lom­bey, pour­quoi on ne le fe­rait pas pour Bour­vil et de Fu­nès ? » L’au­to­ri­sa­tion a été ac­cor­dée.

3. Pas de mé­lange à la can­tine. Lors du tour­nage, la guerre était en­core dans tous les es­prits. Au point qu’à la can­tine, cha­cun man­geait dans son coin : les « Al­le­mands » — des fi­gu­rants fran­çais pour l a pl upart — d’ un c ôt é , les Fran­çais et les Bri­tan­niques de l’autre. « Se­lon les té­moins, tout le monde était même en­clin à res­pec­ter les grades de cha­cun », s’amuse Vincent Cha­peau.

4. Un bain pas très agréable. La cé­lèbre scène du bain turc, éga­le­ment sur­nom­mée scène du « Tea for Two » à cause de la chan­son, n’a pas été très agréable à tour­ner. À dé­faut de pou­voir uti­li­ser de la vraie va­peur d’eau, à cause des ca­mé­ras, les tech­ni­ciens se sont ser­vis d’une sorte de va­peur de gaz car­bo­nique, ren­dant l’en­droit as­sez vite ir­res­pi­rable. Ré­sul­tat : les ac- teurs étaient le plus sou­vent pos­sible en apnée…

5. Une fin re­ma­niée. Dans le scé­na­rio ori­gi­nal, Bour­vil et de Fu­nès de­vaient s’échap­per à ski vers l’Es­pagne en tra­ver­sant les Py­ré­nées, pour­sui­vis par des Al­le­mands. Au der­nier mo­ment, les pro­duc­teurs ont trou­vé l’idée trop coû­teuse. Gé­rard Ou­ry pro­po­se­ra donc la scène, re­te­nue, des pla­neurs. Elle coû­te­ra fi­na­le­ment plus cher que l’es­ti­ma­tion de la pre­mière…

la Grande Va­drouille au­jourd’hui et de­main, dès 10 h 30. Tél. 03.80.21.25.90. www.ot-meur­sault.fr. * « Sur la route de

Les cou­lisses du tour­nage », de Vincent Cha­peau. Hors Col­lec­tion. 21 €.

Avec ses 17 mil­lions d’en­trées, « la Grande Va­drouille » n’a été dé­trô­né que trente ans plus tard par « Ti­ta­nic » (21 mil­lions de spec­ta­teurs).

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